Phytos : les annonces déconnectées du gouvernement

Les départs en vacances de nos ministres approchent mais ceux-ci n’oublient pas leur objectif majeur de torpillage de notre agriculture française. Un communiqué reçu en tout début d’après-midi nous indique ainsi que  « Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ont réuni le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Ecophyto ce vendredi 27 juillet au Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. » 

« Les ministres ont tout d’abord examiné les résultats du plan ECOPHYTO et ont constaté que les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous. » La réponse n’est évidemment pas un examen précis des causes de ces « mauvais chiffres » (le sont-ils d’ailleurs ?) ni sur les enjeux de protection de culture (une notion visiblement inconnue dans les ministères concernées) mais une annonce de mesures complétement déconnectées du terrain.

Sur les néonicotinoïdes « seules quelques rares dérogations aux interdictions décidées sont envisageables. Elles ne pourront concerner que des produits à base d’acétamipride ». On peut déjà dire que les betteraviers ont perdu une protection efficace et sans danger pour les abeilles. Quant aux producteurs de fruits et légumes, il s’interrogent sur ce qui va leur rester. Certaines filières comme la noisette risque de mettre la clé sous la porte. Quel est le ministre qui aura le courage d’assumer devant les producteurs ?

« Un programme prioritaire de recherche (30 millions d’Euros) destiné à accroitre  la mobilisation de la communauté scientifique a également été annoncé ». Frédérique Vidal a déjà annoncé cette somme à Angers le 20 juillet mais quelle cohérence avec la décision de la CJUE de couper les ailes à la recherche génétique ?

« Les outils du Grand Plan d’Investissement seront également mobilisés pour accompagner les priorités d’Ecophyto II+. Ils viendront ainsi soutenir le développement et la mise sur le marché de nouvelles solutions technologiques en agroéquipement ou en biocontrôle. » Des promesses mais on cherche toujours l’argent….

Sur les fameuses ZNT (zones de non traitement) : « L’Inserm et l’Anses sont saisis pour conduire toutes les expertises prévues, de même que les inspections générales pour évaluer les dispositions réglementaires concernant les lieux accueillant des personnes vulnérables et la définition des points d’eau. ». Le gouvernement sait parfaitement que les députés vont les imposer par la loi avant d’avoir une évaluation précise.

Et le plus aberrant :

  • Ce jour, les filières ont présenté de nouveaux engagements de réduction des usages du glyphosate, soit 45% de réduction en grandes cultures et oléoprotéagineux et 5O% en viticulture d’ici 3 ans.
  • D’ores et déjà, ces engagements constituent un socle que les ministres ont salué tout en appelant à l’augmenter. Ils ont demandé aux filières de poursuivre ce travail collectif pour renforcer et préciser les objectifs en cohérence avec le calendrier fixé par le Gouvernement et les actions de déploiement. Ils ont également salué les propositions constructives des agriculteurs sur les actions à mener pour réduire l’usage de pesticides.

Les ministres savent mieux que les agriculteurs ce qu’il faut faire pour arriver à 100 %. Sur le papier, c’est simple! Il y a des jours l’on rêve de mettre les ministres au boulot dans une vigne avec 36 ° à biner les ceps…

 

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Commentaires
  1. Anonyme
  2. Visor
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  4. Daniel
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  5. yann

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