Côté face radicale d’Objectif Bio

On ne peut être qu’inquiet quand on voit les autres fondateurs d’Objectif Bio. En effet, Philippe Desbrosses, à l’origine de cette initiative, n’hésite pas à prédire le retour du cannibalisme dans notre société : « Comme l’espace n’est plus gratuit et que l’intensification atteint ses limites (rendements décroissants), “l’homme du progrès scientifique” a inauguré une nouvelle ère : celle du cannibalisme. Elle commence par les animaux et, bientôt, elle se poursuivra avec les hommes, comme dans le film prémonitoire, tourné il y a 25 ans, Soleil vert, où les cadavres humains étaient recyclés pour la nourriture des vivants. » François Veillerette, président du MDRGF, ne fait pas non plus dans la dentelle quand il associe, dans un de ses livres, les fabricants de pesticides aux bourreaux nazis : « Les nazis ont inventé la “solution finale” pour éviter l’emploi du mot “génocide”, pour interdire au sang de couler sur leur face. Certes, les fabricants de pesticides ne méritent pas d’être comparés à ces bourreaux essentiels. Mais sont-ils pour autant innocents ? Peuvent-ils se laver les mains tranquillement ? Ont-ils le droit moral de se regarder le soir dans une glace sans voir les détails vrais, indiscutables, de l’histoire qu’ils ont forgée ? » En outre, le « Monsieur Antipesticides » français est un collaborateur régulier de la revue radicale L’Ecologiste, fondée par Teddy Goldsmith et prônant la décroissance ainsi que la relocalisation de l’économie. De même, Guy Kastler, de Nature & Progrès, est un partisan de la décroissance en agriculture et quand celui-ci se fait le défenseur de l’agriculture bio, il ne s’agit « pas d’une bio « industrielle », porteuse des mêmes effets pervers que l’agriculture dont elle se veut l’alternative ». En effet, Guy Kastler considère qu’il existe une « incompatibilité de la bio avec le système économique mortifère actuel » et qu’il faut privilégier « l’échange et le commerce de proximité », car « il n’y a pas d’autonomie possible si on travaille sur le marché mondial ». Enfin, que dire de Jean-Michel Florin, président du Mouvement de Culture Biodynamique, si ce n’est qu’il est un adepte du penseur ésotérique Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie et de l’agriculture biodynamique. Là, il n’est plus seulement question de défendre la bio pour des raisons économiques ou environnementales, mais pour des raisons d’ordre spirituel. Car pour Steiner, la culture des plantes ou l’élevage des animaux dépendent des forces astrales de la Lune et des autres planètes. Entre autres délires, Steiner affirme que « la lumière reflétée par la lune développe son maximum d’efficacité lorsqu’elle tombe sur l’arrière-train de la bête » et que « si vos abricots ou vos prunes ont un goût délicat, ce goût leur vient, comme aux fleurs la couleur, de l’élément cosmique qui est monté jusque dans le fruit. Dans une pomme c’est effectivement Jupiter que vous mangez, dans une prune c’est Saturne. »

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