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La permaculture, ça ne marche pas dans la vraie vie

Il y a quatre ans, le charismatique Maxime de Rostolan, ingénieur-chimiste et titulaire d’un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole, lançait le projet Fermes d’avenir à Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire). L’objectif était très ambitieux : démontrer que « l’agriculture sur une petite surface inspirée de la permaculture est rentable », rendre « désirable » le métier de maraîcher et créer 200 000 emplois d’ici 2025. Rien que ça ! Aude Richard, journaliste à La France Agricole, est allée visiter la ferme en septembre : « les arbres et les cultures ont poussé (6 000 m2 cultivés) et un motoculteur a remplacé les cochons » note-t-elle. « Après une approche très inspirée de la permaculture, nous revenons aux fondamentaux du maraîchage » s’excuse presque Maxime de Rostolan qui ne travaille plus à la ferme. En effet, « (sa) contribution est plus utile dans la mise en place des programmes et le lobbying » explique cet « habitué des ministères ». La ville manquerait-elle à notre « permaculteur (r)evolutionnaire », comme il se définit sur Twitter ? A moins que la production ne suffise pas à le rémunérer pour travailler la terre, et qu’il le soit seulement pour trouver des aides… à la production. Le fonctionnement de la ferme nécessite la présence de deux CDI à plein-temps, sans compter les stagiaires (la main d’œuvre gratuite en milieu écolo est un classique). Tout ça pour générer un chiffre d’affaires prévisionnel de 35 000 euros en 2018 (contre 21 000 euros en 2017) alors qu’il faudrait 80 000 euros pour atteindre l’équilibre. Mais l’association Fermes d’avenir, c’est un million d’euros de budget annuel et 20 salariés, soit 96,5% de subventions des collectivités et d’entreprises de la filière alimentaire (cela n’empêche pas Maxime de Rostolan de prétendre être un « banquier solidaire » sur Twitter), et quelques activités annexes comme les formations et les séminaires (30 à 40 000 euros par an). On espère que ces formations n’incitent pas les jeunes à aller au casse-pipe, Maxime de Rostolan assure que non et se défend d’avoir créé une ferme « exemplaire ». C’était pourtant le but. Notre « utopiste pragmatique » est désormais plus vague, il parle « de créer des conditions favorables à l’émergence de l’agroécologie dans tous les territoires, grâce au métier de ‘payculteur’, un entrepreneur du territoire » assisté et donneur de leçons. Moui… Un beau parleur, on vous dit, ce Maxime de Rostolan. La personne idoine pour les dîners en ville ou les plateaux radio où il assurait il y a deux ans que « l’agroécologie est plus rentable que l’agriculture conventionnelle ». En agriculture, par contre…

Lire aussi :
> La ferme du Bec Hellouin, modèle de l’agriculture de demain ?

29 commentaires

  1. Encore une conséquence du fait que l’état considère que son rôle majeur est de  » redistribuer  » l’argent dans l’intérêt de la société ( en fait voler l’un pour donner à l’autre) au lieu de faire son véritable job ( police, armée, justice). Ce genre de tentative est pitoyable car les soi-disant  » nouveaux modèles  » ne sont que la reprise des anciens et la véritable source de profit est l’argent volé ( puisqu’il n’y a pas consentement) légalement grâce à l’état.

    • Tout à fait d’accord. Tout ceci fleure bon la mentalité étatiste de « modification de l’esprit des citoyens » vers la « bonne conscience écologique »… De la vraie dictature !!!

  2. C’est le PB! Ce « sachant » ne peut pas reconnaitre qu’il a raconté n’importe quoi il y a quelques années et que tout son discours est mis a l’eau par les faits.
    Sinon : Comment justifier toutes les aides financières qu’il a réussi a obtenir vis à vis de ses bayeurs de fonds si il reconnait son échec et le ridicule de ses affirmations passées.
    Comment pourra t’il « vendre  » ses services de conseiller et de formation….?
    Tous les fann (atiques) de ces techniques manquent d’honnêtetés sur leurs résultats.

  3. Comme on dit en science, une expérience ratée (ou réussie) ne veut pas dire que la théorie est fausse (ou juste). Bref ne réduisons pas le cas d’une personne à l’ensemble de la profession. Parce que des maraichers qui ont le même modèle que le monsieur de l’article et qui s’en sortent bien j’en connais un bon wagon. Maintenant que les gens ont compris que les produits phytosanitaires sont une menace réelle pour la santé de l’homme et du vivant en général, ils se tournent vers ces produits de qualité.
    @Visor : le rôle de l’Etat est aussi d’assurer le bien être de ses citoyens. On appelle ça la santé. Alors donner des subventions à ces maraichers est tout à fait cohérent. C’est de l’argent en moins qui disparaît dans des soins exorbitants pour traiter (et mal) des cancers et autres salope**** qui n’ont pour origine ni plus ni moins que ces mêmes produits phytosanitaires.

  4. Votre article est clairement orienté.

  5. Son soucis et peut être d’avoir voulu calquer l’agriculture conventionnelle à couo de subvention ! Et peut être aussi de trop traîner avec les politiques ont y laisse des plumes. Car ces 37000€ de chiffres d’affaires doive suffit pour s’en sortir ?! Mas effectivement lorsque l’on est sur les plateaux télé à un lieu de s’occuper de ses légumes cela ne donne pas à manger et engendre des dépenses superflu !

    • 35 000 € de CA… Vous oubliez les taxes, impôts et charges sociales : 66 % du CA en France. Il reste donc : 11 900 €. Soit 991 € par mois. Moins que le SMIC !!!
      Et cela c’est sans compter les salaires qui n’existent pas puisque se sont tous des « stagiaires bénévoles » !!!

      • Daniel ne sait pas lire un bilan comptable….66% De taxe !!! , idiot.
        De toute façon 35 keuros de CA : un smic c est presque cette somme … Donc

        • Le poids des dépenses publiques en France est de 57 % du PIB .Pour atteindre ce chiffre il faut bien ponctionner le privé à des niveaux très élevés ( que cela s’appelle impôt, taxe, cotisation etc….). Si il a 35 000 € de CA il doit déjà déduire ses frais ( matériel, semences, bâtiments, loyers, énergie etc….) . Si il lui reste la moitié c’est déjà pas mal et ensuite …. il doit passer à la casserole avec les taxes , impôts , assurances et cotisations divers. Il faut aussi ramener ce qu’il a gagné aux nombres d’heures effectivement travaillées. Par contre, il peut compenser en baissant ses dépenses ( si il produit lui même toute sa nourriture,coupe son bois etc…) …. ou travailler  » au noir  » ?

          • Exact. A une erreur près :
            On paie les taxes et impôts AVANT les fournisseurs !!!

        • @ Ernst : en quoi je ne sais pas lire un bilan comptable ???
          Dans une Entreprise en EIRL (Entrepreneur individuel à responsabilité limitée), le montant des charges, impôts, taxes diverses et TVA atteint plus de 66% du Chiffre d’Affaire !!!

          En fait, en lisant votre commentaire (« De toute façon 35 keuros de CA : un smic c est presque cette somme »), je comprends que vous faite la même erreur que la majorité des gens (et même des politiques) : vous confondez le CA avec le Salaire Complet !!!!
          En effet : pour sortir un smic de salaire, il faut verser près de 35 000 € de charges sociales, taxes sur les entreprises et autres impôts. Mais cela n’est pas suffisant pour faire vivre l’entreprise. Elle doit faire face à d’autres dépenses : fournisseurs, énergie, déplacements, ventes, autres employés non productifs (informatiques, communication…). Donc le CA à réaliser doit être de plus de 50 000 € pour cela !!!
          C’est un point que beaucoup de gens ne comprennent pas… tant qu’ils n’ont pas créé leur propre entreprise !!!

          • +1000

          • Et même lorsqu’ils l’on crée…
            Mais là ça ne dure pas longtemps !

  6. Le but de certains médias ne serai t- il pas de déstabiliser ce mode d’agriculture ? Je vais répondre « si » à cette première interrogation.
    Secondement nous devons nous réjouir de ces mode de culture là qui même s’il ne rapporte pas des milles et des cents (ont à pas tous non plus comme seul objectif la capitalisation) ont pour avantages (et objectif ) de remettre en place des écosystème, que nous humains, avons détruits. Arrêtons de tirer dans les pattes de ces gens qui font bouger les choses. Attardons nous plutôt sur le parcours de notre nouveau ministre de l’agriculture par exemple (qui lui ne changera rien du tout)… Ou alors mettons des battons dans les roues de ceux qui ne veulent justement pas changer leur mode de fonctionnement au péril de notre biodiversité et qui dans un futur plus ou moins proche, mettra en péril l’humanité. À bon entendeur

    • 1) Ces « modèles agricoles » ne sont pas viables sans subventions pléthoriques ni main d’œuvre esclave (« stagiaire »).
      2) Ces « modèles agricoles » ne « remettront en place des écosystèmes ». Bien au contraire. Puisque les rendements sont extrêmement faibles (malgré les délires des écolos, ils sont 50 à 80% inférieurs à l’agriculture conventionnelle). Ce qui fait qu’il faudrait 50 à 80 % de surface agricole en plus. Donc raser les forêts, draines les zones humides, combler les étangs et les lacs… virer les villes !!!
      3) Les améliorations de l’agriculture conventionnelle ont permis au contraire de produire bien plus sur de plus petites surfaces. Ce qui a permis à la forêt de doubler de surface depuis les années 1900.
      4) Mettre des « dans les roues de ceux qui ne veulent justement pas changer leur mode de fonctionnement », c’est de la dictature, pas de la démocratie. Votre place est en Corée du Nord !!!

      https://inventaire-forestier.ign.fr/spip.php?rubrique11

      • Déjà le bio produit pas beaucoup 50% à 80% de moins que le conventionnel , surtout sur certaine cultures. De deux oui le bio est forcement meilleurs en supposant que même si le produit est identique il n’aura pas de trace de produits « chimiques ».
        Ensuite l’agriculture conventionnel stérilise beaucoup de terre même en france, ces terres qui deviennent irrécupérables. Alors produire plus sur une zone qui ne produira plus jamais rien sauf de la place pour du foncier….
        Il y a beaucoup de cas de personnes qui gagne mieu leurs vie avec des principes de la permaculture que les simple.conventionnel. Et il y en a d’autres qui ne se compare pas au bio classique ou autre et qui en vivent décemment. (Voir MSV , réseau de 15000 agriculteurs avec de vrai résultat optimiste pour l’avenir d’une agriculture sans pesticide ni herbicide. Même en grande culture ils arrivent bientôt à faire mieu tout en préservant les sols et une certaine biodiversité, les cycles de l’azote du phosphore et du carbone ect…. Trop long de tout dire tellement ces complexes. Voir aussi la ferme de la berthe et la ferme du buis. Qui eux donnent leurs chiffres et ne vivent pas des aides comme dit plus haut.

        Pour finir vous pouvez pas comparer un système qui émerge en France réelement depuis 2014 et dont tout le monde fait la critique , avec très peu d’aide ect… Alors que l’agriculture conventionnel qui n’est pas rentables pour tous … Enlevé la mac et on rigolera à eu plus de 70 ans pour ce perfectionner. Les gens chercheraient pas à faire autre chose si cette agriculture conventionnelle n’avait aucun effectués négatif sur l’homme et la.nature.

      • Daniel a raison , pas mieux.

        • Sauf que quand le rendement est de 50% du conventionnel, il faut 100% de surface supplémentaire pour compenser.

          • Oui. Petite erreur. Mes excuses !!!

    • Axel répète bêtement l’évangile qu’ il a entendu des prêtres verts !!!

  7. Un article sur ce sujet dans le Monde :https://www.lemonde.fr/m-gastronomie/article/2018/10/17/pierre-gayet-paysan-droit-dans-ses-posts_5370449_4497540.html
    Extrait :  » je ne gagne même pas un smic »

  8. Un peu du n importe quoi !
    Tant qu il n y a pas de véritable prise de conscience l ancien modèle colle et revient au galop
    Pour réussir dans un nouveau schéma il faut tout changer en Soi…. Et accepter la route qui parfois est ou semble plus longue
    Mais quel bonheur au bout du chemin !
    Quand tu as la foi en ce que tu fais..partage la Offre la…
    Si tu fais stages et conférences cela doit être avec le cœur. L échange. Le partage
    Ou alors un petit prix qui correspond aux frais réels
    Sinon c est que tu n as pas lâche l ancien modèle !
    Cécile

    • C’est beau comme le maoisme. D’abord tout détruire et tuer ceux qui pensent mal pour changer de modèle et ensuite le bonheur assuré  » au bout du chemin  » . On peut faire le stage avec le coeur mais , in fine, pour produire suffisamment pour nourrir les humains , il faut du concret et des choses qui marchent et que vous le vouliez ou non le modèle actuel marche et il s’améliore et évolue tous les jours mais sans révolution.

    • « Si tu fais stages et conférences cela doit être avec le cœur. L échange. Le partage »

      >>>> C’est effectivement là-dessus que comptent les Rahbi, Bec Hélloin et consorts pour donner un petit air de rentabilité à leurs « petites entreprises » afin qu’elles aient l’air de ne pas trop connaître le crise!

  9. Bon, article orienté, critique d’un système auquel de plus en plus de consommateurs font confiance. Ils en comprennent les enjeux pour les sols, l’eau et font directement le lien avec la qualité sanitaire de l’agriculture surexposée au chimique. Aujourd’hui ce genre de moquerie de mauvais goût est d’arrière garde. Un consommateur persuadé du bon sens de la permaculture et très en colère contre les lobbyistes de la chimie et l.agriculture «phytosanitaire»…

    • La permaculture c’est un mot nouveau pour décrire des pratiques agronomiques connues depuis longtemps. Cela veut dire quoi  » l’agriculture phytosanitaire  » ? Faut-il, selon vous, en finir avec l’hygiène, la protection contre les champignons pathogènes produisant des mycotoxines naturelles et cancérigènes ( aflatoxines …)? Le bio aussi utilise des produits phytosanitaires!! Sans la chimie quel serait votre quotidien? ( sans même parler des médicaments, de la chimiothérapie etc….)? L’enjeu pour le sol avec le bio: il faut plus de surfaces donc moins de forêts, du cuivre donc plus d e vers d eterre etc….

    • Avoir confiance ou être persuadé du bon sens de la permaculture ne veut pas dire que cette pratique soit efficace et productive !!!
      Il y a plein de gens qui sont persuadé du bon sens de l’homéopathie ou de l’auriculothérapie ou de la nasothérapie… et j’en passe… Pourtant rien de tout cela ne marche et ne guérit !!!
      La qualité sanitaire : je vous renvoie aux liens que j’ai déjà donné. Et aux dizaines de morts provoqués par les produits Bio contaminés par des virus, des bactéries ou autres moisissures !!! Comme je le dis : mourir à 80 ans d’un potentiel cancer causé par un pesticide ou mourir à 30 ans d’une intoxication alimentaire par un produit pourris, mon choix est fait !!!
      Sur les sols : L’agriculture moderne est bien plus conservatrice et protectrice que l’agriculture Bio ou ancienne (c’est un pédologue qui vous le dit). Il suffit de voir l’évolution de la sédimentation dans les lacs ou dans les estuaires (ici la seine, page 34)
      https://www.seine-aval.fr/wp-content/uploads/2015/04/3-3-Hydrosed.pdf : les eaux sont bien plus chargées en Matières En Suspension (MES) dans les années 50 que dans les années 2010. Tout simplement parce que le travail des sols agricoles a évolué et l’érosion a diminué !!!
      Ici les taux d’érosion en 2010 et en 2015 en Europe
      2010 : https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/images/4/44/Soil_water_erosion_rates_for_arable_land_%28tonnes_per_ha_per_year%29%2C_2010%2C_EU-28%2C_NUTS_3.png
      2015 : https://www.actu-environnement.com/images/illustrations/breves/25193_encart_zoom.jpg
      On constate une nette amélioration dans l’ensemble, et très marquée en France, Italie et Espagne !!!
      Donc comme d’habitude : de l’idéologie + une absence de connaissances = des prises de positions fausses et rétrogrades !!!!
      Tout cela ne tient pas face à une analyse scientifique sérieuse !!!

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