Danone victime du capitalisme « vert »

« Ambassadeur du capitalisme responsable », « croissance inclusive », « visionnaire social »… Les qualificatifs les plus mélioratifs ont longtemps accompagné Emmanuel Faber, le PDG de Danone. Jusqu’à la crise de la Covid-19. Aujourd’hui, l’homme est perçu comme « un simple utopiste » (Le Figaro économie du 12 février 2021) : bien qu’« en tête de liste des engagements sociaux, Danone tombe en queue de peloton sur ses performances financières et boursières depuis un an » et même bien plus en réalité.

L’avenir de la planète ou celui de Danone ?

« Ses opposants dans les milieux d’affaire, de plus en plus nombreux et de moins en moins discrets, lui reprochent sa propension à préférer gloser du devenir de la planète, plutôt que de se pencher sur celui de son groupe » résument les pages saumon. Or « son pouvoir de changer le monde (sic, on dirait qu’on parle d’un étudiant ou d’un mégalo) dépend aussi de sa capacité à relancer Danone ». On résume : Le capitalisme vert, oui, mais pas au détriment du capitalisme. Point de nouveau monde à l’horizon donc, et rien d’étonnant à cela, à moins de se méprendre sur la nature humaine comme l’utopie rousseauiste l’y encourage. Les chrétiens parlent de pêché originel, tout cela pour signifier que « là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie » (François de Sales). Les idéologies (dont l’écologistes, mais pas seulement) n’ont jamais compris cela et militent pour un homme nouveau émancipé, sans comprendre que la condition de cette nouveauté, de cette émancipation, est l’absence d’idéologie…

Fuite en avant générale

Le syndrome Emmanuel Faber n’est pas isolé : aujourd’hui, toutes les structures sortent de leur périmètre classique. La plupart du temps, c’est lié à un orgueil démesuré et cela ressemble à une fuite en avant du fait d’une incapacité à remplir ses missions classiques. C’est le cas pour la ville de Paris, qui multiplie les soutiens bruyants à des causes… baroques (en témoignent les affiches sur l’hôtel de ville…) tout en s’avérant incapable de maîtriser ses finances (endettement en très forte hausse), d’effectuer correctement certains travaux (retards gigantesques, surcoûts énormes, etc.) ou de gérer les coûts du Vélib’ (entre autres nombreuses choses).

La morale de l’Histoire

Bref, que les PDG président correctement leur multinationale, que les élus agissent en direction du bien commun (et pas seulement du bien « supposé-en-vertu-de-nos-connaissances-plus-que-limitées-sur-ce-sujet-très-complexe » de la planète même si le bien de la planète fait évidemment partie du bien commun), et les vaches seront bien gardées !

Commentaires
  1. Justin
  2. Albatros
  3. douar

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