Retour sur l’affaire glyphosate : affaire de gros sous aux USA, combat idéologique en Europe

La France Agricole du 27 mars donne la parole à Gil Rivière-Wekstein, auteur du livre Glyphosate, l’impossible débat, paru en février 2020. Il explique que « cette affaire est la plus grande manipulation de l’opinion publique depuis le début du siècle. Il y a cinq ans, le glyphosate était un non-sujet. Tous les jardiniers du monde en avaient. Parmi tous les produits utilisés, ce n’est pas seulement le plus efficace, c’est aussi le moins toxique ». La manipulation a eu lieu en quatre grandes étapes :

  • C’est l’avis du Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) classant la molécule comme « cancérigène probable » qui est « l’élément déclencheur », explique Gil Rivière-Wekstein. « Cet avis est contesté par l’ensemble des agences sanitaires du monde (exemple), qui estiment qu’il s’agit d’une surinterprétation des études ». Le journaliste juge « douteux » le rôle joué par le toxicologue américain Christopher Portier, connu pour avoir été employé par une ONG antipesticides américaine – l’Environmental Defense Fund.
  • Entrent en jeu des cabinets d’avocats nord-américains qui instrumentalisent l’avis du CIRC « en inventant un lien entre son usage et les cancers » : « ils ont vu que les procès qui suivraient leur rapporteraient entre un et deux milliards de dollars (sur 10 à 20 milliards de pénalités pour Bayer) », « certains ont mobilisé jusqu’à quatre-vingts avocats afin de mettre en place toute une plaidoirie pour gagner les procès, et ils ont dépensé plus de 50 millions de dollars pour recruter des plaintes ». Gil Rivière-Wekstein note au passage qu’ils « ne demandent d’ailleurs pas l’interdiction du glyphosate, mais des indemnités ». Leur stratégie ? « Jeter le discrédit sur les autres agences comme l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) et l’Epa (Environmental Protection Agency), pour imposer l’idée que seul le CIRC était dans le vrai. « L’un de ces avocats a même tenté de faire chanter une entreprise liée à l’agrochimie, avant d’être inculpé pour ce délit », continue l’auteur. Les médias français ont choisi de ne pas en parler.
  • A l’affaire de gros sous outre-Atlantique, se greffe une bataille idéologique en Europe, « livrée notamment par la mouvance altermondialiste et anticapitaliste » et relayée par des activistes déguisés en journalistes. Gil Rivière-Wekstein attribue une part de responsabilité importante au Monde (Stéphane Foucard) et à France 2 (Elise Lucet) dans la désinformation massive autour du glyphosate. Leur traitement du sujet « est le reflet d’une idéologie, mais pas de la recherche des faits. Cela a clairement été démontré avec la réalisation des glyphotest par le monde agricole, qui a révélé l’incohérence de ceux réalisés par les ‘pisseurs volontaires’ (voir ici, , et ). Or la journaliste de France Télévisions n’a pas fait de mea culpa, alors que toute son émission était basée sur ces faux tests. » Gil Rivière-Wekstein relève au passage que « ce sont principalement les éléments de langage des avocats américains qui se sont retrouvés dans la presse française ». Quant à la principale source de Stéphane Foucard, Christopher Portier, il a été « rémunéré à hauteur de 160 000 dollars » par les cabinets d’avocats nord-américains dont nous avons parlé supra. Jamais Stéphane Foucard ne le précise dans ses papiers, pas plus que le militantisme environnementaliste du toxicologue. Les lecteurs du Monde n’ont-ils pas le droit de savoir ?
  • Enfin, s’ajoute la réponse populiste du chef de l’Etat français. La décision d’Emmanuel Macron d’interdire le glyphosate « ne se base sur aucun fait scientifique ». Le président ne maîtrise pas bien le sujet, tergiverse et prend une décision qu’il sait lui-même être parfaitement irréaliste.

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Commentaires
  1. eric17
  2. Jacques DUMON
    • yann