Greenpeace roule pour qui ?

Certains ont vu dans Greenpeace la main du KGB, les comparant à la pastèque – vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur. Et il est indéniable que, dans les années 80, le pouvoir soviétique a soutenu et encouragé l’association écologiste, surtout quand elle dénonçait davantage les missiles à l’Ouest qu’à l’Est. D’autres observateurs, on cru déceler la main de la CIA. En 1991, par exemple, le journaliste autrichien Michael Knessler écrivait que David McTaggart « n’a pas réussi à démentir de façon convaincante les accusations venant de sources françaises selon lesquelles il avait travaillé pour le compte de fonctionnaires américains dans une mission secrète en Amérique latine ». Certains anciens de Greenpeace ont même prétendu que l’association avait reçu 100.000 dollars en 1979 de la CIA pour tester les défenses soviétiques sous prétexte de protestation contre la pêche à la baleine. D’autres enfin y voient simplement une grosse machine opportuniste dont l’un des objectifs principaux est de faire de l’argent.

S’il est difficile de trancher sur cette question (peut-être il y a un peu de vrai dans toutes ces affirmations), il est par contre clair que Greenpeace a contribué depuis sa création à populariser les idées écologistes radicales. Pour Nadège Fréour, Greenpeace participe en effet de cet « écologisme radical », expliquant que « le concept de “développement durable” (…) ne trouve pas (…) grâce aux yeux des membres de Greenpeace ». Et elle ajoute : « Dans une perspective proprement écologiste, ces derniers défendent, en effet, l’idée d’une

décroissance, qui représenterait la seule solution pour préserver une planète dont les ressources sont limitées et surexploitées. » D’ailleurs, l’association écologiste brandit constamment l’empreinte écologique et défend, à l’instar du WWF, un discours malthusien affirmant que « les 10 milliards d’habitants que la planète comptera en 2020 ne pourront pas tous vivre comme des américains ou comme des européens ».