Coquille vide ?

Dès le départ, Objectif Bio a été conçu pour peser dans les débats pendant les élections. Jusqu’à présent, il semble que le collectif n’ait pas vraiment été efficace. A part une quarantaine de conférences-débats organisés en province depuis 2005, quelques documents mis sur leur site Internet comme « Bio et Santé » ou « Bio et Environnement » et un questionnaire envoyé aux élus en octobre 2006, il n’y a pas eu beaucoup d’actions. Et même le questionnaire aux élus n’a pas connu un grand succès avec seulement 29 réponses alors qu’il avait été envoyé à tous les députés, sénateurs, députés européens, conseils généraux et régionaux, maires des grandes villes. Il faut dire que, assez bizarrement, ce questionnaire était fourni avec des annexes destinées à influencer les réponses ! Ainsi, il était demandé à l’élu s’il voulait réduire l’utilisation des pesticides et, en annexe, il était expliqué que « grâce aux nombreuses études épidémiologiques et toxicologiques, on mesure aujourd’hui les conséquences négatives des produits phytosanitaires sur la santé et l’environnement. La réduction de l’utilisation des pesticides de synthèse doit donc devenir une priorité de santé publique ». Ou encore il était demandé la position de l’élu en ce qui concerne les OGM et il était affirmé en annexe qu’il « est aujourd’hui avéré que la coexistence entre agriculture transgénique et autres formes d’agriculture est impossible ».

Quant aux trois commissions prévues au départ ainsi que les trois projets de livres, tout cela semble être tombé à l’eau. Il semblerait bien aussi que le collectif ne représente plus grand-chose, à part Maria Pelletier qui intervient ici ou là au nom d’Objectif Bio, mais toujours dans le cadre de L’Alliance pour la planète. En effet, leur dernière réunion remonte à mars 2007 et leur dernier communiqué à juin 2007 ; et depuis plus rien. En outre, l’association n’a plus de bureaux, ni de permanents. Alors, est-ce une coquille vide ? Dans tous les cas, une chose est sûre : Objectif Bio va bientôt disparaître puisqu’il est spécifié, dans les statuts, que l’association est établie « pour une durée déterminée qui prendra fin dans les deux mois qui suivront les dernières élections françaises 2008 (municipales, cantonales chambres d’agriculture) ».

Il reste, pour conclure, que l’on peut s’interroger sur la légitimité de la présence de cette association moribonde et non représentative au Grenelle de l’environnement.

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