Après avoir fait parler d’elle à l’occasion du Grenelle de l’Environnement, l’association Terre d’Abeilles revient à la charge avec une nouvelle campagne de publicité dans la presse nationale et notamment une pleine page couleur dans Les Echos de ce jour. Comme le mois dernier, cette publicité est une lettre au Président de la République. Selon Terre d’Abeilles (et le groupe Léa Nature qui finance cette très coûteuse campagne publicitaire) les décisions du Grenelle sont « un signal politique fort donné à la vie, à la santé, au bon sens, à l’économie éthique face au business sans état d’âme ». On peut s’étonner ce curieux manichéisme qui amalgame la vie, la santé, le bon sens (sic !) et l’économie éthique et l’oppose frontalement au « business sans état d’âme ». Il y aurait donc les très méchants et les très gentils ! C’est en effet une vision gentillette et les lecteurs des Echos vont sans doute apprécier ce message agressif et trop simpliste.

Un peu plus loin, on apprend que « la dissémination OGM (et non pas les OGM en tant que tels ?) est la plus pernicieuse des atteintes à la biodiversité et à la propriété privée ». Il faut oser prétendre défendre simultanément la propriété privés tout en s’abstenant de condamner les fauchages.

La phrase suivante ne manque pas non plus de sel. « Cultiver ou consommer bio doit rester un droit inaliénable (personne ne le conteste !) qui garantit noter liberté et notre santé ». Alors là, on peut s’interroger longtemps pour trouver le lien entre le bio, le droit inaliénable au bio, la liberté et la santé.

Enfin, au beau milieu de cette lettre sans queue ni tête où tout se mélange, il est tout de même question des abeilles « qui continuent de mourir massivement en ce moment même ». Voilà un discours qui tranche avec les prises de position de certains syndicats apicoles selon qui les seuls responsables des surmortalités d’abeilles sont dues à l’utilisation du Gaucho et du Régent. Et comme ces deux produits ne sont plus utilisés, ces syndicats apicoles sont condamnés à expliquer que désormais la situation s’améliore et que le retrait du Gaucho et du Régent a permis de sauver les abeilles. Si comme l’explique l’association Terre d’Abeilles dans sa campagne de communication tout frais payés par le Groupe Léa Nature, les abeilles continuent de mourir, c’est donc qu’il y a d’autres causes aux surmortalités d’abeilles que les produits phytoparmaceutiques : noséma, varroa, virus, carences alimentaires liés à la perte de biodiversité en France. On attend maintenant la réaction des syndicats apicoles…

terre-dabeilles.JPG

Texte complet de la lettre au Président de la République

Le temps presse !


Monsieur le Président,

Vous avez fait un choix responsable et visionnaire. Bravo !

Mais 10 ans pour agir, c’est trop long.

Vos décisions, lors du Grenelle de l’Environnement, marquent l’engagement exemplaire de la France pour une nouvelle dynamique mondiale durable. C’est un signal politique fort donné à la vie, à la santé, au bon sens, à l’économie éthique face au business sans état d’âme. Mais les abeilles continuent de mourir massivement en ce moment même. Aussi, n’attendons pas 10 ans pour supprimer les 50 pesticides les plus toxiques. Refusons courageusement, comme vous le faites avec noter clause de sauvegarde, la dissémination OGM, car elle est la plus pernicieuse des atteintes à la biodiversité et à la propriété privée. Cultiver ou consommer bio doit rester un droit inaliénable qui garantit notre liberté et noter santé. N’attendez pas, Monsieur le Président, le temps presse !

Nous vous demandons le retrait immédiat et définitif de tous les pesticides neurotoxiques et systémiques, l’arrêt définitif des expérimentations et des autorisations d’OGM en plein champ, l’intégration systématique de spécialistes de l’abeille au sein des comités d’expertise chargés de l’évaluation des OGM et des pesticides, le développement soutenu de l’agriculture biologique et de l’apiculture, l’application préalable de la protection de la biodiversité dans la politique agricole.

email