À quand un « Envoyé Spécial » spécial cuivre ?

« Là, je crois qu’ils m’ont grillé ! »

Enfin ! France Télévision s’intéresse à la bouillie bordelaise, un mélange de sulfate de cuivre et de chaux, utilisé depuis une éternité contre certains champignons – et à tous les autres fongicides à base de cuivre. En effet, ils ont été réautorisés pour sept années supplémentaires par Bruxelles (mais avec des restrictions plus importantes à son utilisation, restrictions qui entrent officiellement en vigueur jeudi 31 janvier). « L’absence de toute molécule de synthèse (c’est-à-dire n’existant pas dans la nature) permet de s’en servir sans perdre la certification bio » rappelle le site du média de service public.

Il évoque le problème de la bioaccumulation. Car « une fois que le cuivre entre dans le sol, il y reste et s’accumule. C’est son principal défaut. En métropole, certains territoires sont fortement contaminés, avec jusqu’à 508 mg/kg de cuivre retrouvés, comme le montre une carte d’un groupement de scientifiques travaillant sur les sols, le GisSol ». Et « le cuivre restant principalement dans les couches superficielles du sol, il n’affecte pas tant les plantes anciennes, enracinées profondément, que les jeunes plants », « alors qu’on sait que les premières années de leur vie conditionnent tout ».

Puis, francetvinfo.fr cite l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) pour lequel il reste « raisonnable de penser » que la pollution au cuivre a « des effets chroniques de long terme sur la dynamique des populations de vers de terre et d’autres composantes de la faune des sols », ou encore l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert quand il rappelait que le cuivre « est persistant dans l’environnement et toxique ».

Bref, rien à voir avec le glyphosate :

– le caractère nocif pour l’humain et la planète du cuivre même « correctement utilisé » ne fait pas débat.

– tandis que pour le glyphosate correctement utilisé, c’est l’absence de caractère nocif pour l’humain et la planète qui ne fait pas débat, sauf au sein du Centre International de Recherche sur le Cancer qui a relié le glyphosate à des problèmes de santé (en l’occurrence le cancer) grâce à une méthodologie non fondée sur les risques et à un processus de décision contesté

Un petit tableau résume la situation :

Source.

Qu’attend donc Élise Lucet, qui a récemment consacré un numéro entier d’Envoyé Spécial à un problème inexistant, pour s’intéresser le temps d’un numéro entier de son émission à un problème réel ? Cette fois avec de vrais arguments scientifiques de préférence… Que le lobby bio cesse d’agir ? Pour informer nos concitoyens des méfaits du cuivre utilisé dans l’agriculture bio, une page parmi les milliers d’un site d’un média de service public, c’est bien, une soirée entière sur France 2, c’est mieux !

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