Le petit Nicolas, maître de Médialand, avait des doutes sur les OGM. « La vérité est que nous avons des doutes sur l’intérêt actuel des OGM pesticides ; la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de la dissémination des OGM ; la vérité est que nous avons des doutes sur les bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM », avait-il déclaré très doctement le 25 octobre 2007, en clôture de la grand-messe de l’angoisse à laquelle avaient été conviés de petits lutins verts appartenant à la tribu de l’Apocalypse. Ensemble, ils avaient exprimé leur mal-être : peur des changements climatiques, peur pour la biodiversité, peur pour la santé, peur de la fin du pétrole…

Pourtant, jusqu’alors, le petit Nicolas était plutôt connu pour être courageux, entreprenant et audacieux. Mais voilà que depuis quelque temps, rôdaient dans son grand château des fées maléfiques. Un jour, l’une d’entre elles, Nathalie Ki Manipule, lui apporta un grand bol de décroissance-à-la-confiture-verte, une spécialité concoctée par Jean-Louis Borlevin de la Bonne Bouteille, un troll découvert dans le Nord du Royaume.

Plus tard, NKM lui présenta son ami Jean-François LeGrandouteux, qui avait promis de l’aider à transformer les doutes naissants de Sa Majesté en « angoisse scientifique ». Une vraie angoisse, bien solide, durable. Une angoisse de portée internationale, que Sa Majesté pourrait même exhiber, à l’occasion, à Bruxelles. Pour être plus crédible, LeGrandouteux réunit donc quelques experts, qu’il tenta de convertir en adeptes de Trofim Denissovitch Lyssenko, un scientifique russe qui a paralysé la biologie et l’agronomie soviétiques pendant près de trente ans.

Cependant, les experts ne rédigèrent qu’un catalogue à la Prévert, recensant quelques banals titres d’études récemment publiées et déjà largement commentées. Pas de quoi permettre au Grandouteux d’apporter sur un plateau les paroles censées conforter Sa Majesté dans ses doutes. Heureusement que la malicieuse NKM était là. D’un coup de sa baguette magique, elle fit surgir du texte des mots qui n’y figuraient pas. « Formidable ! », s’exclama alors LeGrandouteux, « je vais enfin pouvoir réjouir Sa Majesté ». Du coup, tout le monde se mit à la fête, notamment la fée Roselyne, très excitée, qui courait partout en criant « moi aussi, j’ai des doutes, moi aussi » ! Roselyne connaissait bien ce rôle : elle l’avait déjà joué en bien d’autres occasions. A la suite de cet événement, toute la presse de Médialand serina : « On a des doutes scientifiques ». « J’ai des doutes, tu as des doutes, il a des doutes, nous… ». Durant quelques jours, tout le royaume fut atteint de douterie généralisée. A la grande satisfaction du Moustachu de la Décroissance, un diablotin très copain avec NKM (bisou, bisou). Le moustachu, qui avait boudé la grand-messe de l’angoisse car elle n’était pas assez décroissante à son goût, était aux anges. « Vous voyez, j’avais des doutes et j’avais bien raison. Je suis un grand héros. Le héros de l’angoisse », clama-t-il urbi et orbi, tout en préparant une grande ripaille en l’honneur de sa sobriété.

Voyant le petit Nicolas lui aussi menacé par la maladie, le très discret docteur Bernard LaRaison, gardien du Temple de la Nation, se précipita à son secours : « Votre Majesté ! Le pays est en péril. Vous avez été empoisonné ! ». « En effet, j’ai très mal au ventre », confirma le petit Nicolas. « Je vais vous soigner, mais il faut me promettre de ne plus manger de la confiture verte de NKM. Ce n’est pas bon pour votre croissance », lui expliqua le docteur LaRaison. « Promis. Plus jamais on ne m’y reprendra », jura le petit Nicolas, qui reprit gaiement son chemin vers la croissance durable.

Morale de l’histoire :

ce n’est pas parce que la confiture est verte

qu’elle n’est pas toxique !

Source non officielle : Association Histoire et vérité

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