Afin d’éviter ces pénuries, les auteurs préconisent de stabiliser la population à son taux de remplacement, et de l’adapter aux capacités locales de production agricole. Pour l’Angleterre, ils affirment : « Comme elle paraît hors d’état de nourrir plus de la moitié de sa population actuelle, elle devrait se donner comme objectif, pour les 150 ou 200 années à venir, un chiffre ne dépassant pas 30 millions (en 1972, l’Angleterre compte 52 millions d’habitants). » En ce qui concerne le monde, ils estiment que la population maximale « ne peut guère dépasser 3500 millions d’habitants, et que (la charge utile de la Terre) est probablement très inférieure à ce chiffre ». Cet ouvrage met en avant une série de propositions radicales pour changer la société, dont une politique ambitieuse destinée à diminuer la taille de la population grâce à la création d’un « service national de la population » afin de promouvoir la contraception, l’avortement et la stérilisation. Ils proposent aussi la mise en place d’une structure communautaire pour faire accepter plus facilement les contraintes imposées par les limites écologistes, car, selon eux, « dans une société hétérogène et centralisée comme la nôtre, les contraintes de la stabilisation, pour être efficaces, apparaîtraient comme des mesures de coercition extérieure. » L’avantage des communautés réduites réside dans un contrôle social plus fort : « Ayant pris conscience des limites de l’état stationnaire, chacun serait libre, dans ces limites, d’organiser sa vie à sa guise; les contraintes seraient alors acceptées comme nécessaires et souhaitables, et non comme des mesures répressives imposées par un gouvernement lointain et sans visage. » Enfin, concernant les pays du tiers-monde, les auteurs pensent qu’il est encore temps de bloquer une politique de développement: « Mais dans beaucoup de pays non développés, où l’érosion des campagnes vers les villes est relativement récente, il y a de très bonnes chances de la bloquer, notamment en renonçant à des projets démesurés d’industrialisation au profit du développement de technologies adaptées à l’échelle du village. » Changer ou disparaître connaîtra un grand succès et servira de plate-forme au premier parti écologiste au monde – le Green Party britannique.

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