Supprimer l’agriculture « productiviste », les OGM et les pesticides

La démarche de Guy Kastler est pour le moins sectaire puisque celui-ci n’imagine pas la possibilité de la coexistence entre différents modes de production. Il propose ainsi de mettre un terme à « l’agriculture productiviste », « en arrêtant de subventionner cette agriculture toxique, en lui demandant de payer ses dégâts écologiques, sociaux ou sur la santé, et en rendant la terre aux paysans pour développer les agricultures biologiques et paysannes. » Idem en ce qui concerne les pesticides. Considérant que « les pesticides ne sont pas un mal nécessaire qu’il faut maîtriser ; ils sont totalement inutiles », il déclare fort logiquement « qu’il ne sert à rien de concentrer la dose à l’hectare pour créer l’illusion d’une réduction de leur utilisation : il faut les supprimer. » Evidemment, tout cela ne laisse pas beaucoup de place à la discussion…

Quant aux OGM, le militant de la Confédération paysanne ne fait pas non plus dans la dentelle, parlant de « projet diabolique », de « guerre de tous contre tous » ou encore les qualifiant de « totalitaires ». C’est ainsi qu’en 2005, il donnait un mot d’ordre : « Faucher les OGM. », et qu’en février 2007, il annonçait l’objectif à atteindre : « Un moratoire définitif européen et même mondial de l’ensemble des cultures transgéniques. » Moratoire définitif, en français, cela veut dire interdiction. Afin de prouver que ses inquiétudes ne reposent pas seulement sur ses convictions idéologiques mais aussi sur des faits scientifiques, il s’improvise expert en toxicologie en écrivant en 2004, avec le pharmacien-écologue et militant anti-OGM Lilian Ceballos, un livre au titre évocateur : OGM, sécurité, santé – Ce que la science révèle et qu’on ne nous dit pas. Dans l’introduction, les auteurs expliquent que ce « texte offre d’abord une revue la plus exhaustive possible des publications scientifiques menées dans des institutions publiques ainsi que des travaux de groupes d’experts indépendants sur les OGM. » Et comme groupe d’experts indépendants, Guy Kastler cite deux organismes britanniques : l’Independent Science Panel (ISP) et l’Institute of Science in Society (ISIS). Toutefois, cette indépendance n’est que de façade, surtout quand on sait que parmi les membres de l’ISP, on trouve le milliardaire britannique Teddy Goldsmith et Peter Bunyard, tous deux fondateurs du magazine malthusien et radical The Ecologist, et que la présidente de l’ISIS, Mae-Wan Ho, aussi membre de l’ISP, est depuis 1999 conseillère de la rédaction de The Ecologist. Décidément, le terme « indépendant » semble bien être devenu, pour certains, synonyme de « écologiste » !


email