Gironde : « on va droit dans le mur, tu viens avec nous ? » dit la filière agricole aux ONG…

Voilà un bel exemple de surenchère ! Et elle mène tout droit les agriculteurs dans le mur. Sans pour autant calmer les ONG écologistes. Il s’agit de la Charte départementale du bien vivre ensemble (sic !) en Gironde. Elle est en consultation publique jusqu’au 30 avril 2020. On doit l’initiative au Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), à la chambre d’agriculture 33 et à l’Association des Maires de Gironde.

On s’en souvient, la filière viticole en Gironde s’était déjà engagée à supprimer les produits phytosanitaires classés CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques). A grand renfort de communication.

Cette année, la nouveauté réside dans l’ajout des fongicides SDHI pour lesquels la filière demande à ce qu’ils soient supprimés de la boîte à outils des agriculteurs de Gironde.

Ce qui est extrêmement embêtant dans cette affaire, c’est qu’elle véhicule de TRÈS GROSSES bêtises :

– Elle laisse penser qu’on pourrait se passer des pesticides comme l’affirmait déjà le président du CIVB, Bernard Farge en 2016 : « nous avons pour objectif de diminuer fortement voire de sortir de l’usage des pesticides ».

Or, le 11 mars dernier, le CIVB notait « la progression constante de l’utilisation des produits autorisés en agriculture biologique, dont le soufre et le cuivre ». Sauf que le cuivre et le soufre sont bien des pesticides. Et ce ne sont pas des produits anodins. C’est bien l’usage du soufre par un viticulteur à Villeneuve (33) qui avaient intoxiqué des élèves d’une école en 2016. Quant au cuivre, utilisé en trop grande quantité, il est bien connu pour tuer la vie des sols. Si on doit bannir TOUS les pesticides, il n’y aura plus de vignes en Gironde. Dommage…

-Cette charte sape tout raisonnement scientifique. Car les produits CMR ou SDHI disposent-ils, oui ou non, d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) ? Le CIVB serait-il plus compétent que l’ANSES chargée de délivrer ou retirer ces fameuses AMM ? Tiens pourquoi pas retirer l’eau de javel des maisons sous prétexte que c’est un produit toxique et corrosif ? Que répondra demain la filière viticole lorsque le mouvement irrationnel des Coquelicots exigera de supprimer d’autres molécules ?

Notre affaire révèle surtout une confusion entre les notions de danger et de risque. Un produit peut être dangereux sans présenter de risque. Il suffit de bien utiliser celui-ci et de respecter les conditions d’usage. Combien de fois faudra-t-il encore l’écrire ?

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