Une vision du monde catastrophiste

S’inscrivant parfaitement dans la pensée malthusienne écologiste, Philippe Desbrosses estime que la Terre ne peut pas supporter que les pays en voie de développement accèdent tous à notre niveau de vie. Il écrit : « Que sera-ce avec 6 ou 10 milliards de Terriens aspirant tous au même niveau de vie ? » Et de répondre : « Le vertige me prend de penser que, demain, 2 milliards de Chinois pourraient exiger d’avoir leur douche et leur WC individuels à la maison. Toutes les eaux du Tibet et de la Chine réunies ne suffiraient pas à approvisionner cette masse de consommation terrifiante. » Dès qu’il en a l’occasion, le président d’Intelligence Verte exprime sa vision apocalyptique du monde, n’hésitant pas à citer par exemple Pierre Rabhi quand celui-ci affirme que « chaque fois que trois hommes décollent à 28.000 km/h vers la lune, ils font décoller par spoliation programmée des millions d’hommes vers la mort ». Philippe Desbrosses tente ainsi de marquer les esprits, voire de les terroriser, avec des images choquantes comme en prédisant que notre société deviendra bientôt cannibale : « Comme l’espace n’est plus gratuit et que l’intensification atteint ses limites (rendements décroissants), “l’homme du progrès scientifique” a inauguré une nouvelle ère : celle du cannibalisme. Elle commence par les animaux et, bientôt, elle se poursuivra avec les hommes, comme dans le film prémonitoire, tourné il y a 25 ans, Soleil vert, où les cadavres humains étaient recyclés pour la nourriture des vivants. »

Toutes ces réflexions excessives et provocantes visent à justifier une adhésion aveugle aux contraintes prônées par les écologistes. Et Philippe Desbrosses menace, soit on adopte ces mesures écologiques de façon démocratique, soit cette situation catastrophique nous forcera à l’imposer de façon autoritaire : « 2007, c’est peut-être notre dernier grand rendez-vous démocratique », avant qu’on ne « nous impose l’écologie de manière dictatoriale, parce qu’on ne pourra pas faire autrement. »

S’interrogeant sur « l’incompatibilité éventuelle entre science et démocratie », Philippe Desbrosses succombe quelquefois à la vision paranoïaque des conspirationnistes. Ainsi, il lance une sorte d’appel solennel : « Il apparaît urgent pour les citoyens de se réapproprier leurs droits et la maîtrise du sens et de la qualité de leur vie, de créer des groupes de résistance et des réseaux de défense pour se protéger des délires et des dérives des puissances occultes qui influencent les choix politiques dans le monde par leur emprise sur les gouvernements. » Cependant, il reste relativement optimiste : « Bien sûr, je crois au triomphe des forces de l’esprit et de l’intelligence qui auront raison de cet obscurantisme moderne, mais épargnons-nous des souffrances inutiles générées par nos attitudes complaisantes, pour ne pas dire complices, avec le mensonge institutionnel. »

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