La décroissance selon Guy Kastler

Grâce à José Bové et à Guy Kastler, chargé de mission de Nature & Progrès et président du Réseau semences paysannes, la décroissance est également devenue une question agricole. Dans le numéro de novembre-décembre 2005 de Nature & Progrès, consacré à l’économie et l’écologie, Guy Kastler livre ses réflexions sur ce qu’il appelle désormais « la décroissance en agriculture ». Ce militant de longue date à la Confédération paysanne propose de revenir à des « pratiques culturales et d’élevage saines économiquement et écologiquement, tournant le dos à l’industrialisation ». Il s’agit de privilégier « l’échange et le commerce de proximité », car « il n’y a pas d’autonomie possible si on travaille sur le marché mondial ».

Guy Kastler veut ainsi « remettre en grand nombre des femmes et des hommes dans les champs ». « Il ne manque pas en France de chômeurs qui ne demandent qu’à avoir accès aux terres en friches pour vivre », affirme-t-il. Selon lui, la décroissance, « dans un pays comme la France, cela veut dire redistribuer des terres à plusieurs millions de familles ! » Visiblement, entre Mao et Kastler, le bond n’est pas très grand… Interrogé sur les actions à mener pour faire avancer son combat, le militant de Nature & Progrès propose de « faucher les OGM et faire sa semence ». Aux yeux de Guy Kastler et de José Bové, les OGM représentent en effet « ce qui est peut-être le plus symbolique du culte scientiste ». Pour l’ex-leader de la Conf’, autre adepte de la décroissance, le combat « des faucheurs volontaires contre les OGM et la résistance qui s’intensifie contre les firmes qui veulent imposer le Gaucho et le Régent » s’inscrivent dans son engagement pour « défaire le productivisme ».

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