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Glyphosate : le Circ sur la sellette

Dans une lettre datée du 8 décembre, la commission des sciences, de l’espace et de la technologie de la Chambre des représentants des Etats-Unis d’Amérique a demandé à Christopher Wild, le directeur du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), de témoigner sur la façon dont il a conduit ses examens pour arriver à la conclusion que l’utilisation du glyphosate présente des effets « probablement cancérogènes ».

En effet, l’institution est très isolée sur le sujet. Suite aux travaux du Circ, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait réévalué le glyphosate et conclu qu’il était improbable qu’il présente un risque cancérigène pour l’homme. En France, notre Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, de l’environnement et du travail, l’Anses, avait quant à elle estimé nécessaire, début 2016, que son classement soit revu par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa). En mars 2017, les toxicologues de l’Echa, après prise en compte de toutes les études disponibles, avaient finalement conclu que le glyphosate n’était ni cancérigène, ni mutagène, ni toxique pour la reproduction…

Obligation de transparence vis-à-vis des contribuables

Déjà en novembre, la commission avait écrit à Christopher Wild, lui demandant de fournir « les noms et les coordonnées des personnes affiliées au Circ qui pourraient servir de témoins potentiels pour cette audience », ce à quoi le directeur du Circ avait répondu défavorablement. On se demande bien ce que l’institution a à cacher…

Dans sa missive de décembre, la Chambre des représentants hausse le ton, rappelant que 48 millions de dollars d’argent public sont alloués au fonctionnement annuel du Circ et qu’ « à ce titre, la commission est tenue de s’acquitter de son devoir constitutionnel d’assurer la bonne utilisation de ces fonds ». Or, « étant donné qu’elle a des questions concernant l’intégrité scientifique du programme du Circ, elle peut décider d’examiner s’il est approprié de poursuivre son financement par le gouvernement fédéral des Etats-Unis ».

Bref, si le Circ n’explique pas comment il est arrivé à une conviction qu’aucune autre institution scientifique mondiale ne partage, il pourrait bien se voir couper les vivres.

5 commentaires

  1. Que le CIRC soit constitué de charlots est une chose mais que les politiques n’écoutent que lui et ne tiennent absolument pas compte de tous les autres instituts , y compris ceux qui sont sérieux, en est une autre. Les vrais responsables sont les politiques et les médias et non le CIRC. On peut même se demander si ce ne sont pas les politiques qui ont demandé au CIRC d’affirmer que le glyphosate est cancérigène car le CIRC est une filiale de l’OMS, organisation politisée. La vraie question est de savoir pourquoi les politiques veulent interdire le glyphosate ( bouc émissaire, diversion, test de la population,attaquer l’agriculture moderne etc….)

    • L’OMS a conclu que le glyphosate n’est pas cancérigène, je ne vois pas pourquoi ils auraient demandé au CIRC de conclure le contraire.

      • si les parlementaires étaient compétents ils demanderaient une enquête pour répondre à cette question…. à moins justement que cela sente trop mauvais et qu’ils se retrouvent arrosés. Peut être veulent ils déstabiliser les agences nationales en charge de ces évaluations pour justifier une nouvelle organisation à venir. L’avenir le dira.

      • Si vous aviez correctement suivi cette affaire , vous auriez appris que la chronologie a été la suivante: 1. le CIRC publie son rapport 2. l’OMS a fait savoir qu’elle ne partageait pas l’avis du CIRC…..

  2. Le circ ferait mieux de s’intéresser au lait et à l’aflatoxine M1 pour la réévaluer sérieusement.

    Voila du lourd, du sérieux, et un contaminant qui passe aussi dans le lait, lait maternel et lait maternisé suivant que la mère ou la vache a eu une alimentation contaminée, 4.5 millards de personnes quand même !: http://www.irinnews.org/fr/report/99212/briefing-comment-combattre-le-champignon-mortel-qui-affecte-des-milliards-de-personnes

    « L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que des milliards de personnes dans les pays en développement sont exposées de façon chronique à l’aflatoxine, un poison naturel qui affecte les cultures vivrières et peut provoquer l’apparition de cancers et de maladies hépatiques, une altération du système immunitaire, un retard de croissance et la mort chez l’homme et l’animal.
    D’après l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), un quart des disponibilités alimentaires mondiales et plus de la moitié de la population mondiale sont contaminées par l’aflatoxine ; 4,5 milliards de personnes sont exposées à des niveaux élevés et non contrôlés, principalement dans les pays en développement. En Afrique subsaharienne, environ 26 000 personnes meurent chaque année d’un cancer du foie lié à l’exposition à l’aflatoxine.
    Non seulement les aflatoxines présentent des risques sérieux pour la santé, mais elles entraveraient aussi les efforts d’amélioration de la sécurité alimentaire et du commerce international des denrées alimentaires.
    Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 25 pour cent des cultures vivrières mondiales sont affectées par les aflatoxines.
    Ce rapport évoque quelques-uns des efforts déployés pour lutter contre les aflatoxines et quelques-uns des défis à relever. « 

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