Ces urbains qui réclament un million de paysans mais qui n’arrivent pas à convaincre plus de 15 000 jeunes

Dans une tribune publiée le 10 septembre, le collectif radical et bidon « Nous voulons des coquelicots » affirme maintenant « Nous voulons des paysans »… mais à la mode d’antan.

Le ton est apocalyptique : « un désert de machines et de détresse », « une planète dévastée par la crise climatique, la mort des oiseaux et des insectes », « une impasse », « un système absurde, celui de l’agriculture industrielle, (qui) nous prive de tout avenir commun ». La réalité de ces personnes n’a plus rien à voir avec la réalité tout court, c’est comme s’ils évoluaient dans une dimension parallèle. Pour rendre le tout crédible, quelques faits bien réels et terribles sont amalgamés : « Des paysans endettés se suicident », « des maladies chroniques surgissent » (aucun rapport avec l’agriculture conventionnelle, désolé !), « la société se détourne de produits qu’elle ne veut plus manger » (du fait des fakes news propagées par les marchands de peur que sont les ONG et certains journalistes sous influence).

« Il faut donc changer », affirme « Nous voulons des paysans » qui rêve « de grandes retrouvailles entre les paysans et tous ceux qui ont oublié leur passé » et qui pense que « la France manque de millions de paysans heureux, fiers de nourrir la société tout en retrouvant l’harmonie avec la nature ». Pour y parvenir, le texte non signé exige « un plan de sortie de l’agriculture industrielle en dix ans et « des investissements publics massifs » estimés à « 200 milliards d’euros au total ». Objectif : aider à installer « un million de jeunes et moins jeunes, qui deviendront paysans en accédant à une terre que la spéculation foncière leur refuse ».

« L’objectif est fou » précise quand même « Nous voulons des paysans ». Il l’est assurément. En effet, cette tribune est une resucée du mythe écolo du retour à la terre, véhiculé par des idéologues urbains déconnectés de la terre et du réel.

Car travailler la terre, c’est épuisant, c’est avoir chaud, froid, être courbé de longues heures. Résultat, malgré 300 000 volontaires pour épauler nos agris pendant le confinement (opération « Des bras pour ton assiette »), seulement 15 000 contrats ont finalement été signés pour tenter (sans grand succès) de remplacer les saisonniers d’Afrique du Nord et d’Europe de l’est dans l’incapacité de venir travailler en France.

Dans Le Figaro, un fraisiculteur varois résumait la situation de manière lapidaire : « Ils ont été 20 à candidater, 10 à venir et 3 à finir la semaine. »

Le Parisien Week-End du 7 mai dernier abondait dans le même sens : « Séduits par l’idée de respirer le grand air, certains employés sont vite écrasés par la cadence de production, les horaires, l’infernale répétition. »

Ce sont ensuite ces petites natures qui demandent aux agris de renoncer à ce qui leur permet d’avoir moins chaud, moins froid, moins mal au dos et d’être moins fatigué (par exemple, le glyphosate).

De quoi souligner l’utopisme ou la déconnexion du réel de mouvements comme « Nous voulons des coquelicots » et de leurs animateurs.

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Commentaires
  1. gus
  2. Enrst
  3. Visor
  4. Albatros
  5. Daniel

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