#Marketingdelapeur : Tuons l’agroalimentaire une bonne fois pour toutes !

Ce coup de gueule salutaire est signé Richard Girardot, président de l’association nationale des industries alimentaires :

Et si nous fermions 17 000 PME ?

Et si nous mettions à la porte 430 000 salariés ?

Et si nous retirions la plupart des produits de tous les supermarchés ?

Et si nous tirions un trait sur 7 milliards d’euros d’excédent d’exportation pour la France ?

Dans le « nouveau monde », rien d’interdit tant que le « buzz » est au rendez-vous !

Les entreprises de l’alimentation, première industrie française, ont la vie dure. Perdre leurs marges depuis dix ans à cause de la « guerre des prix », cassés par la grande distribution, n’était apparemment pas suffisant.

Il faut dorénavant qu’on les accuse de tous les maux. Les cancers, c’est elles ! L’obésité, c’est elles ! Les allergies, encore elles !

Le débat public a décidé de se passer de ce que les entreprises de l’alimentation ont de plus en plus à cœur : la modération. Ces derniers jours encore, des millions de Français apprenaient sur France Inter, dans l’émission « Grand bien vous fasse » que la plupart des produits alimentaires sont « ultra-transformés ». Ils découvraient ensuite sur France 5 dans « Enquête de santé » que ces produits provoquent une addiction qui est comparée à celle de la cocaïne ou du tabac, que les entreprises sont des « apprentis sorciers » rien que ça ! Ils lisaient enfin, dans « L’Obs », que tous les produits issus de l’industrie alimentaire sont de la « fake food », de la « fausse nourriture ».

Que dire d’un pays où on en vient à ignorer totalement les femmes et les hommes : ceux qui travaillent et ceux qui consomment ? Les premiers sont des gardiens : de leur savoir-faire et de leur territoire, car ils sont souvent les derniers ouvriers de leurs communes. Les seconds, les consommateurs, sont bien moins stupides qu’on veut bien nous le faire croire. Cela fait des années qu’ils poussent les entreprises de l’alimentation à améliorer leurs produits vers plus de qualité, plus de santé et, quelle surprise, plus de goût !

Les chevaliers blancs de l’apocalypse qui nous servent régulièrement leur soupe (sans saveur, celle-là) le sauraient s’ils passaient plus de temps sur le terrain et moins sur les plateaux. Les entreprises de l’agroalimentaire ont baissé en moyenne de 20% la quantité de sel et de 30% le taux de sucre dans les produits transformés ces 10 dernières années. Pourquoi être objectif quand on peut s’adonner sans limites au marketing de la peur ? Nous avons pris des mesures pour mettre en place le Nutriscore, pour changer certaines pratiques de publicité, pour améliorer encore la qualité nutritionnelle des produits.

En tant que président de l’association des entreprises de l’alimentation composée à 98% de PME, je ne demande qu’une chose : le respect pour 430 000 personnes qui se lèvent tous les matins pour offrir de la qualité, pas pour empoisonner.

Certaines évidences méritent parfois d’être rappelées.

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Commentaires
  1. Ernst
  2. yann