Habituée à violer les lois sociales (entre autres), Casino accuse (sans preuve) et menace ses fournisseurs…

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Les (souvent petits) producteurs de fruits et légumes devaient déjà appliquer une réglementation toujours plus compliquée et supporter des contrôles toujours plus tatillons décidés par des élus hors-sol peu au fait des réalités du terrain, les voilà pressés par le groupe Casino (!), lorsqu’ils sont ses fournisseurs, de justifier qu’ils ne sont pas coupables « d’atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes, ainsi que l’environnement » (sic).

La multinationale en difficulté a le toupet de les considérer a priori coupables de « manquements graves » rapportés notamment par « des reportages récents ». Casino ne précise pas lesquels mais savoir Élise Lucet (ou un(e) équivalent(e)) et les ONG la main dans la main pour armer la grande distribution contre les agris a le don d’énerver Jacques Rouchaussé, président des Producteurs de Légumes de France, et nous avec.

Mais ce n’est pas tout : si ses fournisseurs ne répondent pas ou n’apportent pas toutes les preuves de leur bonne foi, le courrier qu’ils viennent de recevoir les menace de « (mettre) un terme immédiat à toute relation commerciale en cours »…

Dans Direct Légumes du 23 février, Jacques Rouchaussé rappelle que :

Ce ne sont pas des producteurs de fruits et légumes qui, le 17 octobre 2019, ont été condamnés par le tribunal de grande instance d’Angers en raison d’une ouverture le dimanche après-midi.

Ce ne sont pas des producteurs qui, le 30 juillet 2020, ont été condamnés pour détournement du statut des agents de sécurité pour rester ouverts au mépris du droit social par le tribunal judiciaire de Toulouse.

Ce ne sont pas des producteurs qui, d’abord en septembre 2018, puis en novembre 2019, ont été condamnés pour l’emploi de leurs salariés la nuit.

Et ce ne sont toujours pas les producteurs qui, en 2015 déjà, avaient été condamnés en appel plus durement qu’en première instance au vu de la « résistance » dont l’entreprise faisait preuve pour se conformer à la décision de justice précédente ».

Et cette liste des condamnations ou des amendes administratives récentes n’est pas exhaustives, loin s’en faut. Exemple jeudi 25 février :

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Gironde a annoncé, lundi, avoir prononcé une amende administrative à l’encontre de la société Cdiscount, filiale du groupe Casino, d’un montant avoisinant le million d’euros, 986 432 euros très exactement. Le géant français du e-commerce se voit reprocher d’avoir manqué à certains engagements en matière d’information des consommateurs.

Une chose est certaine à ce stade : Casino, qui aime bien vanter son caractère « multiformat » et « multienseigne » est une multinationale multidélinquante, multicondamnée et multiamendée en de multiples domaines. Cela n’empêche pas les producteurs de fruits et légumes, qui n’ont pas ces casseroles judiciaires, de continuer à travailler avec elle. Alors,

si le groupe Casino veut effectivement prévenir les « atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes », qu’il commence d’abord lui-même par respecter la loi française et appliquer les décisions de justice dont il fait l’objet. Qu’il rémunère correctement les producteurs qui, dans un contexte réglementaire contraint, sont mis en concurrence permanente avec des producteurs étrangers soumis à des réglementations bien plus laxistes. Et enfin, qu’il laisse le contrôle de la réglementation aux personnes habilitées.

Au passage, le groupe Casino est accusé par le WWF d’être parmi les tous premiers pollueurs de France :

Cela ne l’empêche pas de greenwasher, par exemple en se décernant ses propres labels. Et de jouer à « Plus écolo que moi, tu meurs » :

 

2 commentaires sur “Habituée à violer les lois sociales (entre autres), Casino accuse (sans preuve) et menace ses fournisseurs…

  1. Casino fait partie de ces « greenwashers » patentés, habitués à montrer leur « exemplarité » mais surtout à se servir des sujets qualité, environnement et sécurité (et maintenant des tartes à la crème du « développement durable » et à des fins de communication « vertueuse » et de pression mortelle sur leurs fournisseurs.
    Avec le dénommé Papin, ex-patron de Système U, désormais quasiment canonisé par l’exécutif et mandaté pour appliquer les principes de construction de prix qu’il n’a jamais respectés (quel meilleur spécialiste que le délinquant pour faire appliquer une loi !). La loi dite EGA ressemble de plus en plus à la loi DALO (droit au logement opposable qui n’a en rien réduit le nombre de sans abri dans notre pays).
    Si les textes de loi résolvaient les problèmes, la France serait leader mondial en tous domaines. Or, nous constatons que ce n’est pas vraiment le cas, dans le pays qui a inventé l’auto-autorisation dérogatoire de circuler…

    1. +1
      De toute manière, faire croire que que l’on puisse forcer les distributeurs à payer plus cher les produits pour que les producteurs puissent vivre est d’une démagogie crasse.
      Quand j’étais lycéen, nous apprenions la loi de King en économie : pour les produits frais, les moindres excédents provoquent une chute des cours, ce qui explique qu’il est préférable de détruire de la marchandise pour maintenir les cours et le potentiel de production que de tenter de tout vendre à vil prix.
      On peut rarement agir sur le prix de vente pour les produits de grande consommation; par contre, on peut sur le prix de revient, mais cela implique d’autres organisations (bien sûr, quand on met des bâtons dans les roues des producteurs, ça n’arrange rien).

      Qu’on le veuille ou non, pour le consommateur final, le prix est le critère d’achat principal pour la majorité des français: ce n’est pas la crise actuelle qui va changer les choses.
      Penser le contraire est se mentir

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