Pour accélérer les conversions au bio, les bios réclament… le droit à plus de cuivre et l’exemption de ZNT

Le lissage pluriannuel des doses de cuivre n’est pas appliqué en réalité, dénonce la filière des vins bios qui réclame l’intervention de Julien Denormandie. « Il suffit au ministre (de l’Agriculture, ndlr) de prendre un arrêté pour appliquer au niveau français ce que le gouvernement a défendu devant l’Union Européenne » résume le vigneron bio Pierre-Henri Cosyns. Concrètement, cela permettrait aux viticulteurs bio de dépasser la limite des 4 kilos par hectare et par an de cuivre lorsque, comme cette année, la pression du mildiou se fait forte. Vu la folie antiphyto suscitée et alimentée par les défenseurs du bio, il ne faut pas s’étonner qu’« à chaque réhomologation de produit cuprique, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) rajoute une phrase qui, à terme fera que l’on n’aura plus le lissage du cuivre » s’inquiète Pierre-Henri Cosyns. C’est un peu l’arroseur arrosé… Cela est accompagné d’un chantage à la conversion au bio et de promesses de Gascons : « Autant quand on maîtrise le bio après 4-5 ans on diminue les doses, mais pour rassurer les opérateurs pendant la période de conversion et éviter les échecs, on a besoin de cette sécurité ». Promis, on utilisera moins de cuivre plus tard, mais pas maintenant. Certes, « le cuivre certes s’accumule dans le sol, mais ça reste un biopesticide, peu traçable, peu mobile, auquel les abeilles ne sont pas sensibles. Sur l’hydroxyde, il y a des problèmes d’irritation, mais dans l’ensemble avec des doses hectares appliquées de 4 kg/an, l’accumulation n’est pas problématique. » 4 kg/an, c’est plus que n’importe quel phyto dans le conventionnel. Et le cuivre n’est pas moins dangereux qu’un pesticide de synthèse, ni plus risqué d’ailleurs (bien distinguer « danger » et « risque »). Mais quand ce sont des exploitants bio qui l’utilisent, ce n’est plus la même chose. Plus du tout, même. Face au ministre en visite dans son vignoble, Pierre-Henri Cosyns lâche une bombe : il explique vouloir avancer sur le dossier de l’exemption claire et définitive des produits bio de toute Zone de Non Traitement (ZNT). Après avoir angoissé les Français en exigeant de coûteuses et pénalisantes ZNT, voilà les écolos qui veulent en exempter la filière bio. Les victimes d’un épandage de cuivre par un viticulteur bio à Villeneuve apprécieront…

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Commentaires
  1. Raùl-Hugues
  2. Daniel
  3. Ernst
  4. Ernst
  5. yann
  6. gus

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