Ces maîtres qui privent de viande leurs animaux de compagnie

Jumanji, le fennec rachitique privé de viande qui émeut la toile…

Adeptes du régime 100% végétal, certains l’appliquent à leur animal de compagnie. Un jusqu’au-boutisme qui interroge L’Express. L’hebdomadaire décrit le cas dramatique d’un pauvre fennec domestiqué rachitique (photo) privé par sa maîtresse de lézards, d’insectes et de souris, dont son espèce se nourrit pourtant dans le désert, son milieu naturel.

Pour Marianne Celka, sociologue et auteur de Vegan order (éd. Arkhê), ces végans sont cohérents : « à partir du moment où l’on dénonce le système d’exploitation animale, on se dit qu’il est paradoxal de nourrir ses propres animaux avec la chair d’autres animaux qui n’ont pas eu la chance d’être de compagnie. C’est la continuation logique du véganisme ».

« Sauf que la science ne suit pas jusqu’au bout (ce) raisonnement » tempère L’Express.

« Loufoque et pas très malin », répond Géraldine Blanchard, docteur en nutrition clinique vétérinaire, une spécialité reconnue par l’ordre de la profession. Depuis deux ans, elle reçoit de plus en plus de vegans convaincus que leurs compagnons carnivores seraient en réalité des « omnivores opportunistes ». Faux pour le chat. En partie vrai pour le chien adulte. « Ce n’est pas parce qu’un animal mange des légumes qu’il n’est pas carnivore. Avec ce régime, ils ne vont pas mourir tout de suite, mais on est sûr de les rendre malades, c’est une question de temps. Désolée, c’est comme ça, le moustique femelle se nourrit de sang. Avec du jus de raisin, il ne va pas s’en sortir. Ce n’est pas du dogmatisme, ni une querelle de clocher. »

Pour bien comprendre, une plongée dans nos vieux cours de SVT s’impose. Tous les animaux ont besoin de nutriments : protéines, lipides, vitamines, minéraux, etc. Au sein de chaque catégorie se niche un tas d’acides aminés et d’acides gras. Le chat a ainsi besoin de taurine, un acide aminé uniquement présent dans la viande, d’où son appétence pour les souris, les oiseaux, etc. Sans cela, il peut devenir aveugle, cardiaque et infertile. « Dans les protéines végétales, il n’y a pas une once de taurine, précise la vétérinaire. Cet exemple prouve que le chat dépend de nutriments qu’on ne trouve que dans le monde animal. »

Le même raisonnement vaut également pour certains acides gras essentiels, comme l’acide arachidonique, ou pour les vitamines A et D. Sans ajout de nutriments de synthèse, présents dans les compléments alimentaires, un chat ne survivrait pas. Mais là encore, la vétérinaire met le holà : les croquettes veggie actuellement sur le marché ne présenteraient pas la densité protéique et lipidique nécessaire. « Jusqu’à présent, je n’ai jamais vu d’aliment vegan qui contienne tous les acides gras couvrant tous les besoins du chat ».

Sur Facebook, un groupe (fermé) dédié à l’alimentation végétalienne des animaux de compagnie rassemble plus de 6 300 membres. Et force est de constater que dans les messages publiés sur la page, il est effectivement davantage question de calculs rénaux, d’infections urinaires, d’hypersensibilité gastrique que de vitalité et de poil soyeux.

Certains végans vont encore plus loin :

Dans une logique de contrôle total et, par conséquent, de refus de la prédation, certains penseurs vont plus loin et posent la question de l’intervention humaine dans le monde sauvage. Si l’on en avait les moyens, devrait-on empêcher le lion de dévorer la gazelle ? Le renard de se jeter sur le mulot ? Sur le plan de la morale, deux courants de pensée s’opposent. L’un penche pour le « de quoi j’me mêle ? » : laissons les bêtes sauvages s’entre-tuer, leur sort étant bien différent de celui des animaux domestiques et d’élevage (chiens, chats, poules, cochons…), « créés » par l’homme depuis 15 000 ans, à travers une sélection génétique artificielle.

L’autre courant, empreint d’une bonne dose de puritanisme, prône en revanche une intervention jusqu’au-boutiste. Son ambition, utopique, est d’améliorer la nature, perçue comme trop violente. Seuls les herbivores devraient rester en vie. Dans ce monde aux allures de jardin d’Eden, on ne tuerait point. Le loup et l’agneau pourraient alors cohabiter. En partageant une bonne gamelle de croquettes au soja ?

Surtout pas ! crieront certains, ce serait oublier la question de la souffrance végétale. On le voit, le délire antispéciste n’a aucune limite !

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Commentaires
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