Biocoop « oublie » que ses pommes bio sont traitées avec des pesticides

Pendant la dernière édition de la Semaine sans pesticides, Biocoop en a profité pour annoncer une nouvelle initiative dans son partenariat avec Générations Futures (qui n’est d’ailleurs pas nouveau, petit rappel ici). Ainsi, Biocoop va commercialiser un jus de pomme militant, et l’enseigne bio s’engage à reverser 15 centimes par bouteille vendue à Générations Futures. C’est un juste retour puisque, depuis plusieurs années, Générations Futures jouent les porte-flingues de l’industrie bio en dégainant régulièrement la mitraillette à catastrophes contre les produits concurrents de l’agriculture conventionnelle.

Dans son communiqué sur ce jus de pomme militant, Biocoop ne manque pas de culot. Il affiche « Manger des pommes : oui, mais sans pesticides ! », en ajoutant : « Certaines pommes de table françaises subissent en moyenne 36 traitements chimiques différents, allant même dans certaines régions jusqu’à 43 traitements, principalement des fongicides et des insecticides. » Concernant les pommes bio, le poids-lourd de la distribution bio parle de variétés de pommiers naturellement plus résistantes, de désherbage mécanique ou thermique, de moindre densité des arbres dans le verger, d’installation de filets au-dessus des vergers, d’utilisation de pièges à phéromones contre les ravageurs, et ajoute : « Les autres traitements nécessaires sont exclusivement des engrais et amendements organiques. »

Comme on peut le lire dans une étude scientifique de l’Inra récente (Life cycle analysis reveals higher agroecological benefits of organic and low-input apple production, 2013), les arboriculteurs bios utilisent des pesticides, et pas à dos homéopathiques. Les chercheurs de l’Inra notent par exemple qu’il y a eu entre 16,5 et 29 pulvérisations de pesticides sur les vergers de pommiers bio étudiés. A propos de l’écotoxicité aquatique, ils constatent que « dans les systèmes de culture bio, l’utilisation de fongicides minéraux comme le soufre et le cuivre avait un impact élevé ». Idem pour l’écotoxicité terrestre, les chercheurs précisent que pour le bio, « les fongicides minéraux étaient responsables pour une grande partie des émissions, en particulier la contamination au cuivre du sol des vergers ». Sans parler de l’utilisation d’insecticides comme l’huile de Neem, le pyrèthre naturel et le spinosad. Bref, il est temps que le lobby du bio arrête son marketing trompeur et assume le fait que les producteurs bio utilisent des pesticides !

Sources

http://www.biocoop.fr/actualites-bio/Croquez-le-jus-de-pomme-militant-Biocoop

http://prodinra.inra.fr/ft?id={7EDA744A-61D1-49E8-BB6D-3AE67037B50D}

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L’ONG Global Footprint Network demanderait-elle la suppression du BIO ?

Pour honorer notre production annuelle, les ressources d’une planète et demie seraient désormais nécessaires d’après l’ONG Global Footprint Network.

L’ONG explique qu’à partir de « mardi, la totalité des ressources que la planète est capable de produire en une année est consommée ». La planète se trouverait dès aujourd’hui «en situation de déficit écologique». L’ONG appelle cela le «jour du dépassement».

Notre proposition : les rendements du bio étant inférieurs de 50% environ, nous proposons de supprimer les cultures bio qui nécessitent 2 fois plus de terre pour la même quantité de nourriture produite.

Source : http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/08/19/01008-20140819ARTFIG00158-la-planete-se-trouve-des-aujourd-hui-en-situation-de-deficit-ecologique.php