Le cuivre tue les lombrics, pas le glyphosate !

Daniel Leconte, ancien ingénieur de recherche à l’Inra et directeur du domaine du Vieux Pin (Orne) écrit un intéressant courrier des lecteur à La France Agricole, que l’hebdomadaire publie dans son édition du 22 février. A la question « Les engrais chimiques tuent-ils les lombrics ? » (qui « assurent l’incorporation de la matière organique, le développement de la microfaune, la solubilisation des minéraux, l’aération du sol, la circulation de l’eau »), il répond par la négative.

L’agriculture intensive, meilleure amie du lombric
Aux premières années de l’Inra du Vieux Pin, avec des prairies produisant 4,8 tonnes de matière sèche (MS)/ha, nous hébergions 1 tonne de lombrics par hectare. Après une vingtaine d’années de fertilisation, nous produisions plus de 10 tonnes de MS/ha, avec une population de vers de terre de 2,34 t/ha. » Contrairement, donc, à l’idée reçue, « en augmentant la production des prairies et des débris qui retournent au sol, on favorise les lombrics ». A l’inverse, « quand on passe de la prairie permanente intensive à la prairie temporaire implantée après labour, on diminue de moitié les lombrics ».

Le bio et le labour ancestral tuent les lombrics
Daniel Leconte rappelle aussi que « le sulfate de cuivre autorisé en bio est lombricide » mais que le glyphosate est « inoffensif pour les lombrics » : par conséquent, l’Etat devra prendre dans les prochaines années « une décision écologique en préservant les lombrics (dans ce cas, il faut une dérogation pour le glyphosate) ou une décision sociétale pour se plier aux exigences de la population et des médias, sachant qu’on détruit les vers de terre et la fertilité du sol en ayant recours au labour ancestral. »

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Commentaires
  1. Daniel
  2. Sandrine Barrier