Goût des pesticides dans le vin : le professeur Séralini récidive!

Depuis maintenant un an, le professeur Séralini et le cuisinier Jérôme Douzelet développent une nouvelle thèse : les pesticides donnerait un (mauvais) goût au vin ! Une thèse évidemment douteuse développée encore vendredi dernier devant un public acquis à la cause du professeur,  le collectif Info médoc pesticides.

Mrs Séralini et Douzelet ont pendant quasi deux heures durant, expliqué en détail leur dernière étude menée de concert sur le goût des pesticides. Goût détecté d’abord dans de l’eau dans laquelle était préalablement diluée une dose de substance active d’un pesticide bien déterminé, à la dose à laquelle il est détecté dans le vin. Le laboratoire de Mr Séralini se procurant à chaque fois un échantillon de la matière active seule. Après avoir ainsi identifié le goût dans l’eau, ils sont passé à l’étape de la détection dans le vin, observant un protocole pointilleux. Précisant aussi que la vigne est la plante la plus traitée au Monde !

Chaque vin acheté l’était par couple afin de tester des vins  de même terroir, de même cépage, de même variété et de même année, un en Bio et un en non Bio (pas forcément labellisé), 16 couples de vin au total pour 250 pesticides dosés.

Évidemment, cette méthode dite « pointilleuse » nous laisse pantois. Outre l’échantillon très faible, 16 couples de vins, soit 32 bouteilles, quelle est quantité de substance active diluée dans le verre d’eau « témoin » ? Nous n’en saurons rien…

Les vins biologiques ne contiennent pas de pesticides sauf 1 sous forme de traces. Les vins non biologiques contiennent entre 1 et 6 pesticides. Les fongicides détectés sont : Folpel, Iprodione, Fenhexamide, Iprovalicarbe, Pyrimethanil, Boscalid et des résidus d’herbicides Glyphosate et AMPA.

Une affirmation dont nous doutons fortement. En 2015, les revues Wikiagri et Agriculture & environnement (A&E) avaient constaté la présence de résidus de cuivre (pesticide toxique) dans la totalité d’un panel de vins bio analysés.

Passons maintenant aux méthodes de calcul du professeur Séralini :

En effet, prenons par exemple le gentil Boscalid, le Professeur Séralini nous explique qu’il suffit de 16ml de vin (soit le fond d’un verre) pour être exposé aux risques d’une intoxication chronique ! Il n’y a pas de dose sans effet, contrairement à ce que tente de nous faire croire les fabricants de pesticides, les instances sanitaires et les professionnels viticoles. Boire un vin non Bio vous expose déjà à des risques importants pour votre santé, en plus de financer une viticulture mortifère pour sa main d’oeuvre et son voisinage..

Petit rappel :

  • Dose journalière admissible du boscalid = 0,04 mg/kg/j soit de 2,4 mg pour une personne pesant 60 kg.
  • Avec un vin contenant 146 ppb de boscalid (donnée que nous reprenons d’un précédent billet publié par le professeur Séralini en novembre dernier sur son compte Facebook)  soit 0,146 mg/l, la DJA du boscalid pour une personne de kg est de 16,44 l/jour. Autrement dit, il faudrait boire 16 litres de vin par jour, pour commencer à sentir les effets du boscalid sur votre organisme.

Sauf qu’à ce rythme là, l’alcool vous aura probablement emporté avant à l’hôpital, voire même directement dans un cercueil.

Continuons :

Lors de l’étape de la détection des pesticides dans l’eau, 85% des testeurs détectent les pesticides au moins 1 fois, 58% à chaque fois.

58 % est donc le selon le professeur Séralini, un chiffre représentatif…😊 😊 😊

Désormais vous saurez que lorsque vous trouvez un arôme de fraise, de banane ou autre à un vin non bio, il s’agit en réalité du goût des pesticides qu’il contient et que la sécheresse en bouche ne s’explique pas par la teneur en alcool !

Vous pensiez que le beaujolais nouveau avait naturellement un gout de banane ! Que nenni, il s’agit d’un goût de pesticides !

Face à la polémique sur le cuivre Le professeur Séralini se sent obligé de parler du sujet :

Ils ont fait un petit retour sur la pseudo toxicité du cuivre et vraie campagne de désinformation, orchestrée par ceux qui n’ont pas intérêt à son utilisation. Il est intéressant de découvrir que les vins conventionnels contiennent 10x plus de cuivre que les vins Bio, les viticulteurs biologiques étant soumis à des limitations drastiques de doses de cuivre susceptibles d’être utilisées.  Quantité désormais limitée à 4kg/ hectare / an lissage sur 7 ans

Sur la toxicité du cuivre voir cette étude (sérieuse) de l’INRA : « des concentrations excédentaires en cuivre ont des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes, sur les communautés microbiennes et la faune des sols. »

Sur l’usage du cuivre, on se demande d’où le professeur Séralini sort le chiffre de « 10 fois plus de cuivre dans les vins conventionnels que les vins bio », ce qui est sûr, c’est que les viticulteurs bio auront du mal à soutenir la nouvelle réglementation imposée par l’UE (4 kg/ha annuel de cuivre) : En France, cette proposition « ferait perdre plus de la moitié des surfaces bios à la France en 2018, année de forte pression mildiou. »

Et enfin, une bonne dose de complotisme !

Question : quels sont des coformulants ou adjuvants ? difficiles à identifier parce que couverts par le secret industriel. La procédure d’homologation de la substance active auprès de l’EFSA et de la formulation commerciale auprès de l’ANSES (pour le France), repose sur des études de toxicité financées par les firmes elles-mêmes et l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) st délivrée en l’absence de connaissance de l’exacte composition du pesticide autorisé !

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Commentaires
  1. Zygomar
  2. Pierre-Ernest
  3. JG2433