Alerte aux pucerons : les betteraviers démunis à cause des mesures dites « environnementales »

C’était le dogmatisme écolo et un quasi-suicide de toute la profession betteravière ou l’autorisation d’utiliser un insecticide dès le stade 2 feuilles, le Teppeki (flonicamide, normalement autorisé au stade 6 feuilles). En effet, depuis le 20 avril, la quasi-totalité des régions de production de betteraves en France sont touchées par une infestation de pucerons verts que d’aucuns qualifient de « très précoce et fulgurante ». À la clef, un risque « très élevé » de jaunisse, donc de perte de rendement de 30 à 50% (Cf. le témoignage vidéo infra) alors même que le prix actuel de la tonne de betteraves (autour de 20 euros) permet à peine de rentabiliser une production normale

Autorisation spéciale et dérogation

Finalement, la Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture a permis d’éviter le pire en autorisant l’usage du Teppeki dès le stade 2 feuilles. Depuis la dramatique interdiction des néonicotinoïdes et en cas de durée maximale d’exposition aux ravageurs comme cette année, le sort des betteraviers est entre les mains de l’État. C’est aussi le ministère de l’Agriculture qui a permis une dérogation concernant le Movento (spirotétramate) autorisé dès le stade 2 feuilles pour la 2e année consécutive. En l’espèce, si l’efficacité du Movento est actuellement favorisée par les conditions poussantes, il reste toutefois des inconnues sur son efficacité à un stade aussi jeune de la betterave, et au cœur de la période de désherbage. « Le Movento est très dépendant de la systémie » explique ainsi Alexandre Métais, responsable régional de l’ITB en Normandie, à Reussir.fr. Selon la CGB, ce produit « est purement systémique et son efficacité est insuffisamment rapide et durable en cas de forte infestation ». Dans le doute…

Le risque de n’être pas entendu

Résumons la situation. Il y a deux ans, les néonicotinoïdes faisaient parfaitement le travail et les betteraviers luttaient à armes égales avec les pucerons. Aujourd’hui, ils en sont réduits à supplier (imaginez le temps de perdu, l’énergie dépensée pour convaincre et le stress causé par les incertitudes) les pouvoirs publics de daigner les autoriser à utiliser tel insecticide à tel stade de développement de la plante. Avec le risque, un jour, de n’être pas entendus par la Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture. Quand on sait en plus que la betterave permet de produire du gel hydroalcoolique, particulièrement utile en ces temps d’endémie (osons les mots) et pas toujours évident à trouver, on se dit qu’on marche sur la tête :

 

Les saboteurs à la manœuvre

La Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture n’a toutefois pas encore répondu à la 2e demande formulée par les betteraviers : pouvoir appliquer un traitement supplémentaire de l’un des deux produits déjà autorisés (Teppeki ou Movento) pour couvrir, en cas de besoin, toute la période de sensibilité des betteraves aux pucerons verts. Oh, il faut dire que rien ne presse comme l’indique la carte de l’Institut Technique de la Betterave infra, les points oranges signalant les sites où le seuil de traitement contre les pucerons était dépassé au 24 avril… 🙄

Quelle profession accepterait une telle infantilisation et une telle précarité, c’est-à-dire de survivre en fonction du bon vouloir de nos dirigeants ? Au passage, toutes ces dérogations n’ont aucun sens : elles n’existent que parce que les pouvoirs publics ont, au mépris des faits et de la science, satisfait les revendications de lobbies environnementalistes complètement déconnectés des réalités, les mêmes qui se réjouissent aujourd’hui de l’arrêt de notre économie.

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Commentaires
  1. un physicien
  2. Alzine
    • eric17
      • Alzine
  3. Daniel
  4. yann

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