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Jean-Noël Jouzel : « je ne suis pas scientifique mais je donne mon avis de sociologue »

Dans son dernier livre, Pesticides : comment ignorer ce que l’on sait (éditions Les Presses de SciencesPo), le sociologue Jean-Noël Jouzel prétend savoir ce qu’aucune agence d’évaluation des risques peuplée de scientifiques au monde n’a jamais déterminé.

C’est dans ces moments où vous vous dites qu’il y a quelque chose qui cloche dans ce monde. Quand on parle de phytos, tout le monde il est scientifique, le simple quidam sait mieux que les spécialistes, les environnementalistes radicaux de Générations Futures servent de caution scientifique aux journalistes militants et le sociologue Jean-Noël Jouzel joue au cancérologue. Le complot des industriels ? C’est un peu le complot chic et moralement autorisé, le complot qui peut être dénoncé sans crainte de passer pour un dingue dans la bonne société germanopratine. Au contraire des complots de bofs (Illuminatis et tout le tintouin).

Voici la présentation de l’ouvrage par l’éditeur sur Fnac.com :

Les pesticides sont des produits dangereux. Pour cette raison, ils comptent parmi les substances chimiques les plus surveillées et ce, depuis des décennies. Des agences d’évaluation des risques contrôlent leur mise sur le marché et assurent une toxico-vigilance de leurs effets sur la santé. Comment alors expliquer l’accumulation de données épidémiologiques qui attestent la sur-incidence de pathologies chroniques – maladies neurodégénératives, hémopathies malignes, cancers – parmi les populations humaines les plus exposées, et en particulier les agriculteurs ? Pourquoi des résultats aussi inquiétants sont-ils si peu de répercussion sur les autorisations de mise en vente ? Le sociologue Jean-Noël Jouzel a mené l’enquête en France et aux États-Unis pour comprendre ce qui conduit les agences d’évaluation à ignorer volontairement certaines données scientifiques lorsqu’elles n’ont pas été élaborées selon les normes de la toxicologie réglementaire. Les industriels ont bien compris le profit qu’ils pouvaient tirer de cette routine normative. Ils ont en effet tout intérêt à suivre ce cadre, disposant par ailleurs des ressources matérielles nécessaires pour s’y conformer.

Euh… Et les sociologues comme Jean-Noël Jouzel, ils n’ont pas compris le profit qu’ils pouvaient tirer de ce marketing de la peur peut-être ? Ils ont en effet tout intérêt à suivre ce cadre, disposant par ailleurs des ressources matérielles nécessaires pour s’y conformer…

18 commentaires

    • Le gars quis’exprime , Julien Fosse , donc , devrait d’abord mettre à jour ses données . Tout au moins en arbo et viti , secteurs que je connais parfaitement , il y a 30 ans(!) qu’on a des conseillers indépendants des vendeurs de produits , comme les techniciens de GDA (Chambres d’agriculture ) , les conseillers payés par les coop vinicoles ou les coop d’expéditions de fruits , lesquels n’ont surtout pas envie de se faire taper sur les doigts et être responsables d’une mauvaise analyse de résidus chez les clients .

    • Une personne qui travaille pour France Stratégie, organisme public directement rattaché auprès du premier ministre (organisme qui veut taxer les loyers fictifs, taxer les héritages lourdement au point de faire passer Picketty pour un ultra-libéral …) n’est pas une personne sérieuse !!!
      Déjà sa définition de pesticide est contestable : pour lui c’est un produit qui sert uniquement pour les plantes agricoles… mais quid des pesticides domestiques contres les araignées, les fourmis, les guêpes…
      Voila une personne qui réfute le parallèle entre pesticides et médicaments. Pourtant, la définition exacte de la FAO est « any substance or mixture of substances intended for preventing, destroying, or controlling any pest, including vectors of human or animal disease, unwanted species of plants or animal […] »
      Donc l’ensemble de la communauté scientifique reconnait que les médicaments pour les Humains sont aussi des pesticides.
      Mais la France a décidé PAR LA LOI de redéfinir le mot « Le terme de pesticide, d’origine anglo-saxonne, devrait être abandonné au profit de l’expression « produit antiparasitaire à usage agricole », utilisée par l’Administration française dans les lois, décrets et arrêtés relatifs à la protection des cultures (Lar. agric. 1981). »
      C’est donc une erreur et une faute de ne pas reconnaitre qu’un pesticide est un médicament et qu’un médicament peut-être un pesticide (l’aspirine n’est pas un pesticide, mais un antibiotique oui).
      Ensuite, je trouve bizarre cette volonté très politique de séparer le conseil de la vente…
      En effet, c’est dans tous les commerces comme cela : quand vous achetez un vêtement, vous demandez conseils au… vendeur !!!! idem dans un restaurant, un concessionnaire voiture…
      De plus, cette personne fait une antiphrase assez belle : l’utilisation d’un médicament n’est pas la même qu’un pesticide : le médicament est délivré par un médecin après un diagnostic qui choisi le produit et la dose…
      Personnellement je ne vois pas de différence avec le Conseiller agricole.
      Le médicament est vendu par un pharmacien… Mais qui ne peut pas modifier la posologie ou le traitement (contraire à ce qu’affirme ce M Fosse)… Mais le pharmacien est soumis à la réglementation de l’Etat… comme le vendeur de phytosanitaire.
      Un prescripteur soumis à l’Etat et un vendeur soumis à l’Etat…. Quelle différence avec un conseiller/vendeur soumis à l’Etat ???
      D’ailleurs dans de nombreux pays, le pharmacien et le médecin… sont la même personne !!!

      Pour finir, le terme « pharmakon » s’applique tout autant aux médicaments qu’aux pesticides. Tout médicament à des effets secondaires qui peuvent être désastreux (tous les antibiotiques sont cancérigènes), ou des doses qui peuvent être toxiques. Faire la distinction comme ce M Fosse le fait est purement malhonnête !!!
      Et pour instruire ce M Fosse, le terme pharmakon peut désigner aussi un bouc -émissaire. Ce qui là s’applique très bien aux pesticides : bouc-émissaire d’une société technologique et scientifique rejetée par des bobos-urbains ignares !!!

      • Reste que le terme « pesticide » est fortement connoté, pour beaucoup de monde, de façon péjorative !

      • Ils veulent séparer le conseil d ela vente car ils sont persuadés ( croyance tenace!) que les conseilleurs actuels poussent à la consommation et que le pauvre agriculteur se fait avoir. Ils s’imaginent bêtement que la séparation conseil/vente va permettre de réduire les phytos de 50% ( leur objectif).
        Pourtant, leur modèle de séparation avec les médicaments devrait les inciter à réfléchir car la France est le plus gros ( ou au moins un des plus gros) consommateur de médicaments au monde .
        Par ailleurs, comme le dit Raul-Hughes il y a déjà des cas en agriculture où le conseil n’est pas lié à la vente ( conseillers arbo en particulier, ais aussi CETA etc..)
        Le terme pesticide n’est pas approprié car il n’inclut pas des produits régulateurs de croissance par exemple. De toute façon, il faut bien tuer les indésirables champignons ou insectes : l’idéologie qui consiste à penser qu’il n’y a pas de nuisible et qu’il faut une place pour tout le monde pour obtenir un équilibre harmonieux est une utopie contraire aux lois de la vraie écologie .L’équilibre ne peut justement être obtenu qu’avec des pesticides !!

        • Entièrement d’accord avec vous !

          Je reviens sur un point, en tant qu’écologue, qui m’exaspère au plus haut point avec les « écolos » : l’équilibre naturel !!!
          Cette idée que dans la nature tout est bien, tout est équilibré, harmonieux et gentil.
          Comme vous l’écrivez de manière bien ironique  » pour obtenir un équilibre harmonieux est une utopie contraire aux lois de la vraie écologie »
          En effet, dans la nature il n’y a pas d’équilibre, au sens commun = figé, qui reste toujours stable… Il y a une DYNAMIQUE, une lutte perpétuelle pour l’accès aux ressources (nourriture, espaces, lumières, minéraux…). Or dans cette lutte perpétuelle, une énorme quantité d’énergie est gaspillée.
          Dans un champs agricole, l’homme a rompu en partie cette guerre biologique : il assure facilement un espace et un accès aux ressources pour la production qu’il a choisi. Il protège sa production. De ce fait, il réduit le coût énergétique alloué par les plantes, les animaux, à leurs défenses. Cette énergie est ré-utilisée en production de matière organique.
          C’est pour cela qu’une plante de culture est toujours plus productive qu’une plante sauvage. Qu’une vache d’élevage produira plus de lait qu’une vache sauvage, qu’un mouton d’élevage produira plus de laine qu’un mouton sauvage etc etc etc !!!
          Oui, l’équilibre harmonieux de la nature n’existe pas !!!

          • Que cela fait du bien de lire des vérité de la part d’un ECOLOGUE !
            Merci Daniel!

      • « Mais la France a décidé PAR LA LOI de redéfinir le mot « Le terme de pesticide, d’origine anglo-saxonne, devrait être abandonné au profit de l’expression « produit antiparasitaire à usage agricole », utilisée par l’Administration française dans les lois, décrets et arrêtés relatifs à la protection des cultures (Lar. agric. 1981). » »

        >>> L’instance française chargée au sein de la DGAL (Direction générale de l’alimentation au sein du Ministère de l’Agriculture) de l’évaluation de la toxicité des « pesticides » s’est longtemps appelée « la commission d’étude de la toxicité des produits antiparasitaires à usage agricole et des produits assimilés, des matières fertilisantes et des supports de culture ».

  1.  » lorsqu’elles n’ont pas été élaborées selon les normes de la toxicologie réglementaire. »
    TOUT EST DIT DANS CETTE PHRASE : Les chercheurs se basent sur des protocoles sérieux, établis, redondants et répétitifs !!!
    Alors, les « études » qui sortent de ce cadre ne sont pas scientifiques, et donc n’ont aucune valeur et ne servent à rien… si ce n’est à alimenter des théories complotistes.
    Lire l’excellent « L’opium des imbéciles » de Rudy Reichstadt.
    Sur ce point, les « sociologues » sont les chantres du complotisme : voila une « discipline » qui n’a rien de scientifique, mais se part des atours et des vertus des la science pour imposer des idées personnelles. Les exemples sont nombreux : théorie de genre (Thèse expliquant la construction de l’identité sexuelle à partir de facteurs non biologiques, selon le psychanalyste Stoller), théorie de la construction sociale des lois scientifiques (Latour)…. Quand les données ne sont pas tout simplement « inventée » (cf Diederik Stapel).
    Ce M Jouzel ne fait donc pas exception à la sociologie de caniveau : théorie du complot, fausse science et données inventées !!!

    • Moment de grande surprise de ma part 😯 , à une lecture trop rapide et superficielle du titre de l’article, lors de l’ouverture de la présente page…
      […] Jouzel : « je ne suis pas scientifique […] »
      😳
      Il s’agissait en réalité d’un homonyme (prénommé Jean-Noël) à une autre personne prénommée Jean !
      Mais il y avait de quoi être surpris, n’est-ce-pas ? 😆

  2. « Les Presses de Sciences Po ont pour vocation de diffuser la recherche, d’éditer des ouvrages de référence à destination des étudiants et d’animer le débat public et politique.. »
    Défense de rigoler !

  3. @ un physicien

    « Les Presses de Sciences Po ont pour vocation de diffuser la recherche, d’éditer des ouvrages de référence à destination des étudiants et d’animer le débat public et politique.. »
    >>>> Je pense que c’est vrai…..
    Tout dépend évidemment de ce vous entendez et mettez sous chacun des termes utilisés!!

    • Les  » données scientifiques [qui] n’ont pas été élaborées selon les normes … » ne sont pas des données scientifiques et n’ont rien à voir avec la recherche ni une quelconque référence.
      Quant à accuser les agences d’  » ignorer volontairement » des données, cela frôle la diffamation.

    • En effet, là, incontestablement, elle a fait un gros popo… 😈

    • @ Seppi
      « Sciences Po ? »
      >>>> Je ne suis pas sociologue mais je donne mon avis quand même………..!!!

    • On peut se demander si Green Peace ( et autres ONG aux méthodes comparables) n’est pas qu’un levier pour préparer un monde qui ressemble réellement à Green Soylent.
      Dystopie qui ne serait pas un accident de l’histoire mais une évolution murement choisie et préparée, avec quelques raffinement progressif, certes, liés à l’émergence si rapide de la Chine, par exemple, mal anticipée .
      En fait le capitalisme financier américain disposerait de deux outils suivant le contexte et la zone concernée, Grean peace ou Back waters. Deux couleurs, deux méthodes (quoique!), un même objectif.
      Aucun complot là dedans mais simplement un choix qui s’est imposé progressivement à certaines « élites  » financières, élaboration depuis les années 70 voire avant, constatant les « ravages » liés au développement d’une classe moyenne bruyante et envahissante. Un choix logique et intelligent, pas très philanthropique certes.
      Jean Noel Jouzel ne serait qu’un des multiples avatars de cette engeance programmée pour influencer le « bon peuple » , Nous !

      • Capitalisme ( de connivence) américain, certes mais aussi et surtout pensée post communiste car pour ces derniers il faut un gouvernement mondial, avec des citoyens tous égaux ( d’où les mesures liberticides pour empêcher les inégalités) et interchangeables, qui décide de ce qui est bien ou pas pour l’humanité. Il ne faut plus interdire l’exploitation de l’homme par l’homme ( marxistes) mais l’exploitation de la Terre par l’homme et il faut donc éliminer/redresser ceux qui exploitent la planète, c’est à dire nous tous!! Tous coupables , nous devons tous être châtiés ( par les impôts pour commencer puis par des moyens plus violents ensuite) Je ne suis pas certain que ce choix soit intelligent, comme vous le dites, car cela revient à nier la réalité des choses et les besoins fondamentaux des êtres humains. Les rêves d’avoir un empire mondial se terminent toujours mal: c’est juste une question de temps. Ce n’est pas demain qu’un Chinois , un Indien, un Africain, un Russe, un Américain seront des citoyens du monde identiques avec les mêmes attitudes et les mêmes valeurs.

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