Fongicides SDHI : quand le député Loïc Prud’Homme se croit plus qualifié que les autorités scientifiques !

Petit rappel : en avril dernier, quelques chercheurs ont publié dans le journal Libération une « alerte » sur les conséquences de l’utilisation des fongicides dits SDHI. L’ANSES a donc étudié la question de fond en comble avec un comité spécial d’experts réunis sur le sujet. Et la réponse est venue il y a quelques semaines après plusieurs mois de travail.

Mais cela ne suffit pas au député de la France insoumise Loïc Prud’Homme. Dans une vidéo mise en ligne il y a quelques jour, celui-ci ainsi que son interlocutrice (dont on ne sait absolument rien des qualifications scientifiques) ose remettre complètement en cause l’expertise de l’ANSES.

Quelques morceaux choisis :

« Il est urgent d’appliquer le principe de précaution avant un nouveau scandale sanitaire ! ». 

  • Rappel des conclusions de l’ANSES : A l’issue des travaux, l’Anses conclut que les informations et hypothèses évoquées n’apportent pas d’éléments en faveur d’une alerte sanitaire pour la santé humaine et l’environnement en lien avec l’usage agricole de ces fongicides qui pourrait justifier la modification ou le  retrait des autorisations de mise sur le marché.

« Il y a des centaines de chercheurs ! » : ben non, ils ne sont que 4 ou 5….

«  Les blocages de la respiration par les SDHI s’appliquent quelques soient les organismes » :

  • Rappel des conclusions de l’ANSES : Afin de détecter un potentiel cancérogène même en cas de négativité des tests de génotoxicité, l’évaluation des substances actives impose la réalisation d’études de cancérogénicité, chez au moins deux espèces animales différentes. Ces études sont habituellement réalisées, pendant la vie entière, chez le rat (2 ans) et chez la souris (18 mois). Les monographies européennes de plusieurs substances actives SDHI, disponibles en ligne sur le site de l’EFSA, rapportent pour certaines d’entre-elles des effets cancérogènes chez le rat et/ou la souris. Pour les substances actives autorisées et pour lesquelles il a été rapporté des cancers lors des études animales, l’évaluation des dossiers en vue de leur homologation a considéré, soit que ces cancers ne relevaient pas d’un mécanisme transposable à l’Homme (cas de certains cancers hépatiques ou thyroïdiens), soit que ces cancers, en l’absence de génotoxicité, résultaient d’un mécanisme non génotoxique et qu’il existait, par suite, une dose en-deçà de laquelle ils ne survenaient pas.

Toujours navrant de voir un député de la République remettre en cause les autorités sanitaires françaises!

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Commentaires
  1. Visor
    • Ernst