Pesticides et santé : les partis-pris de Stéphane Foucart

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L’expertise collective « Pesticides et effets sur la santé » de l’Inserm rendue publique le 30 juin au cours d’une présentation fleuve a évidemment été suivie avec attention par le journaliste du Monde Stéphane Foucart. Pensez-donc ! Une forte présomption de liens entre quelques maladies et l’usage de pesticides conforte largement son discours anti-pesticides et finalement anti-agriculture.

Hélas, dans cette présentation Inserm, aucune donnée en valeur absolue n’a été présentée, ce qui aurait permis de cerner avec précision le phénomène. La conséquence ne s’est pas fait attendre le 1er juillet. La tonalité des articles de la presse généraliste était tous dans la même veine : «  les agriculteurs tombent comme des mouches à cause des pesticides ». Comme d’habitude, la réalité est bien plus complexe. Quant à tomber comme des mouches c’est oublier un peu vite que les agris ont une espérance de vie plus longue que le reste de la population. Oui, il existe des pathologies liées à l’utilisation de certains pesticides (dont de nombreux déjà interdits) ; il ne faut pas le nier et évidemment résoudre ce problème aux conséquences lourdes pour les professionnels concernés. Il existe aussi de nombreuses pathologies dont souffrent les agriculteurs au quotidien, mais dont personne ne parlera parce qu’elles ne font pas « vendre » un papier : les troubles musculo squelettiques par exemple qui sont la première maladie professionnelle du monde agricole, bien bien devant les maladies dues aux pesticides.

Notre Stéphane Foucart, fidèle à son militantisme anti-phyto, n’aborde évidemment pas ces questions. Fidèle à sa guérilla contre « les gardiens de la raison ». il picore ce qui va dans son sens et au passage dans celui du lobby bio (Générations Futures, Pollinis) et monte en épingle des conflits entre scientifiques qui n’existent pas. En premier lieu sur le glyphosate, l’Inserm juge « moyenne » la présomption du lien entre l’exposition professionnelle au glyphosate et le risque de lymphomes non hodgkiniens (LNH), ce qui fait dire à Stéphane Foucart que l’Inserm rejoint les positions du CIRC et s’éloigne de celles des agences sanitaires qui ne cessent depuis des années de réaffirmer l’innocuité de l’herbicide.  Une interprétation « à la va-vite » qui rappelle les méthodes des ONG. Entre la présomption moyenne de l’Inserm et le « cancérogène probable du CIRC », il y a un fossé que notre journaliste militant franchit sans aucun problème ; les scientifiques eux, se gardent de ce genre de raccourci.

Même méthode sur les fongicides SDHI . A la lecture de l’article de Stéphane Foucart, on pourrait croire que la polémique est mondiale. Or, le collectif dont Stéphane Foucart parle est réduit à …. 2 chercheurs dont l’un est militant du parti Génération Ecologie de Delphine Batho. Comme neutralité scientifique, on a vu mieux…. Encore plus étrange d’ailleurs, la polémique sur les SDHI, lancée en 2018, n’a jamais « pris » au niveau international et est restée dans une mare franco-française. Sans doute parce que les arguments lancés par ce  pseudo-collectif n’étaient pas franchement à la hauteur. Ce que n’a pas manqué de réaffirmer notre autorité sanitaire nationale, l’ANSES, à de nombreuses reprises depuis 2018.

13 commentaires sur “Pesticides et santé : les partis-pris de Stéphane Foucart

  1. Foucart continue avec des soit disante preuve que les évaluations des agences sanitaires ne valent rien. L’article commence et on voit déjà la supercherie vue que ce travail à été commandé par Sumofus. Après on se demande pourquoi les gens sont soupçonneux sur l’évaluation des vaccins par les agences concernés.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/02/glyphosate-la-qualite-des-etudes-reglementaires-mise-en-cause_6086733_3244.html

  2. C’est bien la preuve qu’on est présence d’un énorme complot international avec ce glyphosate!

    Homologué, mis sur le marché, autorisé et ré-autorisé par pratiquement tous les pays du monde depuis 1974 soit presque un demi-siècle, c’est-à-dire que le dossier toxicologique en ce qui concerne la présente discussion a été analysé, revu, discuté, complété par plusieurs générations de « spécialistes internationalement reconnus » de tous horizons, nationalités, obédiences scientifiques. Ce sont ceux-là qui ont accepté de travailler et de se forger une opinion sur, entre autres, la génotoxicité et la toxicité générale du glyphosate sur la base d’une très grande quantité d’études pourries, et ce, bien sûr avec la complicité des spécialistes officiant dans les organismes réglementaires nationaux ……

    A remarquer d’ailleurs le très beau et très rare consensus ( doit-on plutôt dire la très belle omerta) de tous ces gens exerçant dans nombre de nationalités différentes pour camoufler l’horrible vérité : on (enfin quelques uns) savait que le glyphosate était génotoxique et carcinogène (précisons que la très grande majorité des molécules génotoxiques sont également cancérogènes).
    Heureusement Siegfried Knasmueller et Armen Nersesyan veillaient enfin…. Je voudrais quand même citer Le Monde : » Selon eux, la grande majorité des cinquante-trois études réglementaires qui ont fondé l’opinion des autorités sanitaires européennes sur la génotoxicité du glyphosate ne remplissent pas les critères de qualité attendus. « Parmi ces études, quelques-unes sont acceptables, mais la majorité sont un désastre », dit le professeur Siegfried Knasmueller, également éditeur en chef de la revue Mutation Research/Genetic Toxicology and Environmental Mutagenesis. « Je me demande comment (et pour quelles raisons elles ont pu être considérées
    acceptables par les autorités sanitaires (alors que manifestement si on en croît nos deux j’insiste 2) lanceurs d’alertes autrichiens elles étaient notoirement pourries) et remarquer que ces deux chercheurs viennois « internationalement » reconnus » ont quand même concluent leur analyse et basé leur diagnostic de mutagénicité sur un ensemble de « quelques études acceptables » extraites d’un ensemble de cinquante-trois dossiers non conformes aux normes en vigueur….

    Donc, si l’on se base sur leurs « critères » que vaut leur conclusion fondée uniquement sur « quelques » études « acceptables »?

    1. >>>>> Si un participant de ce forum connaît le moyen de faire parvenir cet article à Foucart, çà serait une oeuvre utile (bien que je suis sûr que çà ne le ferait pas changer d’avis mais çà pourrait au moins le déniaiser (peut-êtrer?) en matière de toxicologie et de déontologie/éthique journalistique…..On peut toujours rêver! Me

      https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/ps.5834

      Glyphosate and cancer: the importance of the whole picture
      Colin Berry
      First published: 01 April 2020

      1. Foucart bloque sur twitter (au moins) systématiquement tous ses contradicteurs mais aussi… tous ceux qui like ou retweet ceux qu’il n’aime pas….
        Bref, il s’est enfermé dans sa bulle…

  3. Le rapport complet fait 1032 pages et coûte 80 € …
    Une synthèse de 154 pages ne comporte aucune bibliographie.
    3 points sont mis en exergue :
    SDHi : le dossier est manifestement vide.
    Glyphosate : une seule étude valable,celle de l’AHS
    Chlordécone : une dizaine de % d’augmentation du cancer de la prostate, connu depuis longtemps.
    Tout çà pour à peu près rien …

      1. Cela m’avait échappé. Merci de rectifier.
        Est-ce une invitation à étudier les 1032 pages ?
        Je ne suis pas sur d’en avoir le courage.

  4. Il faut vraiment être Crétin pour dire :  » anti-pesticides = anti-agriculture  »
    Tout est dit !!!

    1. En effet, mais vou conviendrez que si on supprime la médecine moderne (tests, médicaments,…) les humains viveront mois longtemps et seront en moins bonne santé.
      De la même manière, pour l’agriculture, si on supprime les médicaments des plantes, celles ci vont moins bien se porter et être moins à même de nous nourrir… mais bon vous vous en fichez, vous ne savez pas ce que c’est qu’avoir faim ou de crever pour un rien…

  5. https://www.franceinter.fr/environnement/un-rapport-incite-l-europe-a-renouveler-son-autorisation-du-glyphosate

    Un rapport incite l’Europe à renouveler son autorisation du glyphosate
    par Léa Guedj publié le 18 juin 2021

    « ….En revanche, le groupe d’agences sanitaires propose de maintenir la classification du glyphosate comme « provoquant des lésions oculaires graves ».

    >>>> Quand on se permet d’ergoter sur des sujets dont on ne connaît rien on dit des conneries!! Ce n’est pas le glyphosate matière active qui provoques des « lésions oculaires graves » mais les produits formulés comme par exemple le Roundup. Ces lésions sont provoquées par les produits de formulations utilisés pour que le produit pénètre plus facilement au sein du végétal et circule dans toute la plante avec la sève et jusque dans les racines et c’est pourquoi le glyphosate est si efficace, c’est qu’il détruit même les racines dont pas de repousse dans l’année! Ces produits de formulations sont largement utilisés à des concentrations variables dans de nombreux produits outre les phytosanitaires: produits d’entretien domestiques, certains cosmétiques, etc…

    « …..Les agences ont surtout analysé les études des industriels qui commercialisent le glyphosate et qui demandent un renouvellement de l’autorisation de commercialisation de cette substance dans l’UE. »

    >>>> Oui, tout à fait vrai! Moi, je propose pour rassurer les  » citoyens consommateurs et contribuables » sur le sérieux, la qualité, la fiabilité et « l’honnêteté » des résultats et de leur interprétation que ce soit des laboratoires d’Etat (universitaires instituts et autres organismes) qui fassent toutes ces nombreuses études sophistiquées et très très chères. C’est valables pas seulement pour les « pesticides » mais aussi pratiquement tous les produits chimiques (REACH), les produits pharmaceutiques, plusieurs cosmétiques (en tout cas certaines de leur matières actives,) entrant sur le marché….. Cà va faire très cher! Il faudra d’abord que ces laboratoires en question se mettent au niveau de conformité aux innombrables tombereaux de normes, et règlements internationaux régissant cette activité et ce n’est pas donné. A ma connaissance très peu d’entre ceux qui existent actuellement sont à un niveau internationalement acceptable.

    1. Pour en remettre une couche: Sur le nombre important de « Roundup » différents ayant été commercialisés (R.express;R court et jardin ;R 3 plus; R.ultra; R.star 360;…..) un seul a ma connaissance a une mention de danger H318 (risque grave pour les yeux.)et cela a cause d’un de ses adjuvant et non du glyphosate (et il n’y a qu’a regarder sa FDS) ! Tous les autres ROUNDUP n’ont même pas de classement toxicologique. C’est très souvent les glyphosates banalisés (pas chère) qui ont des mentions de danger du a leur coformulants et non au glyphosate. L’ironie de l’histoire est qu’en réalité les glyphosates de Monsanto ont toujours été parmi les plus clean aux niveaux des risques!

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