Phytos : Travert nous vend du rêve… qui pourrait virer au cauchemar

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Jeudi 11 janvier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a déclaré que le Salon de l’agriculture qui se tiendra du 24 février au 4 mars 2018 sera l’occasion « d’annoncer le plan de sortie des phytosanitaires », demandé par le Président Emmanuel Macron suite au vote européen, fin novembre dernier, du renouvellement de la licence d’utilisation du glyphosate, pour une durée de cinq ans. Selon lui, ce plan devrait rendre possible une sortie de l’utilisation des pesticides en trois ans… Extrême démagogie, incompétence totale ou savant mélange des deux ? Chacun jugera. Reste qu’aucun pays au monde n’a jamais été en capacité d’interdire les phytos, tout simplement parce que c’est impossible. Et même si ça l’était, être le seul à le faire dans un marché mondial ouvert relèverait du suicide. Sans parler du fait que les phytos ont en réalité permis de sauver de nombreuses vies.

Mais prenons le ministre au mot et mettons-le au défi de faire ce qu’il dit en incluant dans l’interdiction prévue d’ici trois ans tous les pesticides « bio », vous savez, ceux dont la moitié des Français ignore encore l’utilisation.

Amicale pensée aux ultramarins victimes du chikungunya (cette maladie entraîne une mortalité de 2,8% chez les enfants et de 1,6% chez les personnes âgées) que transmettent certaines espèces de moustiques. Interdiction des phytos oblige, l’utilisation d’insecticides efficaces ne sera bientôt plus possible pour eux. Quant au paludisme, il a de beaux jours devant lui dans le département de la Guyane et la collectivité territoriale de Mayotte.

Non, vraiment, ce ministre pense de Travert…

15 commentaires sur “Phytos : Travert nous vend du rêve… qui pourrait virer au cauchemar

  1. Il est surtout sous la coupe du Ministère du Dev’Dur et machin solidaire. Il veut sans doute se racheter après l’épisode glyphosate qui lui a valu une volée de bois vert et durable.
    c’est néanmoins sidérant de lire ce concentré de bullshit, relayé par les médias, sans qu’aucun ne relève l’énormité.
    Il faudrait peut être qu’enfin, les professionnels le fassent atterrir dans la vraie vie.
    Mais, ayant assisté à des conférences récemment, j’ai surtout noté que beaucoup de professionnels ont une vision absolument court termiste, s’imaginant être plus malins que leurs voisins en suivant ou devançant les attentes « locales » , oubliant au passage que les prix sont mondiaux et que nous demeurons exportateurs de beaucoup de denrées.
    Par exemple, les industriels allemands réclament de plus en plus du « produit sans OGM » pour la fourniture de lait. En France, dans certains cas, pourquoi pas, mais contrairement à l’Allemagne, beaucoup de nos débouchés sont hors Europe et l’argument « non OGM » ne compte pas: pourquoi alors, pénaliser ses coûts de production globaux si l’on interdit l’importation de soja OGM?
    Enfin, pour revenir à Travers, comment lui expliquer que se passer de phytos, c’est consommer plus de carburants, que notre gouvernement n’arrête pas de taxer allègrement, pour sauver la planète.

    1. Quelqu’un a-t-il entendu un responsable agricole parles de l’étude AHS ?

    2. A propos de gazole agricole, un agriculteur bio basque expliquait que c’était le seul intrant qu’il achetait à l’extérieur avec les semences en sus du matériel bien évidemment dans une brochure du MAA promouvant l’agriculture bio.
      Visiblement l’objectif de rendre l’agriculture moins dépendante du pétrole importé à l’époque de l’agroécologie selon Stéphane Le Foll a disparu des radars.

      Faut-il voir un lien avec l’info, non vérifiée à propos du député chef de file pour les questions agricoles https://alerte-environnement.fr/2017/12/19/le-populisme-a-la-mode-lrem-les-territoire-garantis-sans-glyphosate/ » À l’Assemblée nationale, il est membre de la commission des Affaires économiques et président du groupe d’amitié France-Arabie saoudite. »
      Effectivement plus de bio, c’est aussi beaucoup de gazole consommé par unité produite , sans jugement de valeur sur le deal gazole contre pesticide ( 1 000 g de glyphosate permet d’économiser 15 à 20 litres de gazole voir plus et l’inverse ).
      Acheter du pétrole à l’AS permet de vendre du blé ou dans le cas d’espèce plus de boeuf à l’Arabie Saoudite.
      Est ce que je me tromperais avec ce raisonnement?
      En revanche j’ignore si les saoudiens sont sensibles à l’attrait du bio français.

    3. Se passer des phytos ce n’est pas seulement consommer plus de carburants c’est aussi une baisse de rendements ( maladies, insectes), une baisse de la qualité du vin ( botrytis), des problèmes sanitaires ( mycotoxines) ,une destruction des plantes ( viroses transmises par des insectes) etc….. Il n’existe probablement pas dans le monde un seul ministre de l’agriculture qui prétende pouvoir se passer des phytos dans 3 ans. Ces gauchistes révolutionnaires sont décidément incorrigibles : c’est plus fort qu’eux: ils veulent toujours la révolution pour un monde supposé parfait alors que le bon sens est que les choses s’améliorent graduellement.

    4. Si vous êtes sûr que les pesticides ne sont pas dangereux alors prenez votre apéro avec !
      Un pesticide est normalement fait pour une cible précise, hors les pesticides ratissent large voir très large. Il n’y a pas scientifiquement de différence dans la construction du code génétique des organismes vivants. Toute molécule qui attaque le système du code génétique aura une efficacité sur tous les organismes vivants avec des délais plus ou moins longs suivant les capacités de réaction de l’organisme. Aujourd’hui aucun scientifique même et surtout au niveau de l’agrochimie ne peut dire que les pesticides sont inoffensifs. A contrario : Business oblige !
      Il est inadmissible qu’avec tous les produits proposés aux agriculteurs, qu’ils ne deviennent pas riches ! Comment expliquez vous l’enrichissement des firmes de la chimie ? Pourquoi des aides P.A.C. si les soutiens techniques apportés aux agriculteurs ne sont pas une escroquerie généralisée le tout financé par les contribuables ?
      La vie sur terre a commencé il y a 2 milliards d’années pour aboutir à la biodiversité que l’on connaît aujourd’hui sans intervention de nos chimistes.
      Comment ces chimistes peuvent-ils prétendre faire mieux que la nature sans en maîtriser les principes fondamentaux sur la construction et l’évolution génétique ?
      Le principe de précaution est bafoué par les publicités présentant les produits phytos comme non dangereux.
      S’il n’y avait pas d’alternative à l’utilisation des produits phytos, comment expliquer le développement de l’humanité ?
      La disparition progressive des abeilles est une démonstration du danger des pesticides, sans action à très faible dose pour une seule molécule, mais très nocifs quand les molécules sont mélangées.
      Je n’aborde pas le problème des additifs, aussi toxiques que la molécule utilisée.
      Je regrette que les fondamentaux de l’agronomie est été retirés ou falsifiés dans l’enseignement agricole, pour aboutir à la destruction de la vie du sol.
      Effectivement les BIO utilisent des phytos que vous utilisez aussi, vous ne devriez pas cracher dans la soupe, sauf bien sûr si cette soupe est assaisonnée par vos grands groupes agrochimiques !
      Bien cordialement.

      1. @GINIBRE
        les firmes n’ont jamais dit que les pesticides n’étaient pas dangereux !!! n’affirmez pas des choses fausses SVP. Par contre, les firmes ont indiqué comment réduire les risques. De même le soleil est dangereux ( cancérigène, vous rend aveugle en quelques secondes etc… ) mais le risque est gérable ( lunettes de soleil, exposition limitée etc…) . idem l’électricité, la voiture et énormément de choses. Le raisonnement doit être basé sur le risque résiduel ( après la mise en place de mesures) et non sur le danger au départ.
        Évidemment que l’homme fait mieux que la nature!! c’est un FAIT, même si cela ne vous plaît pas et c’est pourquoi les pesticides de synthèse ont supplanté les pesticides naturels. Les pesticides naturels sont en général moins efficaces et plus toxiques pour l’homme et l’environnement car les plantes , les animaux, les insectes ont fabriqué au cours de dizaines de millions d’années quantité de substances toxiques pour survivre. Au contraire, l’homme sélectionne parmi des dizaines de milliers de molécules synthétisées celles qui offrent le meilleur compromis efficacité- nature. Pour la génétique si vous ne faîtes pas la différence entre une Aegilops  » naturelle  » ( 2 à 3 quintaux/ hectare) en étant gentil et le blé sélectionné par l’homme ( parfois plus de 100 quintaux) c’est que vous êtes dans le déni de la réalité. Si il y a des agriculteurs  » pauvres  » ce n’est pas la faute des firmes mais plutôt des politiques ( socialo communistes en particulier avec les SAFER, la bureaucratie, les atteintes à la liberté d’entreprendre, les prix faussés,les charges et impôts exorbitants pour engraisser l’état obèse etc) . Il y a aussi des agriculteurs très riches: posez vous la question de savoir pourquoi et de comprendre pourquoi l’état fait tout pour maintenir la pauvreté car cela fait des gens dépendants , asservis et manipulables.

        1. « le soleil est dangereux »
          .
          En effet !
          On ne peut le regarder fixement que deux fois : une fois de l’œil droit, une fois de l’œil gauche. 🙄
          Ceci dit… passé ce moment d’humour noir (qui vaut ce qu’il vaut), vu le notable déficit d’ensoleillement subis par nombre d’entre nous, depuis tant de jours, s’il daignait se montrer vraiment, ça nous ferait quand même le plus grand bien !

        2. Quid du cuivre et du labour sur la qualité des sols et la biodiversité de ces derniers?
          Quid des 20 litres de gasoil agricole par ha et par an sans filtre à particules que va entrainer l’abandon du glyphosate et le retour au labour dans des sols en pente, l’érosion du sol en sus?
          Je trouve la position de Stéphane Le Foll sur l’agriculture de conservation et ses copains les vers de terre toujours aussi intéressante comme son interpellation sur l’arrêt trop rapide du glyphosate….
          sachant que le caractère cancérigène du glyphosate est très discuté ( pas certain du tout) mais celui de particules et imbrulés du diesel ne fait l’objet d’aucune contestation (cancérigènes certains sans contestation même par les pétroliers qui proposent des solutions pour atténuer l’effet avec les motoristes)
          Habitant à la campagne je préfère voir mon voisin agriculteur traiter sa parcelle avec du glyphosate ( en l’absence de dérive) plutôt que labourer cette dernière et snifer à plein nez les émissions de diesel agricole cancérigène dont je suis sûr qu’elles sont nocives pour moi et ma famille, car cela est parfaitement prouvé.
          http://www.cancer-environnement.fr/395-Gaz-dechappement-des-moteurs-diesel-et-essence.ce.aspx
          Pour l’essence, la présence de benzène et son relargage dans l’atmosphère aurait dû conduire les toxicologues du CIRC à plus de … sérieux et de réalisme. Mais dans leur esprit ce devait être de l’essence brésilienne, composée essentiellement d’éthanol, éthanol qui est aussi cancérigène mais seulement par ingestion.

      2. interressant votre propos , seulement vous ne pouvez pas nier que c’est justement dans les pays utilisateurs de chimie ou la croissance économique , intelectuelle , sociale et l’espérance de durée de vie , ont été la plus forte et de loin . Ne plus utiliser de fongicides c’est assurément être certain qu’il y aura des morts a un moment ou l’autre . Cela peut être un choix , mais alors comment comprendre et interpreter le battage médiathique concernant LACTALIS ? Quand aux grands groupes agrochimiques , ils ne sont pas forcément plus méchant que les grands groupes commerciaux spécialistes du bio qui sont en train de se construire et qui ont bien compris qu’il y avait de l’argent a gagner .

  2. Comment un ministre de l’agriculture peut il dire des choses aussi imbéciles ?
    Il faudrait que les agriculteurs manifestent en masse pour virer un tel individu qui veut casser ce qui marche. Ce type n’est pas un allié de l’agriculture mais son fossoyeur.
    Et pourtant, il ‘ » sait  » que les phytos sont un facteur de rendement indispensable. Son véritable objectif est donc de casser ce qui marche en France , comme Macron d’ailleurs.Quand l’idéologie gauchiste ( détruire ce qui existe, faire table rase du passé pour aller vers l’avenir radieux avec un homme nouveau dans une société égalitaire ;;;; cela ne vous rappelle pas les bolcheviques avec leurs dizaines de millions de morts?) est au pouvoir la chute n’est pas bien loin.

  3. Il me semble que le problème se situer à un niveau beaucoup plus élevé.

    M. Travert ne fait que répercuter les instructions jupitériennes.

    Celui que les professionnels doivent faire atterrir dans la vraie vie s’appelle Emmanuel Macron. Et, s’agissant de l’agriculture — pas simplement des phytos — ça devient urgent.

    1. Un des problème, entre autres, vient du fait que ses « oreilles » agricoles , sont des éleveurs de race à viande , qui ne raisonnent qu’en terme de primes, subventions diverses plutôt qu’à développer des modèles productifs.

  4. On vient d’entendre le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation Stephane Travert ce jour mercredi 24 janvier 2018 sur France inter à 8h 15 au sujet du nouveau modèle de distribution de Carrefour, l’affaire Lactalis, les nouveaux modes de consommation…
    Il a été EXCELLENT! Il est resté en assez bonne phase avec les attentes des mouvements d’opinion dominants mais tout en conservant des propos sensés et mesurés.

    Sur le bio par exemple qu’il soutient comme on le sait pour un développement résolu mais raisonnable (prochaine étape à 10%), il défend le modèle en soulignant que les consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher parce que cela donne plus de travail au monde agricole i.e cela soutient l’emploi rural.

    Pas de propos infondé sur une supposée qualité sanitaire supérieure, même environnementale ( il connaît le coût écologique et sanitaire du cuivre très sous estimé par son collègue de l’environnement).

    Le reste de l’entretien a été tout aussi équilibré avec des réponses appropriées et d’une remarquable justesse.

    Dommage qu’il n’ait pas plus l’oreille des décideurs au plus haut niveau.

    1. je n’ai pas entendu mais en quoi a t il été  » excellent  » ? en terme de langue de bois ou de comm certainement mais en terme de vérité et d’action cela reste à démontrer.
      Est- ce raisonnable de vouloir 10 % de bio ? sur la base de quoi? pourquoi 1à et pas 8 ou 15 ou 50 ou même 90 puisque c’est si bien? Dire que les gens sont prêts à payer plus en sachant qu’ils sont bernés ( ils pensent avoir quelque chose de mieux pour leur santé..) n’est rien moins que de la manipulation. le bio ..  » donne plus de travail  » : dans ce cas le retour aux chevaux et à la binette serait encore mieux.Avec son raisonnement je comprends que ses collègues du gouvernement payent les voyous ( via RSA, logements sociaux, subventions …) car cela donne du travail ( réparations en tous genres, police, justice ….) .Sa compétence en agriculture est aussi nulle que sa compétence en économie. Ce ministre est dans la lignée des précédents pour  » déconstruire  » ( un mot que ses copains gauchistes aiment bien) notre agriculture.

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