Les agris ont des raisons d’être gilets jaunes

Le 8 décembre dernier, LeMonde.fr rappelait que, selon une étude de l’Insee datant de 2015, pour un ménage d’agriculteurs sur deux, soit le chauffage (26%), soit le carburant (33%), soit les deux (11,6%) pèse(nt) très fortement dans le budget. Dans La France Agricole du 13 décembre 2018, le politologue Eddy Fougier constate que « de nombreux agriculteurs se sont ralliés au mouvement des gilets jaunes dans plusieurs régions » car « tous partagent un ras-le-bol fiscal et des difficultés financières au quotidien ». « Depuis quelques années, s’ajoute l’exaspération d’être pris pour cible par des ONG environnementales ou anti-élevage. Être mis sans cesse au banc des accusés est moralement usant. (…) Certains agriculteurs redoutent (désormais) le pire, comme la disparition de l’élevage ou l’interdiction de l’usage des phytosanitaires de synthèse. (…) Un retour forcé aux méthodes du passé les angoissent. Eux savent bien les conséquences en termes de pénibilité du travail et de vulnérabilité face aux aléas. » Sans parler de la hausse de la redevance phytos prévue par le projet de loi finances pour 2019 (+1 500 euros / an pour une exploitation de grandes cultures, « soit, potentiellement, le tiers de son résultat » dénoncent les professionnels).

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