Il est possible de sauver et les abeilles… et les agris !

Alors que dans son dernier avis rendu début février, l’Anses propose une série de mesures bien plus drastiques que les dispositions règlementaires actuelles en matière d’encadrement de l’utilisation des pesticides en présence d’abeilles et autres pollinisateurs sauvages, La France Agricole du 22 février 2019 publie le témoignage de Hubert Compère, agriculteur à Mesbrecourt (Aisne) :

« J’ai démontré, dans mon système en non-labour et sans insecticide, que je garde la biodiversité fonctionnelle dans mes cultures, même en employant des herbicides ou fongicides systémiques. Les inventaires réalisés régulièrement sur mes terres montrent, en effet, la présence d’une cinquantaine de familles d’auxiliaires, dont des hyménoptères parasitoïdes. De plus, des essais réalisés chez moi ont mis en avant qu’il n’y avait aucune attractivité du blé à floraison pour les abeilles. D’autres mis en place par l’Inra, avec cent vingt ruches sur cinq à six parcelles de colza, ont aussi démontré qu’il n’y avait pas de perte d’abeilles et que leur présence ne faisait pas augmenter le rendement. »

Hubert Compère ne cache pas son inquiétude :

« Si la proposition de l’Anses passe telle quelle, nous ne pourrons plus intervenir contre le sclérotinia du colza, la fusariose et en relais de la septoriose sur blés, ni avant floraison au stade dernière feuille étalée avec des fongicides systémiques. (…) Et je ne vous parle pas de la protection contre les pathogènes de la pomme de terre ou encore de l’emploi d’herbicides pour venir à bout des chardons… Il y aura, par ailleurs, un impact sur la qualité des récoltes. Ce serait catastrophique, avec des pertes d’au moins 30 à 40% des rendements. »

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Commentaires
  1. Zygomar
    • Ernst
  2. eric17
  3. Seppi
    • Ernst
      • Zygomar

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