Lobbying : la grosse intox d’une collectif publiée dans Libération

« Un collectif d’acteurs de la société civile française » a publié hier une tribune dans Libération dont les assertions pourraient presque nous faire rire si elle n’avait pas de conséquences désastreuses sur notre agriculture.

De quoi de plaint ce collectif ? Que certaines personnalités mettent sur le même plan lobby associatif et lobby des industriels, faisant référence aux propos de Benjamin Griveaux, porte-parole du  gouvernement fin août.

Des ministres n’ont pas hésité à amalgamer le travail des représentants d’intérêts privés avec celui des associations ou collectifs citoyens. Chercher à banaliser l’influence des lobbys en arguant que les associations, elles aussi, sont régulièrement reçues par les conseillers ministériels ou les parlementaires est un grossier mensonge ! La réalité est bien différente. Les fédérations patronales, les entreprises, les cabinets privés de lobbying – pour ceux qui ont les moyens et les réseaux personnels – ont un accès privilégié aux cercles de pouvoir que les associations n’ont pas.

Notre collectif oublie vite que certains de ses membres étaient reçus 2 à 3 fois par semaine par Nicolas Hulot, lorsqu’il était ministre et pas uniquement pour prendre le thé de 5h.  Comme le révèle Alerte Environnement, les ONG ont pris d’assaut le parlement avec de jolis budgets de lobbying et des armées de représentants d’intérêt.

Autre argument fallacieux :

Les associations qui défendent des causes sociales ou environnementales, donc d’intérêt général et d’utilité publique, doivent quant à elles se battre pour être entendues, trouvent trop souvent porte close auprès des institutions publiques et disposent de moyens financiers et humains sans commune mesure avec ceux des lobbys privés.

Si le lobbying était juste une questions de moyens, alors Monsanto n’aurait pas de problème avec le glyphosate depuis tant années ! Les actions « d’influence » comme ont dit dans la com’ sont depuis belle lurette déconnectées de la puissance financière. Greenpeace, Générations Futures ont des relais politiques et médiatiques très puissants qui leur permettent de faire émerger des sujets en un temps record dans sur les TV et radios qu’au parlement. Quant à l’intérêt général, on repassera, il suffit pou rcela de penser aux sponsors de générations Futures, tous acteurs de l’industrie du bio…

Parlons enfin transparence !

Autre différence de taille : les associations ne cachent pas leur travail d’influence auprès des décideurs, un travail dont elles sont fières car elles estiment se battre pour des causes justes. Le plaidoyer des associations est transparent, les idées et recommandations qu’elles défendent sont publiques, les documents qu’elles remettent aux décideurs sont accessibles à toutes les parties et contribuent au débat.

La transparence à tout va ? Belle idée en apparence mais pas forcément la meilleure : on peut en débattre. Mais que les ONG se plaignant du manque de transparence de la part des lobbies industriels commencent à dévoiler tout leurs documents, on verra ensuite !

Le mythe des ONG sans le sou et impuissante a la vie dure mais ce genre de tribune prenant leur défense est peut-être le signe qu’il est en train de se fissurer ! A suivre !

 

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Commentaires
  1. Seppi
  2. Anonyme
    • Daniel
  3. Anonyme

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