Elucubrations biodynamiques

Quand on lit attentivement les recommandations et descriptions faites par Steiner concernant la pratique biodynamique, on constate qu’elles relèvent davantage de forces comiques que de forces cosmiques. Vous vous êtes, par exemple, toujours demandé pourquoi les vaches ont des cornes ? Pour Steiner, c’est d’une « importance extrême » et il est convaincu qu’il s’agit de sortes d’antennes de réception des forces astrales : « La vache a des cornes afin d’envoyer dans son propre corps les forces formatrices astrales et éthériques qui doivent déployer tous leurs efforts dans ce sens pour progresser jusqu’au système digestif de telle manière que dans ce système se développe un travail intense par l’intermédiaire précisément du rayonnement en provenance des cornes et des sabots. (…) Vous avez dans la corne quelque chose qui rayonne la vie, qui rayonne même l’astral. » On peut même imaginer qu’aujourd’hui, grâce à ses cornes, les vaches arrivent à réceptionner les chaînes de la TNT… En revanche, comme l’explique Steiner, les ramures n’ont pas les mêmes fonctions. Ainsi, les bois du cerf lui permettent « de conduire certains courants vers l’extérieur ». Il ajoute : « Le cerf est une créature animale qui se trouve dans un rapport particulièrement étroit, non pas tellement avec la terre qu’avec l’environnement de la terre, avec ce qui dans cet environnement est de nature cosmique ; c’est pourquoi le cerf possède la ramure. (…) D’où la présence dans la vessie du cerf (…) des forces qui sont en liaison (…) avec les forces du cosmos, si bien que la vessie du cerf est presque une image reflétée du cosmos. »

Même les tomates ou les pommes de terre n’échappent pas aux réflexions éthérées de Steiner. Il affirme par exemple que « la tomate est l’être le plus asocial de tout le monde végétal », et donc « elle peut agir sur toute organisation qui a tendance à l’autonomie dans l’organisme humain et animal ». En conséquence, il donne le conseil suivant : « Il faudrait immédiatement interdire de consommer des tomates à une personne qui souffre d’un cancer, puisqu’un cancer crée a priori dans l’organisme humain (…) une zone d’autonomie. » Pour lui, « la pomme de terre a aussi des tendances semblables » : « Elle a aussi un comportement indépendant, indépendant au point de traverser de préférence tout le processus de la digestion sans aucun mal, de pénétrer dans le cerveau et de le rendre indépendant, indépendant même de l’action des autres organes humains. » Et ce point est crucial puisqu’il permet de comprendre une évolution récente de notre société : « Si les hommes et les animaux sont devenus matérialistes depuis l’introduction de la pomme de terre en Europe, c’est entre autres qu’ils consomment trop de pommes de terre, précisément. »

A la lecture de ces différentes affirmations pour le moins surprenantes, certains pourraient penser que le cerveau de Rudolf Steiner est quelque peu dérangé. Eh bien, ils se tromperaient, car voici ce qu’est le cerveau selon Steiner : « Qu’est-ce que la masse cérébrale ? C’est tout simplement de la matière fécale conduite à terme. L’excrément cérébral qui ne parvient pas à son terme est éliminé dans l’intestin. A en juger d’après les processus auxquels il est soumis, le contenu de l’intestin est de même nature que le contenu du cerveau. » Et de conclure : « En termes caricaturaux, je dirais que ce qui est dans le cerveau, c’est un tas de fumier à son stade supérieur ; mais la comparaison est en tous points conforme à la réalité. »

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