Nouveaux doutes sur l’impartialité d’une étude sur les OGM au pays de Poutine

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En juin dernier, le Kremlin a déclaré envisager la création d’un comité chargé d’enquêter sur le premier alunissage, une provocation en réponse au rôle des Etats-Unis dans l’éclatement du Fifagate. Il apparaît clairement que le pouvoir russe, dans le bras de fer qui l’oppose aux Etats-Unis depuis le conflit ukrainien, est prêt à tout pour discréditer tout ce qui vient du pays de l’Oncle Sam. C’est le cas notamment des OGM. Dans un billet précédent (voir ici : https://alerte-environnement.fr/2014/11/26/facteur-ogm-nouvelle-offensive-russe-contre-les-ogm/), nous rappelions que les autorités russes ont multiplié ces derniers mois les offensives contre les OGM en réponse aux sanctions économiques occidentales. Or c’est dans ce contexte géopolitique tendu que se met en place en Russie une étude, baptisée Facteur OGM, « sur la toxicité à long terme d’un maïs GM résistant à un herbicide ». Coordonnée par l’association russe anti-OGM National Association for Genetic Safety (NAGS), cette étude est dotée d’un budget de 25 millions de dollars et devait démarrer au printemps 2015 pour durer 2 à 3 ans.

Les doutes qui planent sur l’impartialité de cette étude semblent se confirmer par le pedigree du premier membre du conseil public de Facteur OGM. Il s’agit du banquier d’affaires suisse Pascal Najadi, président fondateur de la société de merchant banking et de conseil stratégique Najadi & Partners Ltd. et membre du conseil de surveillance d’Eurosky Airlines AG. En effet, Pascal Najadi est un grand admirateur de Vladimir Poutine, affirmant pompeusement en 2013 : « Pour moi, il n’y a qu’un candidat évident pour le Prix Nobel de la Paix, le président Vladimir Poutine, le défenseur du monde à la gloire de la Fédération de Russie. » Depuis, le financier suisse a décidé de transférer une partie importante de son activité en Russie. Récemment, il a encore déclaré : « Le président russe Vladimir Poutine est un leader qui dirige, avec une grande force et un dévouement personnel, la Russie (…) dans la bonne direction, vers la prospérité durable à long terme et la paix. » Pascal Najadi ne manque jamais une occasion pour défendre ardemment le Kremlin face aux sanctions occidentales, expliquant notamment que « dans les relations internationales, il y a ce que l’on appelle le principe de réciprocité, qui vaut pour les avantages comme pour les sanctions ».

Dès lors, difficile de ne pas voir dans l’étude Facteur OGM un outil de propagande russe destiné à nuire l’image des Etats-Unis.

Sources
http://www.marianne.net/premiers-pas-homme-lune-russie-va-enqueter-100234797.html
http://factorgmo.com/fr/
http://factorgmo.com/un-banquier-daffaires-suisse-soutient-les-25-millions-de-du-projet-scientifique-du-facteur-ogm/
http://www.tdg.ch/monde/La-liste-noire-de-Moscou-est-une-reponse-mesuree/story/15873863
http://en.prnasia.com/story/112560-0.shtml
http://expert.ru/expert/2013/41/estafeta-bez-palochki/

10 commentaires sur “Nouveaux doutes sur l’impartialité d’une étude sur les OGM au pays de Poutine

  1. C’est un fait que Poutine est un acteur de paix bien plus qu’Obama qui est pourtant prix Nobel de la paix.Les USA ont crée le chaos dans bien des pays ( Irak,Lybie, Syrie…)avec des millions de morts à la clef.Ils sont à l’origine de AL Quaida et ont armé l’état islamique.Ils sont à l’origine du coup d’état de Kiev.Ils ont une responsabilité dans le massacre ethnique des Serbes …etc On pourrait allonger la liste de tous leurs méfaits. A l’opposé Poutine ne fait qu’essayer de défendre les intérêts de son pays. L’Europe ne solutionnera pas les conflits actuels en suivant aveuglément Obama. On a besoin de Poutine pour contenir le terrorisme islamique.De toute façon, les OGM ne sont objectivement pas la priorité n° 1 pour l’agriculture russe.Le comportement stupide et contre productif des occidentaux force POutine à être indépendant pour l’alimentaire.

  2. La mythologie de l’extrême droite sur la politique internationale. Autrement dit, comme d’habitude, la trahison et la collaboration avec les ennemis les plus acharnés de la démocratie, de l’Occident et de la France.

    1. Il n’y a ni mythologie ni extrême droite dans mon propos ( votre texte est manipulatoire et vise à discréditer mon message)mais simplement la recherche de faits.Pour cela je lis les arguments des uns et des autres et pas seulement le son de cloche de nos medias subventionnés à la solde du pouvoir.Du côté USA lisez par ex les articles publiés par les vétérans de la CIA, mais aussi Paul Craig Roberts et même Brezinski ( auteur du  » grand échiquier »)qui assume complètement la politique dominatrice US ( pour notre  » bien  » puisque les USA ont le meilleur système au monde )

      1. Je ne vois pas en quoi la défense des intérêts des Etats-unis par Paul Craig serait plus condamnable que les intérêtes de la Russie par Poutine.

        Le comportement de Poutine en Ukraine est inadmissible. En Tchétchénie aussi, même s’il se drape de la juste cause du combat contre l’extrêmisme islamiste

        1. heuh !non justement Paul Craig Roberts ne soutient pas du tout la politique étrangère américaine ( à la différence de Brezinshi et autres Wolfowitz…) et il en donne des arguments très convaincants .Aux US il y a les faucons mais aussi les colombes.On peut comprendre que les US défendent leurs intérêts ( à supposer que les guerres qu’ils génèrent partout soient payantes pour eux à long terme, ce que je ne pense pas) mais il est dramatique de constater que l’Europe ne défende pas les siens.Bien sûr il est difficile de résister au lobby énorme de la CIA et à ses $( Victoria Nulland s’est vantée d’avoir mis 5 milliards $ pour faire le coup d’état en Ukraine)mais un dirigeant ne devrait pas trahir son peuple.On peut critiquer Poutine mais il défend les intérêts de la Russie, lui.Je précise que j’aime les USA et son peuple ( j’adore leur professionnalisme, leur optimisme et leur capacité à avancer et à s’adapter, sans parler de la créativité et l’innovation) mais je n’aime pas la politique étrangère sanguinaire des faucons ( qui a fait mourir des millions de gens innocents depuis 20 ans).Les atlantistes à la BHL rêvent de l’effondrement de la Russie et de l’europe et ils sont des traitres et des criminels.

  3. Merci de nous rappeler cette magnifique opération.

    J’ai refait un petit tour sur factorgmo. Si j’ai bien compris, il n’y a rien de neuf.

  4. Après ces histoires de viande froide, humaine, retour à nos moutons, enfin plutôt Salers en plein Tarn.

    C’est beau, ces vaches et ces bœufs, c’est vachement beau, c’est même très beaubeau, enfin bobo, très bobo même.

    100% d’accord pour ce type d’élevage à cet endroit un coin vallonné du
    Tarn. Les images sont magnifiques, très beau, comme les vaches et leurs
    veaux mais le discours et les solutions sont à la con comme d’hab sur Télérama.
    On dirait du Yan Arthus Bertrand, belles images, commentaires conventionnels, fadasses, niais, entendus , souvent stupides .

    Des journalistes demeurés, comme d’hab, et un agriculteur poète et qui
    n’a rien compris au scénario.

    Si tous les éleveurs font du haut de gamme, comme la clientèle pour le
    haute de gamme n’est pas extensible, demain notre agri perd son marché car les autres consommateurs, ceux qui regardent le prix au kg, la grande majorité, achèteront du bœuf allemand ou italien.

    Par ailleurs, en termes de qualité, il aura du mal à s’aligner avec
    l’excellente viande argentine une fois passées les frontières de l’hexagone.

    L’agriculteur Philippe Roucan est dans un marché de niche.
    Bon Dieu… qu’il y reste , il ne faut surtout pas agrandir la niche,
    sinon son activité va disparaitre faute de prix rémunérateur.

    Il faudra lui expliquer qu’un prix correspond à un ratio entre demande
    solvable sur offre effective.
    Si l’on augmente l’offre, des vaches élevées dans ses conditions, le prix va baisser car la demande solvable ne va pas augmenter, les pays qui accèdent à la consommation de viande sont peu regardants sur l’origine et les belles photos associées n’ont qu’un impact faible .

    On continue dans les âneries version Télérama:
    « Et la COP21 ? Qu’attendre de cette conférence des Nations unies sur le
    changement climatique, à Paris, en décembre prochain ? Qu’elle torde le
    cou à ce système de concentration d’animaux hors-sol, déconnecté des
    cycles naturels, définitivement anachronique puisque le facteur
    écologique n’entre pas dans son équation ? » Bla, bla, bla…
    c’est très gentil mais stupide.

    Le pb pour Philippe Roucan sur le plan climatique est que l’élevage pose
    problème surtout par l’ammoniac dégagé, pas seulement problématique à
    cause du climat ( le NH3 est un GES puissant) mais plus encore pour enrichir l’atmosphère en microparticules en interaction avec d’autres composés chimiques simples.
    L’ammoniac est lié surtout à la matière organique animale, bon fertilisant mais dilué eet qui pose pb de ce point de vue entre autre.
    Les bons vieux engrais minéraux, depuis la fin du XIXème siècle quand
    même, sont eux la solution pour l’ammoniac.

    En outre l’élevage semi intensif pose moins de pb de dégagement d’ammoniac que l’élevage extensif, par animal et par KG de viande ou de lait produits. Ces calculs résultent de constats simples, précis et inattaquables, ils ne sont rigoureux et pas très poétiques,il est vrai.

    Reste effectivement la solution de laisser la production de viande et de
    lait aux allemands, aux espagnols et autres pays organisés…pour le
    remplacement par de la bouillie d’insectes dans les hamburgers français
    , ou la baisse de la consommation de viande forcée, avec un prix
    plus élevé… faut pas prendre les français, même les citadins, pour des
    complets demeurés.

    Et l’on garde le meilleur pour la fin « la presse spécialisée, les dîners
    en ville : notre régime carné détraque le climat. Et pas qu’un peu ! «
    Lorsqu’une famille de quatre personnes mange un steak, lit-on par exemple
    dans La Vérité sur la viande, un ouvrage collectif réunissant une
    vingtaine de scientifiques, politiques et journalistes ¬spécialisés (1),
    cela équivaut à peu près en termes d’énergie à conduire une voiture
    pendant trois heures en laissant toutes les lumières allumées chez soi.
    »
    Très bien, on interdit aux citadins de partir en WE car ils dépassent
    largement l’équivalent des trois heures, surtout avec les bouchons pour
    partir et revenir.

    On parlera des voyages en avion au sud Maroc ou aux Antilles un prochaine fois.

  5. Le post précédent a tout à voir avec le document de Télérama sur les vaches Salers qui suit , le post n’était pas passé suite aux activités trolls .

    1. Je rajoute le mien, qui n’est peut-être pas passé non plus :

      Le beau biau de Télerama, sauf erreur, a une empreinte carbone bien supérieure à celle du bon boeuf que les bons beaux bobos bios dénigrent comme issu de l’agriculture « productiviste », polluante, et indigne de leurs délicats estomacs.

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