Une fleur à la base d’un insecticide bio traitée aux phytos

Comment leur interdiction va externaliser les pesticides conventionnels chez les pauvres. Le journaliste indépendant et jardinier du dimanche Erwann Seznec revient dans La France Agricole du 5 octobre sur l’interdiction faite aux particuliers d’acheter des pesticides de synthèse à partir du 1er janvier 2019, conformément à une loi votée en juillet 2015. Comme « les ravageurs ne (disparaissent) pas à la même échéance, il faut s’attendre à une augmentation des ventes de pesticides homologués en agriculture biologique » qui « ne sont pas sans risque ni sans inconvénient » : « tous les professionnels connaissent la toxicité de la bouillie bordelaise ». Erwann Seznec revient également sur le cas d' »un des insecticides bio les plus courants », la pyréthrine, issue du pyrèthre de Dalmatie en réalité cultivé en Tanzanie, au Rwanda, en Papouasie-Nouvelle Guinée et en Tasmanie. « Les plants contenant le principe actif en faible quantité, il en faut 52 000 pour obtenir 25 kg de poudre, selon une étude kényane » (Kenya’s pyrethrum industry, 2005, sur epzakenya.com). De l’aveu même du site pyrethrum.com, qui appartient au groupe australien MGK, leader mondial de la pyréthrine, « le pyrèthre est attaqué par des ravageurs et des champignons, contre lesquels les producteurs emploient… l’arsenal conventionnel, bien moins cher que le bio. » Résultat : le 1er janvier prochain, « les jardiniers amateurs seront enfin délivrés des phytosanitaires conventionnels. Ou plutôt, ils les externaliseront sans le savoir dans les pays en voie de développement » (on appelle cela le progrès) car « les médias généralistes n’en parlent pas, entretenant une vision idéalisée du bio ». De quoi faire dire à Erwann Seznec que « l’écart, déjà énorme, qui sépare les consommateurs des professionnels dans la compréhension des réalités de l’agriculture n’a pas fini de se creuser ».

email
Commentaires
  1. Max
    • Visor
  2. Christophe Bouchet
  3. eric17