Étrange étude qui prétend que sous 200 kg de cuivre/an/ha la biodiversité n’est pas impactée

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À la demande d’une vingtaine de domaines viticoles inquiets de voir l’utilisation du cuivre interdite par la Commission européenne en 2025, le bureau d’étude dijonnais Novasol experts (spécialisé dans la qualité des sols) dit avoir passé en revue « toute la littérature scientifique liée au cuivre » (Vitisphere.com). Il conclut que la molécule ne nuit à la biodiversité des sols qu’à partir de 200 kg/ha/an, soit 50 fois la dose réglementaire, avec un impact variable selon les espèces. « Il est impossible de conclure objectivement à un quelconque impact du cuivre sur la vie des sols pour une dose de 4 kg de cuivre /ha/an » assure Battle Karimi, directrice scientifique de Novasol experts.

Jamais l’étude n’évoque la question de l’accumulation, faisant mine d’ignorer que le cuivre n’est pas biodégradable. Imaginez la dose règlementaire atteinte (quand elle n’est pas dépassée) chaque année depuis 70 ans… L’étude se veut rassurante. À notre époque, c’est presque étrange. Quand on sait que le lobby bio (donc les marchands de peur comme Générations Futures) défend, contre toute logique, l’utilisation du cuivre (dont il ne peut se passer), on comprend mieux pourquoi.

Tout cela pour dire qu’à 200 kg/ha/an, « les populations de vers de terre ont chuté de 15% ». À 400 kg, « le cuivre a impacté la respiration des microorganismes et divisé par deux les capacités de reproduction des collemboles ». « En revanche, les nématodes semblent très bien résister au cuivre, jusqu’à au moins 3200 kg/ha/an » indique Battle Karimi. Et à 3200 x 50 ans ?

Chers lecteurs, que pensez-vous de cette étude ? Votre avis nous intéresse, ainsi que votre expérience du cuivre… À vous lire !

12 commentaires sur “Étrange étude qui prétend que sous 200 kg de cuivre/an/ha la biodiversité n’est pas impactée

  1. Je vous suggère de consulter la littérature sur ce sujet de l’I NRAE qui, il y a déjà quelques décennies, avait réalisé des études sur ce sujet, notamment dans le Finistère . Vous disposerez d’éléments de réponse tout à fait objectifs.
    Pierre Thivend
    Directeur honoraire de recherches à l’INRAE
    Président honoraire du centre INRAE de Bretagne

  2. Ben voyons , interdire la BB , et pourquoi pas… (prendre les écolos à leurs propres jeux)
    Remarque , je vous raconte pas comment nous pourrons aouter les bois sans cuivre !
    Mais pour en revenir au sujet j’espère que les 200 kg/ha c’est en produit commercial
    et non en gramme de matière active sinon cela fait 1 tonne de produit/ha (les sacs de
    sulfate de cuivre dosant tous 20%, c’est très naturel des sacs de BB qui dose 20%, non!)
    Sachant que nous mettons en moyenne 4 à 5 kg de BB par passage cela donne de 20
    à 30 kg/ha soit 7 à 10 fois moins que les 200 kg .
    Pour finir j’invite Madame Battle Karimi sur mon exploitation , elle pourra constater
    que pour les céréales c’est quelques dizaines de quintaux en moins derrière un arrachage de vigne (même avec 10 fois moins que 200kg/ha) et que par endroit
    un pied de tomate à du mal à pousser derrière des vignes de 150 ans .

  3. Qu’en pense l’INRAE ?
    Elle a fait une étude il y a quelques années sur l’utilisation du cuivre en viticulture

  4. Il y avait eu le même genre de débats pour l’interdiction de la roténone. Un délais avait été accordé au bio pour trouver des solutions alternatives. Cela semblait a priori un coup dur pour la filière mais qu’est-ce que cela a donné finalement? Quelqu’un a-t-il des infos sur ce sujet?

        1. @Bebop76
          Elle est compliquée cette affaire. Je ne trouve pas l’huile de neem parmi les substances autorisées. Par contre l’azadirachtine y est, avec plusieurs produits, dont le Neemazal-TS. Des bios qui utilisent l’huile de neem pensent ou feignent de croire que le Neemazal-TS, de par son nom, contient de l’huile de neem. Ils se considèrent donc dans la légalité. D’autres utilisent l’huile de neem sans s’embarrasser de justifications.

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