Glyphosate : le Monde voit des fantômes partout !

La polémique est loin d’être finie. Mise clairement en difficulté suite au dernier opus d’Envoyé Spécial sur le #glyphosate, Elise Lucet a donc fait appel à ses amis journalistes Stéphane Foucart et Stéphane Horel pour la soutenir. L’émission a été signalée 500 fois au CSA. Du jamais vu. Comment justifier cette mobilisation ?  Le Monde, en un coup de baguette magique, a trouvé LE coupable : MONSANTO !

Dans un article en apparence fouillé (quasiment deux pages dans l’édition d’aujourd’hui), nos deux journalistes d’investigation nous détaillent les dessous d’une « énigmatique » opération de relations publiques qui aurait été savamment orchestrée par la firme américaine : «  Let nothing go » (littéralement : «  ne rien laisser passer »). Son objectif : « défendre bec et ongles les produits de la société dans les médias ou les réseaux sociaux et les forums en ligne ». Et derrière toute opération de relations publiques, il y a évidemment un cabinet, si possible à la réputation sulfureuse. Nos compères Foucart et Horel l’ont trouvé : la « firme Fleishman-Hillard » « l’une des plus grandes sociétés de relations publiques américaines ». Et de décrire les prestations de ce cabinet :

« Le savoir-faire relatif à la conception des contenus est ce qui rassemble l’ensemble des expertises de Fleishman-Hillard, écrit la société sur sa plaquette de présentation. Derrière une campagne de relations presse, un compte Twitter, un partenariat avec un blogueur ou une activation online, il y a d’abord une histoire à raconter et à adapter à chaque canal et à chaque audience. »

La firme de relations publiques promet à ses clients la mise à disposition de ses « capacités de storytelling » et « l’accès à un réseau de producteurs de contenus fidélisés vous permettant de décliner [leur] histoire dans tous les formats et sur n’importe quel canal : posts Twitter, Facebook ou Instagram, articles de blogs… »

Une entreprise sulfureuse, une opération de relations publiques à la dénomination digne d’une programme ultra-secret de la CIA…Et pour quel résultat ????

Pour Elsa Margout, la directrice des magazines de l’information de France Télévisions, le lien entre Monsanto est très clair :

« Ce qui s’est produit a atteint des proportions très inhabituelles. Personne, à France 2, n’avait jamais vu un documentaire se faire attaquer de cette manière sur les réseaux sociaux, y compris par des confrères, avant même d’être diffusé, dit-elle. Nous acceptons bien sûr la critique ou les jugements de valeur, mais nous n’avions jamais vu une telle véhémence, avec des accusations de “fake news” et de complotisme basées sur des contrevérités factuelles. » Pour Mme Margout, « des centaines de comptes anonymes, récents et avec très peu d’abonnés, ont systématiquement répercuté sur Twitter les éléments de langage de certains lobbys, créant un effet de masse et un effet d’entraînement impressionnant ».

La boucle est bouclée. Le résumé de ce « papier » tient donc en une phrase : Monsanto tire les manettes de la campagne de « dénigrement » actuelle contre Envoyé Spécial.

Bon, maintenant revenons un peu à la raison.

Monsanto a fait appel à un cabinet de relations publiques pour gérer sa réputation. Rien de plus classique pour une grosse société qu’elle soit américaine ou d’une autre nationalité. Les prestations du cabinet Fleishman-Hillard dont d’ailleurs partie du « package » habituel du secteur.

Si d’ailleurs cette « firme » travaille pour Monsanto, on ne peut pas dire que ça soit à un rythme effréné. Emmanuelle Ducros (L’Opinion) vient d’en témoigner :

 

Venons-en maintenant à l’affirmation de Elsa Margout, la directrice des magazines de l’information de France Télévisions selon laquelle : « des centaines de comptes anonymes, récents et avec très peu d’abonnés, ont systématiquement répercuté sur Twitter les éléments de langage de certains lobbys, créant un effet de masse et un effet d’entraînement impressionnant ».

Des « comptes anonymes, récents et avec très peu d’abonnés ».  Sur ce point, il faut clairement être de mauvaise foi pour affirmer de telles inepties. Les comptes twitter de journalistes (Géraldine Woesnner – Europe 1, Emmanuelle Ducros – L’Opinion, Gil Rivière-Wekstein – Agriculture et Environnement), de blogueurs (@Matadon, @LeMondeRiant, etc), de très nombreux agriculteurs (Rémy Dumery, Daniel Sauvaitre, Arnaud Grosbois, Christian Rousseau, etc., etc., etc.) et même de parlementaires (Sophie Primas, Angélique Delahaye) sont des comptes bien réels. Rien à voir avec ces prétendus comptes fantômes. Et encore moins avec une quelconque opération de lobbying, organisé par un cabinet de relations publiques.

En revanche, si opération de lobbying il y a, c’est celle de l’ONG « Agir pour l’environnement », dont les agissements ont été filmés par les caméras d’Envoyé Spécial. Cette association a organisé un vaste envoi de mailing à ses adhérents les incitant à interpeller leurs députés pour que ceux-ci votent l’interdiction du glyphosate.

En réalité, Stéphane Foucart et Stéphane Horel ne veulent (ne peuvent ?) par voir ni comprendre que le monde agricole, certains journalistes et de multiples autres personnalités en ont RAS-LE-BOL du journalisme militant à la sauce Elise Lucet. Ils n’ont pas besoin de Monsanto ou d’un cabinet de relations publiques pour leur faire comprendre ni pour tenir les manettes. Désormais, les réseaux sociaux leur permettent librement de réagir. Et ce n’est certainement pas le blocage de comptes d’agriculteurs, comme l’a fait S. Foucart, qui va mettre un terme à ces réactions venant des campagnes françaises.

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