Les Amis de la Terre, aujourd’hui, en France

En France, les Amis de la Terre reconnaissent eux-mêmes avoir eu une « baisse de régime » et affirment avoir « été relancés en 1998 ». Avec actuellement 25 groupes locaux, l’association ne comptait que 958 adhérents en 2001. Cette base d’adhérent relativement faible, les Amis de la Terre la compensent en s’alliant à d’autres associations et collectifs, car la branche française de l’association est rarement moteur dans une initiative et se fait le plus souvent le relais des campagnes des FOE International. Il est d’ailleurs symptomatique qu’au sein du Grenelle de l’environnement, il n’y a que deux représentants des Amis de la Terre, dont l’un, Guy Kastler, est un militant de la Confédération paysanne qui n’a jamais occupé de poste de responsabilité au sein de l’association écologiste. En outre, les Amis de la Terre n’ont plus, comme par le passé, de figures emblématiques comme Brice Lalonde ou d’autres. Anne Bringault, dirigeante de l’association, est en effet beaucoup plus discrète que des responsables de Greenpeace (comme Yannick Jadot ou Arnaud Apoteker) ou d’autres associations plus petites (comme François Veillerette ou Dominique Belpomme).

Les Amis de la Terre sont ainsi membre fondateur d’ATTAC (l’association de lutte contre la spéculation financière) et font partie des réseaux Sortir du nucléaire et Réseau Action Climat (RAC), du Centre de recherche et d’information sur le développement (CRID) et, depuis 2006, du collectif L’Alliance pour la planète. L’association a également participé aux travaux et réflexions du Réseau pour une agriculture et une alimentation durables, inventives et solidaires (RAADIS), qui rassemble des organisations professionnelles agricoles, des associations de consommateurs, des associations de solidarité internationale et des associations de protection de l’environnement. Le RAADIS promeut entre autres « le droit à la souveraineté alimentaire et le respect des agricultures paysannes ». Les Amis de la Terre se disent aussi avoir été très actifs dans la campagne sur « la production, l’utilisation et l’échange de produits d’origine naturelle comme le purin d’ortie » et ont participé à la création du collectif « Ortie et compagnie ».

Outre ses campagnes sur le changement climatique ou sur les modes de consommation durable, les Amis de la Terre sont très impliqués, depuis 1997, dans une campagne sur les critères sociaux et environnementaux chez les acteurs financiers et une autre sur la consommation de bois tropical. Rappelons que les FOE sont membres fondateurs, avec le WWF et Greenpeace, du Forest Stewardship Council (FSC) en 1993, un organisme d’écocertification du bois. (Voir à ce sujet « Le business des labels : le cas de la protection des forêts tropicales » dans notre dossier WWF.) La campagne concernant la protection des forêts tropicales a été renforcée avec un nouvel angle d’attaque de la part des Amis de la Terre : la dénonciation des biocarburants. Pour l’association écologiste, les orangs-outans sont en effet menacés en raison de la déforestation, elle-même aggravée par le développement des biocarburants. Enfin, les Amis de la Terre sont présents sur le front des OGM (bien qu’en 2004, cette campagne ne représentait que 6% de leur budget). Ils ont par exemple participé, fin 2006, à la préparation des Etats Généraux d’Orléans « Pour un printemps sans OGM » afin de demander le moratoire sur le maïs MON 810 en 2007, Etats Généraux réunissant aussi bien la Confédération paysanne, Greenpeace, les collectifs anti-OGM, les associations anti-OGM comme Inf’OGM et les Faucheurs Volontaires. L’association écologiste a récemment participé à la création d’Alerte OGM dont le but est de répertorier les responsabilités des futures contaminations liées aux cultures en plein champ et les conséquences sanitaires de leur introduction dans la chaîne alimentaire.

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