Les apiculteurs payent cash leur idéologie

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Être autant à côté de la plaque que Franck Alétru, le président du Syndicat national d’apiculture (SNA), vaudrait à n’importe quel représentant de filière de se faire débarquer. Mais chez les apiculteurs, il semblerait que toute la filière (ou presque) soit à côté de la plaque depuis des années. La faute à des professionnels très peu nombreux, fortement idéologisés incapables d’envisager le moindre plan d’actions. Avec les résultats catastrophiques que l’on connaît : la récolte 2021, selon des estimations provisoires, devrait représenter 8 à 9 000 tonnes, contre 30 000 tonnes en 2020 (ou 35 000 tonnes dans le milieu des années 90).

Franck Alétru fait parler de lui ces derniers jours car il se réjouit de l’adoption, le 7 octobre dernier, d’une résolution parlementaire visant à lutter contre la disparition des abeilles portée par le député LR du Pas-de-Calais Robert Therry. Un texte sans originalité, inutile même, qui invite le gouvernement français non seulement à faire de l’abeille la grande cause nationale de 2022, mais également à « réfléchir à l’élaboration d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique ». On devrait voter des résolutions visant à lutter contre les orages et à faire du beau temps une cause nationale, cela ferait avancer le schmilblick, c’est sûr…

Si Franck Alétru n’a manifestement pas conscience de l’inutilité du vote des parlementaires, il envoie une petite pique aux élus LR et LREM qui avaient tous approuvé la nécessaire dérogation accordée aux néonicotinoïdes : « Il n’est pas interdit de se repentir ». Sic.

Franck Alétru est prêt à sacrifier les 46 000 emplois de la filière sucrière en échange du sauvetage de… zéro abeille. En effet, les néonicotinoïdes sont accusés à tort de tuer les abeilles alors que ceux-ci ont été mis hors de cause (voir ici et ) et que les causes de mortalité de ces insectes semblent multifactorielles (même les apiculteurs en conviennent) : varroa, pratiques apiculteurs, maladie noire, frelon asiatique, recul de la diversité botanique, feuilles de cire (d’origine chinoise) gaufrées polluées, etc.

Pourtant anti-médicaments pour les plantes, les apiculteurs (y compris les bios !) chouinent pour avoir le droit de donner des médicaments à leurs abeilles… Allez comprendre !

Loin des fantasmes de certains environnementalistes autour du gaucho et des néonicotinoïdes, certains bossent quand même. En novembre 2020, Xavier Dumont, apiculteur de Haute-Garonne, a testé avec succès l’hivernage des ruches pour lutter contre la surmortalité des abeilles. Silence radio du SNA et de l’Union Nationale de l’Apiculture Française sur ces découvertes…

3 commentaires sur “Les apiculteurs payent cash leur idéologie

  1. Hiverner des ruches en cave ou en bâtiment climatisé n’a aucune utilité sous nos latitudes.
    L’apiculteur mentionné ferait mieux de traiter ses ruches correctement.
    Dans le Grand Est-ce qui préoccupe actuellement les apiculteurs professionnels et pour cause ce sont :
    -Le manque de champs ensemencé en colza pour la saison 2022
    – L’accueil des transhumants sur luzerne en Champagne.
    -Une réforme ONF concernant l’attribution, la limitation du nombre de ruches par ha et le cout des emplacements en forêt domaniale qui limitera l’activité de production des apiculteurs professionnels .
    -Les MAEC

  2. Je me permets d’apporter un complément d’information à votre excellent article , il faut savoir que la pathologie qui provoque l’effondrement des colonies d’abeilles se nomme nosema cerénaé ( microsporidie) , cette pathologie est inconnue d’une grande majorité des apis ( pro et amateurs) par manque de connaissances et le silence des syndicats
    Les apis accusent à tort les insecticides néoticonoides par ignorance
    Une minorité d’apis connaissent la pathologie et savent s’en protéger il fallait le dire

  3. Le test de l’hivernage va être repris par d’autres syndicats départementaux d’apiculteurs. Ce pour vérifier si cela sert ou pas à quelque chose. L’affirmation péremptoire « ne sert a rien » et le constat de situation où l’apiculteur n’est pas le décideur est significatif. Si vous voulez du colza incitez financièrement les agris à le faire… Intervenez auprès des ONG pour leur dire d’arrêter de taper contre les phytos et engrais….

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