Interdiction du glyphosate : l’Autriche recule en invoquant une faute de procédure

Pourquoi ne pas aussi argumenter sur le fond en expliquant que non, le glyphosate n’est pas plus cancérogène que la viande rouge et certainement moins que la pilule ou la charcuterie ? Mystère !

Toujours est-il que le gouvernement a invoqué lundi 9 décembre 2019 une faute de procédure pour infirmer un récent vote du Parlement qui prescrivait l’interdiction de l’herbicide à partir de 2020, rapporte Sciences et Avenir. De quoi faire réagir Greenpeace qui dénonce « un déni de démocratie ». Tant pis si

la FAO et l’OMS (réunion conjointe sur les résidus de pesticides), l’Efsa, l’Anses (avec quelques bémols) et les agences allemande, australienne, canadienne, coréenne, états-unienne, japonaise, néo-zélandaise et suisse ont conclu à un risque improbable issu du glyphosate (l’absence est indémontrable). L’Agence européenne des produits chimiques (EChA) évalue les dangers et, sur la base de la prépondérance de la preuve, n’a pas classé le glyphosate en cancérogène, mutagène et reprotoxique.

Cette tentative d’interdiction ne repose sur rien, un peu comme si par référendum ou par vote de nos représentants, il était décidé que le ciel serait… rouge. Même décidé démocratiquement, ce serait tout simplement inexact. Déni de vérité ou déni de démocratie, il faut parfois choisir.

Un coup de l’extrême droite et des écolos

Le gouvernement conservateur autrichien invoque le fait que la proposition de loi aurait dû faire l’objet d’une notification à la Commission européenne « afin que celle-ci et les Etats membres puissent formuler des observations« . »Cette notification n’a pas été faite en bonne et due forme« , explique, dans un courrier daté du 9 décembre, le gouvernement qui avait été pris de court par l’initiative du parlement : l’interdiction du glyphosate avait été approuvée grâce à une alliance des députés de l’opposition – sociaux-démocrates, Verts, extrême droite – et contre la volonté des conservateurs de l’ÖVP, qui constituent le principal groupe parlementaire à la chambre, rappelle Sciences et Avenir. Le mensuel précise que les députés avaient profité de la marge de manœuvre législative que leur avait laissée la chute du gouvernement de droite dirigé par Sebastian Kurz, remplacé en mai par un cabinet d’experts.

La chancelière autrichienne Brigitte Bierlein, qui dirige le gouvernement d’experts, a expliqué dans son courrier au Parlement qu’une promulgation de la loi exposerait l’Autriche à « des risques juridiques« . Elle assure qu’il s’agit « d’une décision juridique formelle et non d’une appréciation du contenu de la loi« .

La condition d’une alliance entre les conservateurs et les écolos ?

Le mandat de l’actuelle équipe gouvernementale s’achèvera lorsque les conservateurs de Sebastian Kurz, vainqueur des législatives anticipées organisées fin septembre, seront parvenus à former une coalition. Sebastian Kurz négocie depuis plusieurs semaines la formation d’un gouvernement avec les Verts, favorables à l’interdiction immédiate du glyphosate…

En Autriche, le glyphosate ne serait utilisé que sur 1% des surfaces agricoles du pays et pourtant, le monde agricole jugeait irréaliste l’entrée en vigueur de l’interdiction en janvier 2020. Pour rappel, le glyphosate est autorisé dans l’Union européenne jusqu’au 15 décembre 2022.
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