Madame Royal secouée par Jean de Kervasdoué

Dans une tribune publiée ce jour dans le Figaro, l’économiste Jean de Kervasdoué conseille à Ségolène Royal de ne pas tomber dans l’écologie partisane. Il lui demande notamment de ne pas remettre en cause l’énergie nucléaire,  d’autoriser la recherche sur le gaz de schiste et de réfléchir aux OGM… Attention ça décoiffe.

« Madame la ministre, Il y a plus de vingt ans déjà, en 1992, vous avez eu la responsabilité du portefeuille de l’écologie. Depuis, à de nombreuses reprises, vous avez pris position sur les questions qui touchent à l’énergie, aux OGM, à l’agriculture biologique, à la taxe carbone et aux moteurs diesel. Le 14 juin 2011, vous avez témoigné votre soutien à José Bové, fameux faucheur de science. À la juge du tribunal de Poitiers qui vous demandait : « Vous, une représentante du peuple, n’est-ce pas paradoxal de défendre une action illégale ? », vous avez répondu que « la visibilité de cette action (celle de José Bové) a permis une meilleure application du droit. » Ce qui, je l’avoue, m’a rendu, avec d’autres, perplexe. »

Plus loin : « En France jamais l’eau n’aura été aussi pure, jamais l’air n’aura été aussi peu pollué, jamais les produits alimentaires n’auront été aussi divers et sains. Les hommes ont, grâce à la science, transformé la nature pour leur plus grand bien, elle leur était hostile. Ainsi l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 50 ans en deux siècles ! Elle continue de croître de trois mois par an, sauf quand l’application du principe de précaution s’en mêle et conduit à limiter les vaccinations contre la grippe, ce qui a eu en 2012 des conséquences fatales pour beaucoup de personnes âgées. Jamais l’écosystème n’aura été aussi favorable aux hommes, en France. »

Vous êtes comme moi ? Cela fait du bien à lire !

Jean de Kervasdoué passe ensuite en revue le nucléaire, le gaz de schiste. Madame la Ministre,  « vous êtes contre. Pourquoi ? »

Enfin, sur les OGM.

« Pour ce qui est des plantes génétiquement modifiées (PGM), l’avenir incontestable de l’agriculture, je connais vos positions, mais permettrez-vous un débat objectif ? Consulterez-vous, outre des organisations partisanes dont on ne sait ni qui elles sont ni qui les financent, les académies compétentes ?

Enfin, quand vous envisagerez d’interdire telle ou telle substance, ou limiterez l’usage de tel ou tel moyen de combustion au nom de risques réels ou supposés, accepterez-vous de considérer, comme les autres pays occidentaux, qu’il y a des méthodes pour comparer les risques et les avantages ? En matière d’agriculture, comme de santé humaine, allons-nous continuer d’oublier les bénéfices considérables des pesticides, comme des médicaments, aux noms de risques infimes ou supposés ? »

Bref, « Reconnaîtrez-vous avec Jean Jaurès qu’« il n’y a pas de vin naturel ; il n’y a pas de froment naturel. Le pain et le vin sont un produit du génie de l’homme » ? »

 

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