Le bon vieux temps ?

Guy Kastler affiche de temps à autre une certaine nostalgie pour le bon vieux temps : « Avec du recul, depuis 200 ans, on peut dire que les hommes avaient une nourriture parfois insuffisante mais diversifiée, comportant tous les micro-organismes qui permettent de digérer, et de limiter les carences. On est ainsi passé d’une culture très diversifiée à une culture abondante mais de plus en plus uniforme. » On peut toutefois s’interroger sur la diversité de la nourriture dans la France du XIXème siècle. D’autant plus qu’à l’époque il fallait se contenter des produits disponibles à proximité… comme ce que réclame aujourd’hui Guy Kastler. Il veut en effet « la proximité aux niveaux commercialisation et approvisionnement », « un petit paysan péri-urbain qui vend à ses voisins » et éviter au maximum les transports. On devrait donc, selon lui, comme il y a 200 ans, se satisfaire d’une orange à Noël (alors que c’est aujourd’hui le deuxième fruit le plus consommé après la pomme), manger des tomates qu’en été et faire l’impasse sur les produits d’importation comme l’avocat, la banane, le kiwi et bien d’autres. Dans cette logique, les gens du Nord devraient évidemment se priver des fruits et légumes du Sud afin de limiter les transports… De plus, le militant de la Confédération paysanne, qui répète à tout va que l’agriculture conventionnelle a un impact dévastateur sur la santé, oublie de dire que de 1900 à 2000, l’espérance de vie en France (moyenne hommes et femmes) est passée de 40 à 78 ans.

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