A priori, il y a de grandes divergences entre José Bové, le médiatique faucheur d’OGM et occasionnel éleveur de brebis dans le Larzac, et Nicolas Hulot, le médiatique animateur de TF1.

D’un côté, un militant radical, prônant la décroissance, de l’autre, un militant modéré, prônant le développement durable. Pourtant, à y regarder de plus près, Nicolas Hulot semble n’être qu’une version « light » de Bové. Il est en effet frappant que tous deux partent du même postulat : les ressources de la planète sont limitées et la société industrielle produit au-delà de la capacité de la Terre. José Bové déclare en effet : « L’important est de bien montrer que, aussi bien du point de vue économique, social ou environnemental, notre modèle est à bout de souffle. Et que la planète ne pourra pas supporter ce modèle pour les générations futures. Il faudrait quatre planètes si l’on veut que tous les habitants de la Terre aient le niveau de vie des Européens. »

Pour sa part, Nicolas Hulot affirme : « A cause de notre démographie et de notre technologie, nous n’exploitons plus nos ressources à la même échelle. La demande est plus forte que l’offre et la capacité de régénération de la Terre a été largement franchie dans les années 80. » Et d’ajouter : « Dans notre système, une croissance à deux chiffres est une bonne nouvelle alors que c’est la pire des choses pour l’écologie. Notre société est condamnée à faire mieux avec moins. » Mais d’où vient ce postulat écologiste, fondement même de la théorie de la décroissance ? Pour répondre à cette question, il faut remonter au XVIIIème siècle.

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