Vaccins anti-Covid : la France paralysée par les ONG ?

C’est un paradoxe : le pays de Pasteur n’aura pas été capable d’inventer le vaccin anti-Covid à temps. Les prévisions les plus optimistes parient désormais sur la sortie d’un vaccin français à la fin de l’année 2021, voire en 2022. En attendant, notre champion tricolore, Sanofi, « (évalue) en interne la potentielle faisabilité technique de l’exécution de certaines étapes de fabrication pour soutenir d’autres fabricants de vaccins Covid-19″…

Que s’est-il passé ? « Contrairement à certains géants anglo-saxons, Sanofi n’a pas suffisamment anticipé la révolution portée par les biotechs, explique Nathalie Coutinet, économiste de la santé, à Challenges. L’industrie pharmaceutique française utilise principalement les techniques chimiques traditionnelles et souffre d’un retard technologique lié à des investissements de R&D en dents de scie ».

Et si ce retard technologique avait aussi à voir avec l’ambiance (la petite musique) qui règne chez nous ? En effet, « que la France soit quasi absente de ces découvertes, sauf de façon marginale ou à travers des scientifiques expatriés, en dit long sur l’absence de l’écosystème qui, aux États-Unis, permet de financer le « risque scientifique » et sur la difficulté, pour les groupes pharmaceutiques français, de laisser tout le temps nécessaire à des chercheurs pour explorer des pistes incertaines », constatait Le Monde dans son éditorial (comme toujours non signé) du 1er décembre 2020. Le quotidien du soir ajoute : « L’amertume de ce constat est renforcée par la récente adoption par les députés d’une loi de programmation sur la recherche scientifique qui, à l’inverse, renforce les financements sur objectifs au risque d’affaiblir les amateurs de chemins de traverse. »

Les ONG, les médias et les politiques responsables de la défiance actuelle contre les vaccins

Car « la saga de l’ARN messager, clé de ces immenses promesses, confirme le rôle souvent déterminant des amateurs de sentiers buissonniers et de baguenaudage scientifique et, partant, la nécessité de mobiliser moyens et structures afin d’assurer la liberté des chercheurs ».

Disons-le clairement : l’ambiance en France, à cause des ONG, des médias qui relaient complaisamment et sans recul leurs opérations de communication, et des politiques qui, par opportunisme, manque de courage et / ou de travail, cèdent à leurs exigences, est anti-science et moins portée sur la recherche de la vérité que sur l’accomplissement des agendas militants de ces structures puissantes car très bien financées (parfois avec des fonds publics). Le monde agricole était jusqu’à récemment l’un des secteurs les plus impactés, dans l’indifférence générale. Avec la pandémie de la Covid-19 et la véritable accélération de l’Histoire à laquelle nous assistons depuis des mois, ce sont tous les Français, et plus seulement les agris, qui vont payer ce tropisme.

On ne peut pas à la fois s’asseoir sur les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses, voir ici, , ou encore ) et déplorer la méfiance des Français envers une technologie prometteuse qui annonce des vaccins contre le cancer et bien d’autres maladies, au point que l’on parle d’un « nouvel âge médical ». Reconnaissons aux Français et aux ONG qui ont semé la confusion dans les esprits de chacun de nos compatriotes une certaine cohérence anti-sciences. A Alerte-Environnement, nous proposons une autre cohérence, une cohérence pro-science dès lors que celle-ci sert l’homme donc le bien commun, par exemple lorsqu’elle permet de nourrir et de soigner l’humanité. Cela n’exclut pas la prudence, bien entendu, mais cela exige de l’audace (celle des découvreurs et des inventeurs), une certaine confiance en l’humanité, en ses capacités, et en l’avenir.

Commentaires
  1. Gil Kressmann
  2. eric17
  3. Justin
  4. un physicien
  5. Mg2+
    • Zygomar
      • Lunux

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