Portrait d’un journaliste militant au service du lobby anti-pesticides.

Pour rédiger son libelle Pesticides, révélations sur un scandale français, François Veillerette ne pouvait choisir meilleure plume que celle de Fabrice Nicolino, auteur de Tour de France d’un écologiste, paru au Seuil en 1993. Ancien collaborateur à Politis, Télérama, Géo et Le Canard Enchaîné, M. Nicolino est aujourd’hui journaliste à La Croix et Terre Sauvage…

Cette judicieuse collaboration permet à François Veillerette, le président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, de bénéficier du copieux carnet d’adresses de son nouvel ami ; ce qui devrait lui garantir une bonne promotion du livre… et ne sera sûrement pas superflu, au vu du contenu d’un ouvrage qui relève plus de la propagande conspirationniste à la Thierry Meyssan que de l’enquête rigoureuse – et qui se révèle au demeurant fort décevant en ce qui concerne les fameuses « révélations » promises !

Journaliste ou militant ?

Contrairement aux propos figurant en introduction, ce livre n’est pas « né de la rencontre d’un journaliste et d’un militant », mais de celle de deux militants, dont l’un, Fabrice Nicolino, est avant tout un adepte de l’écologie radicale, prêt à critiquer tout ce qui n’est pas conforme à sa vision extrémiste de la société.

Pour lui, Les Verts ne sont rien d’autre qu’un parti « caricaturalement petit-bourgeois », qu’il qualifie de « désastre ». La Confédération paysanne n’est pas davantage à l’abri de ses dénigrements.

« Tiens, et si on disait du mal de la Confédération paysanne », s’échauffe-t-il dans la revue Politis, avant de fustiger un communiqué du syndicat agricole sous prétexte qu’il ose prendre le parti des paysans et non celui des loups.

Son radicalisme lui vaut de renvoyer dos-à-dos la droite et la gauche classiques, de même que les principes du système démocratique et républicain : « La preuve est faite que le droit de vote et la (relative) liberté d’expression qui sont le socle [de la démocratie]. » C’est qu’une oligarchie « de droite et de gauche » domine le monde. Elle « se partage le pouvoir réel [et] il faudra bien la balayer au passage».

Mais, rassure-t-il, pas question pour autant d’adhérer à la dictature. « Bien sûr que non : la restauration, vitale désormais, des écosystèmes dévastés par le “progrès” passe par la mobilisation consciente des peuples, et leur liberté. » Comment ? « Personne ne le sait », et en tout cas pas la gauche traditionnelle : « Je sais que nombre d’entre vous s’imaginent qu’il suffirait d’un changement social, radical éventuellement, pour tout arranger. Ce n’est qu’une illusion. [Car] toutes les pensées politiques de droite et de gauche partagent ce credo fondateur entre tous : il faut continuer. A produire, à dévaster, à courir vers le gouffre. »

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