« Liaisons troubles » entre Stéphane Foucart et les militants écologistes

Dans une grotesque tentative de mettre en cause la recherche publique censée être à la solde des multinationales, Stéphane Foucart pense avoir révélé des « liaisons troubles » entre certaines grandes entreprises et quelques chercheurs au motif qu’ils auraient collaboré à l’élaboration de deux études françaises sur les oiseaux.

Foucart n’a bien entendu rien révélé du tout, puisque tout ce qu’il écrit était déjà public, ces collaborations étant totalement transparentes (voir notre billet « Stéphane Foucart pratique la Fabrique du doute »).

Mais peut-on en dire autant des « liaisons troubles » entre le journaliste militant du Monde et certains activistes écologistes ? Quelques exemples qui sont loin d’être exhaustifs.

Sur le dossier glyphosate, Stéphane Foucart a rédigé une soixantaine d’articles, dont une dizaine s’appuient sur les éléments fournis par le Dr Christopher Portier. Or ce n’est que très tardivement – une fois que les argumentaires de Portier aient été diffusés et que le scandale le concernant ait été dévoilé – que Foucart a daigné mentionner que ce scientifique avait été payé à hauteur de 160.000 dollars par un cabinet d’avocats américains engagé dans des procédures judiciaires contre Monsanto.

Sur le dossier des néonicotinoïdes, Stéphane Foucart se réfère quasi systématiquement aux propos des chercheurs Jean-Marc Bonmatin et David Goulson, qui sont tous les deux engagés avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), une association écologiste connue pour vouloir interdire ces insecticides. Le journaliste du Monde a d’ailleurs toujours omis de dire que certains de leurs travaux avaient été financés par des structures d’obédience anthroposophe, très impliquées dans la lutte contre les pesticides.

Idem sur les dossiers des conflits d’intérêts ou des OGM. A chaque fois, Foucart porte la parole des activistes écologistes, en se désintéressant presque systématiquement de leurs conflits d’intérêts, comme par exemple leurs liens avec l’industrie bio. Avec toujours le même schéma manichéen : d’un côté, les entreprises forcément corrompues, de l’autre, les activistes écologistes « indépendants » et « intègres ».

Mais les « liens troubles » que Stéphane Foucart entretient avec l’écolo-sphère ne se limite pas à s’informer auprès de sources. Ainsi, par exemple, son ami Pierre-Henri Gouyon, militant anti-OGM et membre du conseil scientifique du CRIIGEN, est lui aussi une de ses « sources » concernant notamment les OGM. Mais pas que. Dans l’article « La guérilla judiciaire du lobby vert » de Gil Rivière-Wekstein (Agriculture & Environnement) avait été révélé le contenu d’un échange de mails bien particuliers entre Foucart et Gouyon, le journaliste ayant alors incité le chercheur pour que le CRIIGEN entame des poursuites en diffamation contre le site Imposteur, suite à un article qui était défavorable à l’un de leurs responsables. Une procédure qui d’ailleurs a fini par coûter plus de 15.000 euros à ses amis et qui a terminé en eau de boudin…

Bref, on aimerait bien que Stéphane Foucart soit aussi transparent que BASF et Bayer et qu’il dévoile toute l’ampleur de ses « liaisons troubles » avec l’écolo-sphère.

 

Sources
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/17/liaisons-troubles-entre-recherche-publique-et-agrochimie_5286544_1650684.html
https://www.agriculture-environnement.fr/2015/03/20/la-guerilla-judiciaire-du-lobby-vert
https://www.agriculture-environnement.fr/2014/12/11/des-chercheurs-au-service-de-luicn

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Commentaires
  1. yvesdemars
  2. Albatros
  3. Seppi
  4. Anonyme
  5. JG2433
  6. Anton Suwalki
    • loup garou