Les bugs de la dernière opération panique de Générations Futures (MAJ 16 mars)

Partager sur : TwitterFacebook

Les médias complaisants ont beau faire le travail, cela ne prend plus comme autrefois. Comme à leur habitude en recherche de buzz à tout prix, les marchands de peur professionnels de Générations Futures viennent 1) de flinguer l’agriculture bio 2) d’avouer qu’ils n’ont pas vérifié leurs chiffres (du coup, ils vont le faire, mais après avoir pointé du doigt, normal quoi…). Flash-back.

Elle jouait déjà un jeu dangereux pour son petit business bio depuis plusieurs mois, Générations Futures remettait jeudi ses »Glyph’ Awards », des prix pour les départements qui achètent le plus ce type de pesticides. Les « vainqueurs » livrés à la vindicte des urbains donneurs de leçons (vous savez, ces personnes qui vivent au XXIe siècle, avec tout ce que cela implique en matière de confort, mais qui exigent des agris qu’ils subsistent comme au XIXe, avec tout ce que cela implique en matière d’inconfort) : la Charente-Maritime, qui achète le plus de glyphosate par rapport à sa surface cultivée. Suivent la Gironde, la Marne, la Charente et le Lot-et-Garonne.

Erreur manifeste de chiffre

Premier bug, et de taille, Générations Futures estime que le Loi­ret aurait, à lui tout seul, acheté 1 639 732 kilos d’huile de colza à des fins d’adjuvant et insecticide, alors que le ton­nage na­tio­nal est de… 1 661 731 kilos ! Ces guignols, le terme est pesé, ont publié ce chiffre sans s’interroger.

Même La République du Centre, pourtant complaisante à souhait – pour ne pas dire militante sur le sujet, a relevé le problème. Du coup, le quotidien cite pour une fois la partie adverse, qui hallucine. « Le chiffre est anor­ma­le­ment im­por­tant, ils se sont trom­pés, c’est une er­reur évi­dente », ré­agit Jean-Ma­rie For­tin, pré­sident de la chambre d’agri­cul­ture du Loi­ret, « entre sur­prise et aga­ce­ment » écrivent nos confrères. Sans blague !

Après avoir accusé, Générations Futures « a lancé une vé­ri­fi­ca­tion des chiffres concer­nant le Loi­ret ». Mieux vaut tard que jamais, vous me direz. Prudente, l’ONG se défausse déjà en expliquant que ces chiffres sont issus de la Banque na­tio­nale des ventes de pro­duits phy­to­phar­ma­ceu­tiques. Qui, elle, ne les balance pas au grand public pour le faire paniquer. L’erreur manifeste n’a donc que peu de conséquences… Ou plutôt, n’avait, avant que Générations Futures ne s’en empare…

Résultat des courses : « En at­ten­dant d’avoir le fin mot de l’his­toire, Gé­né­ra­tions Fu­tures a ra­jouté sur son site In­ter­net une note pré­ci­sant que les chiffres du Loi­ret sont en cours de vé­ri­fi­ca­tion pour l’huile de colza » écrit La République du Centre. Sauf que… « plu­sieurs mé­dias avaient déjà re­pris le clas­se­ment pu­blié hier matin ». Le mal est fait !

De quoi écœurer Jean-Ma­rie For­tin : « On part sur des in­for­ma­tions ri­di­cules, fausses, com­plè­te­ment er­ro­nées. Et cela en­tre­tient cer­tains dis­cours… Pfff, je ne vais pas re­ve­nir là-des­sus ». Bingo, c’est exactement le but de Générations Futures pour laquelle la fin justifie les moyens

La faute aux phytos bios

Deuxième bug, les observateurs avisés ont constaté que ce classement était catastrophique pour le bio, en terme d’image. Car le phyto le plus vendu en France (11 604 895 kg) est le souffre, autorisé et très utilisé en bio, loin devant le glyphosate (5 934 472 kg). L’huile de colza et l’acide pélargonique, eux aussi autorisés et utilisés en bio, arrivent 7e et 10e. Pour rappel, la moitié des Français, et sans doute bien plus parmi les inconditionnels du bio, ignorent que le bio contient justement des phytos

Quand on zoome sur les départements qui consomment le plus de phytos, la présence des pesticides autorisés et massivement utilisés en bio est encore plus nette :

 

Pour résumer :

 

Se servir des pesticides bios pour discréditer le conventionnel

Troisième bug, quand un observateur avisé, Gil Rivière-Wekstein, le rédacteur en chef d’Agriculture et Environnement, note que, pour paniquer les populations et les faire rejeter le conventionnel, Générations Futures compte les milliers de tonnes de phytos utilisées dans l’agriculture bio :

 

Vous avez bien lu : quand ils veulent défendre le bio, les marchands de peur de Générations Futures sont silencieux sur les milliers de tonnes de phytos que consomme chaque année cette agriculture, et quand ils veulent discréditer le conventionnel, ils ajoutent ces mêmes milliers de tonnes sans préciser où elles sont déversées.

Ajoutons que publier ces données sans aucune analyse n’a strictement aucun sens, sauf à vouloir faire paniquer les gens. Cela tombe bien, c’était le but ! En effet, les situations ne sont pas comparables. Peut-on sérieusement prétendre que Paris et les départements de sa petite couronne sont de bons élèves alors qu’ils ne comptent quasiment aucun champ mais exclusivement des zones urbanisées et forestières ? Évidemment que la Haute-Savoie, située dans les Alpes, va consommer moins de phytos que la Gironde ! Etc.

On ne le rappellera jamais assez, et les marchands de peur financés par le lobby bio pour dézinguer le conventionnel cherchent à nous faire croire le contraire, l’ADN de notre agriculture, conventionnelle comme bio, c’est la qualité, comme le rappelle si bien notre ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie :

 

MAJ 16 mars :

Il n’y a pas que la République du Centre pour s’interroger sur les chiffres de Générations Futures. Pour une fois, Sud Ouest effectue un décryptage qui nous change de la reprise in extenso de la com’ de l’ONG anti-pesticides. Après avoir constaté que les tonnages des pesticides conventionnels et bio sont effectivement présentés de manière globale, Xavier Sora nous explique que « contrairement à une idée reçue en agriculture biologique, on traite aussi la vigne » et de poursuivre : « la proportion de pesticides certifiés en bio et les produits de biocontrôle (d’origine naturelle ou synthétique qui n’ont aucun impact sur la nature, ce qui n’est pas le cas des produits utilisés en bio, NDLR) (1) sont en forte croissance ». Vous avez bien lu, Sud Ouest admet 1) que le bio utilise des pesticides 2) que ces pesticides peuvent représenter un risque pour l’environnement. Chez Alerte Environnement, on prend cet article pour une reconnaissance du travail effectué depuis des années !

 

13 commentaires sur “Les bugs de la dernière opération panique de Générations Futures (MAJ 16 mars)

  1. « , les marchands de peur professionnels de Générations Futures ….. »

    https://www.fdesouche.com/2021/02/26/a-strasbourg-eelv-veut-remplacer-le-mot-nuisibles-par-commensaux-pour-avoir-une-approche-bienveillante-et-changer-notre-regard-sur-les-rats-et-les-punaises-de-lit/

    >>>> je propose que les activistes militants et autres affidés soient désormais désigné par le vocable de « commensaux » …… Y a pas de raison de stigmatiser certains et pas d’autres!

    1. C’est bien les écolos… Ils ont appris un nouveau mot et veulent le mettre à tous les sauces !!!
      Sauf qu’une espèce commensale c’est très différent d’un parasite ou d’un nuisible !!!
      Une espèce commensale vit auprès des hommes et un tire un profit pour elle, sans porter atteinte aux hommes !!!
      Donc rien à voir avec les parasites et les nuisibles (qui portent bien leurs noms) !!!

  2. « …… soient désormais désignéS » ! Désolé mais j’ai été éduqué il y a longtemps à ne pas supporter les fotes et pas que les miennes!

    1. +1
      De nos jours, les viols répétés de Laure Tograf, la malheureuse 😥 , ne dérangent plus grand monde…
      P.S. : Même les « zélites » massacrent le français !
      Entendu récemment à la radio : dans son propos, un ministre disqualifiait un argument parce que « celui-ci n’était pas « entendable » » 😳 – au-lieu de dire… audible.

    1. Aluminium… pas très anti vaxx compatible… malgré leur forte proportion dans la sphère « bio »… ils ne doivent pas être au courant… je ne vois que ça…

    2. @Daniel , Même nous en conventionnel c’est la molécule que l’on applique en encadrement de la fleur (période de sensibilité maximale au mildiou) depuis plus de 30 ans mais en association avec du folpel , Mancozébe , … .
      Je ne sais pas s’il y a 1 viticulteur dans les Charentes qui ne sulfate pas avec .
      En Gironde c’est différent car le cépage Merlot et moins vigoureux que l’Ugni-blanc des
      Charentes et de l’Armagnac .
      Présentation de cette molécule : https://www.bayer-agri.fr/cultures/fosetylr-al-premier-stimulateur-de-defense-des-plantes-homologue-en-vigne_4683/

    3. A ma connaissance , le fosétyl et les phosphonates sont interdits en bio. En fongicide anti mildiou , ils n’ont que le cuivre. Maintenant , peut être qu’en douce et à condition de ne pas se faire choper….Il fut un temps où je crois bien que l’Allemagne autorisait les phosphonates en bio , chose que nos « extrémistes » se sont tjrs refusés de faire .Et pourtant ce sont de très bons produits (que j’utilise ) beaucoup moins impactant en comparaison de leur sacro sainte bouillie bordelaise !

        1. Merci d’avoir fait suivre cet article très intéressant . Un autre petit résumé sur les phosphonates : http://itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/phosphites-agriclean.pdf Ca date un peu , mais on pourra apprécier la conclusion : « … les participants à la conférence recommandent à l’IFOAM et aux
          organisations agrobiologiques nationales de ne pas autoriser l’emploi du
          phosphonate en viticulture biologique. Cette recommandation est fondée sur les
          conséquences réglementaires d’une autorisation du phosphonate, plus que
          pour des raisons d’efficacité, de toxicologie ou d’écotoxicologie du produit. »

  3. Oh les vilains agris et vitis du 17………..
    Ouais bon , comme vous le savez nous avons l’habitude de stocker le cognac .
    Alors pour nous , les stocks , c’est pratiquement dans notre patrimoine génétique .
    Trêve de plaisanterie , je crois que la grosse Coop de la région (Océalia) achète via sa plateforme basé en Charente Maritime pour ensuite les dispatcher dans les départements voisins (source FNSEA17) .

  4. Générations Futures => bêtes et méchants + malhonnêtes!

    En général quand on est les deux comme eux, çà se termine avec les pieds dans le tapis… Parce que pour être malhonnête, il faut plutôt être aussi un peu malin……… Et aussi ne pas laisser sa tête et/ou ses chevilles trop enfler…….

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *