président de Générations Futures  (ex MDRGF) et militant anti-pesticide

Parmi les participants au fameux Grenelle de l’environnement, on trouve François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), seule association française dédiée presque exclusivement à la lutte contre les produits phytosanitaires. Comme il l’annonce sur sont site, « le MDRGF est représenté dans les groupes de travail interne de l’Alliance pour la Planète travaillant sur les thèmes 3 et 4 » (respectivement « Instaurer un environnement respectueux de la santé » et « Agriculture, distribution : favoriser des modes de production et de consommation durables »), précisant que « F. Veillerette est négociateur et coordinateur dans le processus officiel de négociation dans l’atelier “Santé-environnement” où nous sommes force de proposition et nous participons activement aux travaux de l’atelier 4, sur les questions d’agriculture durable, afin de préparer la plate-forme de propositions de l’Alliance ». Voici donc le président du MDRGF propulsé « expert ès pesticides et santé publique » ! Il est vrai que lorsqu’on effectue une recherche sur Internet au sujet des pesticides, il est difficile de ne pas tomber sur un des nombreux sites créés et animés par François Veillerette. De même, quand certains médias s’emparent de la question des pesticides, il est rare qu’ils ne recueillent pas son avis. Mais au-delà de tout cela et si l’on y regarde de plus près, pas grand-chose ne justifie son statut de « spécialiste » sur la question.

D’abord, François Veillerette est avant tout un militant écologiste n’ayant de formation ni dans le domaine scientifique ni en agronomie. En fait, en parallèle à son activité de « coordonnateur de vie scolaire » dans l’Oise, François Veillerette militait au sein du MDRGF, alors simple association écologiste locale, ainsi qu’à Greenpeace. Ce n’est que tout récemment qu’il s’est engagé dans la lutte contre les pesticides, au début des années 2000, grâce au soutien de ses amis de Greenpeace ainsi qu’à l’aide apportée par l’association internationale écologiste antipesticides – Pesticide Action Network (PAN) – dont il est devenu le représentant en France. C’est ainsi qu’en 2002 François Veillerette est élu président du conseil d’administration de Greenpeace France et sort son livre intitulé Pesticides, le piège se referme (Terre Vivante). Avec cet ouvrage plutôt technique et austère, François Veillerette veut se donner une image d’autorité sérieuse sur les pesticides, « s’appuyant sur plus de trois cents références scientifiques ». Néanmoins, le livre ressemble davantage à la compilation d’informations fournies par Greenpeace, PAN et d’autres associations écologistes, plutôt qu’à une analyse personnelle de François Veillerette des 300 études en question.

D’autre part, le MDRGF n’est en rien représentatif, contrairement à d’autres ONG. Elle compte principalement deux activistes, François Veillerette et sa collaboratrice Nadine Lauverjat, une poignée de militants et, au grand maximum, 400 adhérents. Pour s’assurer une certaine légitimité et se donner un poids qu’il n’a pas, le MDRGF a d’une part tissé des liens étroits avec différentes associations écologistes, comme PAN, Intelligence Verte ou encore la revue L’Ecologiste, et d’autre part collaboré à différents collectifs comme Objectif Bio, Alerte OGM et L’Alliance pour la planète. François Veillerette a lui-même créé son propre collectif en 2004 – l’Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides (ACAP) – réunissant 125 associations contre les pesticides.

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