Quand Moix mouche deux malthusiens liberticides et catastrophistes

Magistrale réponse de Yann Moix à Laure Noualhat, journaliste et militante pour la décroissance, ainsi qu’à Antoine Bueno, auteur de Permis de procréer (aux éditions Albin Michel), sur le plateau des « Terriens du Samedi » (C8) :

« Depuis que je fais cette émission, j’aurai entendu des inepties, Thierry. Je crois que là, on bat le record absolu et total. Je dirai d’abord que la présence au monde, c’est quelque chose qui a lieu hic et nunc, ici et maintenant. Je me méfie toujours des individus qui préfèrent le bonheur pour les autres dans 10 000 ans que le leur tout de suite sur la planète. C’est quelque chose qui m’est absolument étranger et qui me fait penser à quelque chose d’extrêmement morbide. On met toujours la morbidité du côté du passé, le côté mortifère des choses qui sont abolies, qui n’existent plus, des gens qui sont morbidement repliés vers ce qui est mort. Je crois qu’il y a une morbidité de l’avenir car l’avenir n’existe pas. Et les gens qui sont tournés vers quelque chose qui n’existe pas, qu’il soit passé ou avenir, sont pour moi des êtres totalement absents au monde. Je crois que l’avenir est une poubelle parce qu’on met ce qu’on veut dedans : on met les projets, les futures vacances à Étretat, les enfants qu’on a ou qu’on n’aura pas et je ne vois pas en quoi une arrogance du présent ferait en sorte qu’on est supérieur à ceux qui ne sont pas encore nés. Une révolution copernicienne est en train d’avoir lieu aujourd’hui, et c’est le vrai problème de ce débat : pourquoi est-ce que la nature serait plus importante que l’homme ? Pourquoi est-ce que la nature ne serait pas simplement un réceptacle dans lequel l’homme a droit de cité. La nature est une invention de la culture. L’idée qu’il y aurait une nature indépendante de l’homme n’a absolument aucun sens. Ce qui est à changer, ce n’est pas de créer une sorte de décor parfait dans lequel l’homme pourrait être heureux et évoluer, c’est le lien entre la nature et l’homme à l’instant où l’on parle, à l’instant présent. Le fait qu’il y aurait une nature totalement indépendant de l’activité humaine fait qu’avec des raisonnements comme le vôtre, pour que les hêtres continuent à pousser et que les poissons puissent continuer à nager, il faudrait simplement que l’homme ne soit pas là. Il y a dans votre vision de l’homme quelque chose qui me déplaît profondément : à chaque fois que vous défendez la planète, on sent bien qu’une entité vous dérange, une entité est superfétatoire, une entité vous gêne… L’homme lui-même. Et si l’homme a son destin, c’est qu’effectivement, l’homme a une pulsion de mort que vous semblez oublier, qu’effectivement l’homme a peut-être une fonction qui est de se détruire et de s’abolir. Et laissez-le se détruire tranquillement, et la planète, tant pis pour elle. Et si les enfants vous gênent – ceux sur terre à présent ne vous dérangent pas mais ceux qui sont à venir, manifestement, vous incommodent – vous pouvez effectivement vous mettre un flingue sur la tempe, vous supprimer et laisser la place aux autres. »

L’émission « Les Terriens du Samedi » du 30 mars 2019 peut être revisionnée ci-dessous. La tirade de Yann Moix commence à 17’45 » :

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Commentaires
  1. 25/01/2019
    • Max
  2. Olive
  3. Olive
  4. dom
    • Zygomar
  5. Albatros
  6. Victor

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