Les fondements de l’agriculture biodynamique

L’une des principales caractéristiques de la biodynamie est d’accorder une grande importance aux influences cosmiques. Il s’agit notamment des rythmes lunaires – après tout, notre satellite a un effet indiscutable sur notre planète – mais également des planètes lointaines comme Saturne ou Jupiter, ce qui est là beaucoup plus discutable. Ainsi, Steiner explique que « tout ce qui vit dans le siliceux possède des forces qui ne proviennent pas de la terre, mais des planètes dites extérieures, Mars, Jupiter, Saturne. (…) Le siliceux ouvre l’être végétal sur les lointains cosmiques qui éveille les sens de l’être végétal de telle sorte que celui-ci recueille de toute la périphérie de l’univers ce qu’élaborent ces planètes éloignées de la terre. » Il ajoute que « si vos abricots ou vos prunes ont un goût délicat, ce goût leur vient, comme aux fleurs la couleur, de l’élément cosmique qui est monté jusque dans le fruit. Dans une pomme c’est effectivement Jupiter que vous mangez, dans une prune c’est Saturne. » Comme l’explique Philippe Desbrosses, qui a pratiqué la biodynamie, « quand on sème, ce n’est pas le hasard qui préside à la destinée des plantes, mais un jeu subtil d’énergies qui auront une influence déterminante sur leur développement et leur vitalité pendant toute leur existence. Chaque intervention de l’agriculteur ou du jardinier est ainsi renforcée positivement ou négativement selon l’heure et les configurations planétaires. En d’autres termes, la plante reçoit les forces ou les faiblesses des « musiques célestes » du moment ». Pour ne pas « se planter », un calendrier « lunaire » d’inspiration biodynamique est commercialisé depuis de nombreuses années afin d’expliquer les meilleurs moments pour les semis, les plantations, les récoltes et les traitements.

L’autre spécificité est l’usage de produits auxiliaires ou « préparations », utilisées souvent à doses homéopathiques. C’est le cas, entre autres, des préparations à base d’ortie, emblématiques de la bataille des écologistes pour des pratiques agricoles alternatives. Philippe Desbrosses précise pourquoi, en biodynamie, l’ortie a une place importante parmi la gamme de préparations spécifiques à base de plantes officinales : « Selon ces concepts « occultes », l’ortie est une plante martienne. Or quels sont les attributs de Mars dans son principe actif, évoqués par toutes les traditions alchimiques ou astrologiques : l’ardeur belliqueuse, le sang, le fer, la couleur rouge… Nous retrouvons dans l’ortie cette agressivité qui rougit notre peau en la piquant et active la circulation du sang. Par ailleurs, l’analyse chimique de la plante révèle sa teneur élevée en fer. Dans sa forme même, l’ortie exprime l’influence des forces attribuées à Mars. Ses feuilles pointues, coupées à angles vifs, sa génération « spontanée » pourrait-on dire, à proximité des tas de ferraille, montrent ses affinités avec ce métal. »

Quant à la vitalisation des sols, rien ne vaut, selon Steiner, ce que les agriculteurs en biodynamique appellent « bouses de corne », une des principales préparations biodynamiques. Le penseur autrichien explique qu’il faut bourrer une corne de vache avec de la bouse de vache et l’enterrer pendant la période hivernale : « Ayant enfoui la corne remplie de fumier, nous conservons dans celles-ci les forces que la corne de vache avait l’habitude d’exercer à l’intérieur même de la vache, à savoir réfléchir l’éthérique et l’astral. » Il faut par la suite déterrer la corne et diluer son contenu dans de l’eau avant de pulvériser cette préparation. Mais attention ! Il faut absolument utiliser des cornes de vaches bien de chez nous car « des forces des cornes provenant de bêtes étrangères au pays peuvent entrer en conflit avec les forces attachées à la terre de ce pays ».

Dans le même esprit, Rudolf Steiner donne la solution radicale pour se débarrasser des mulots : « Si l’on capture un mulot encore assez jeune, on peut l’écorcher, dépouiller ce mulot assez jeune de sa peau. Mais il s’agit de se procurer de cette peau (…) à l’époque où Vénus est dans le signe du Scorpion. (…) Nous la brûlons, nous recueillons soigneusement le produit de la combustion, les cendres résiduelles où se trouvent en somme les éléments décomposés. (…) Et dans ce qui se trouve anéanti par le feu par cette opération, il reste la force négative qui s’oppose à la force de reproduction du mulot. Si maintenant vous répandez sur vos champs le poivre ainsi obtenu (…), vous aurez là le moyen d’écarter les mulots du champ traité. » Il ne reste plus à Brigitte Bardot que de créer l’association « Sauvons les bébés mulots »…

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